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Julien Perrot : « L’émerveillement est un acte de résistance »

À 11 ans, il lançait seul un petit journal naturaliste dans sa chambre. Quarante ans plus tard, Julien Perrot dirige La Salamandre, devenue l’une des références francophones de l’éducation à la nature. Biologiste, naturaliste et éditeur, il défend une conviction simple : on protège mieux ce que l’on connaît et ce que l’on aime. À l’heure où la biodiversité s’effondre et où nos vies se numérisent toujours davantage, il plaide pour une reconnexion sensible au vivant, fondée sur l’observation, l’émotion et la transmission.

Julien Perrot © Crédit Photo RTS Laurent Bleuze -LAB
JULIEN PERROT.
En octobre 1983, à l’âge de 11 ans, Julien Perrot écrit le premier numéro de la revue qui va devenir La Revue Salamandre. 40 ans plus tard, ce biologiste passionné est toujours aussi convaincu par la nécessité de réconcilier l’homme avec la vie sauvage
© Photo David Marchon – Marin, 07.10.2024

En octobre 1983, dans sa chambre d’enfant, Julien Perrot tape les premiers textes d’un petit journal consacré à la nature. Il a 11 ans, une vieille machine à écrire et une fascination sans limite pour les animaux, les plantes et les paysages qui l’entourent. Le titre s’impose presque naturellement : La Salamandre.

Quarante-deux ans plus tard, cette initiative enfantine est devenue une maison d’édition indépendante et à but non lucratif qui publie magazines, livres, documentaires et contenus numériques en Suisse et en France. Plus de 75 000 abonnés suivent aujourd’hui ses publications, tandis que des centaines de milliers de personnes découvrent chaque jour ses contenus sur les réseaux sociaux.

Malgré cette réussite éditoriale, Julien Perrot assure que l’essentiel n’a pas changé.

« Ce qui a le moins changé en moi, c’est l’émerveillement quand je passe sur le terrain et que je vois un papillon, une fleur, un oiseau, un arbre, avec un nuage dans le ciel. C’est toujours le même émerveillement qu’au début. »

Entre émerveillement et colère

JULIEN PERROT.
En octobre 1983, à l’âge de 11 ans, Julien Perrot écrit le premier numéro de la revue qui va devenir La Revue Salamandre. 40 ans plus tard, ce biologiste passionné est toujours aussi convaincu par la nécessité de réconcilier l’homme avec la vie sauvage
© Photo David Marchon – Marin, 07.10.2024

Cet émerveillement est pourtant indissociable d’un autre sentiment qui l’accompagne depuis l’enfance : la tristesse face à la destruction du vivant.
« Je vois la joie d’admirer la beauté du monde et en même temps, ce qui n’a pas changé non plus, qui était déjà présent dans mon petit cœur d’enfance, c’est la colère et la tristesse d’assister à la destruction du monde et à la destruction de cette beauté justement. »
L’enfant qui observait disparaître les étangs, les bocages et les espaces naturels de sa région au profit des zones commerciales, des parkings ou des infrastructures routières n’a jamais cessé de ressentir cette tension. Très tôt, il comprend que quelque chose se joue sous ses yeux.
« La région où j’ai grandi a beaucoup changé. J’ai vu les étangs, les bocages et les espaces naturels disparaître. J’avais envie de faire quelque chose de positif face à cette destruction que je constatais déjà. »
Mais plutôt que de céder au découragement, il choisit d’agir. Au départ, il ne s’agit pourtant pas d’un projet de carrière.
« Ce départ, pour moi, ce n’était pas un projet de vie. Je ne pensais pas aussi loin. C’était juste une nécessité vitale de transmettre, de partager aussi du positif face à cette destruction que je constatais déjà. »
À l’époque, son horizon est beaucoup plus modeste.
« Je me disais : mon prochain numéro, je le consacre à tel oiseau. J’ai envie que ce soit beau. J’ai envie que quelques personnes de plus le lisent qu’avant. »
Le tournant intervient à la fin de ses études de biologie. Son « petit journal » compte alors près de 5 000 abonnés. En 1998, il décide de s’y consacrer pleinement.
« J’avais à peu près 5 000 abonnés à mon petit journal qui commençait à avoir meilleure allure. Et là, il y a eu un vrai choix : est-ce que ça reste un hobby ou est-ce que ça devient un métier ? »
La décision n’est pas simple.
« Le métier me faisait un peu peur. Il faut payer les salaires, faire vivre une structure, il y a tous les côtés casse-pieds. Mais je me suis dit que la cause défendue par La Salamandre était suffisamment importante pour que je puisse vraiment y mettre le maximum de mon énergie. »

Crédit Photo @ Nicolas Dupraz – Point Prod

La connaissance ne suffit pas

L’information seule ne provoque pas le changement

La Salamandre est un éditeur indépendant et sans but lucratif entièrement dédié à une cause essentielle : faire aimer la nature. C’est 3 revues pour permettre aux enfants comme aux adultes de partir à la rencontre d’animaux petits et grands ou de plantes incroyables qui vivent tout près de chez vous.

Depuis toujours, La Salamandre défend l’idée que l’information seule ne provoque pas le changement.
Pour Julien Perrot, les crises environnementales actuelles ne sont pas d’abord liées à un manque de connaissances.
« Je suis convaincu que transmettre des connaissances, ça ne suffit pas. Aujourd’hui, le fait qu’il y ait un problème environnemental, je crois qu’on est quand même un tout petit peu au courant depuis plusieurs dizaines d’années. Donc le problème, ce n’est pas qu’on ne sait pas. Le problème, c’est peut-être que ça ne paraît pas assez important, pas assez urgent. »
C’est pourquoi son travail consiste moins à accumuler des données qu’à raconter des histoires.

Connaître le nom d’un oiseau n’est pas l’essentiel, explique-t-il. Ce qui compte, c’est de comprendre son voyage migratoire, ses interactions avec les autres espèces, les menaces auxquelles il est confronté.

« Savoir que l’oiseau qu’on a en face de soi s’appelle pic épeiche, ce n’est pas hyper intéressant en soi. Par contre, comprendre qu’il revient d’Afrique, qu’il dépend de certains habitats, qu’il rencontre aujourd’hui de grosses difficultés pour trouver des lieux où nicher, là ça devient une histoire passionnante. »

Pour lui,
l’émotion constitue un levier indispensable.

« Il ne suffit pas de transmettre des connaissances. C’est vraiment de parler au cœur, de transmettre des émotions. Et ça, pour moi, c’est extrêmement important. »
Depuis quarante ans, c’est précisément cette ligne éditoriale que poursuit La Salamandre : transmettre une culture du vivant à la fois rigoureuse et sensible, capable de toucher autant l’intelligence que les émotions

La rencontre fondatrice avec une salamandre

S’il fallait identifier une rencontre décisive dans son parcours, ce serait bien celle qui a donné son nom à son projet.
Julien Perrot se souvient d’une soirée pluvieuse passée à explorer une forêt avec une lampe de poche.
« Il pleuvait, la nuit tombait et je partais me promener avec ma lampe de poche dans la forêt. Dans le faisceau de cette lampe, le monde visible n’existait plus que là. Comme il pleuvait, il y avait des gouttes d’eau partout sur les feuilles, les mousses, les fougères. C’était vraiment une espèce de trésor argenté. »
Soudain, dans la lumière de sa lampe, apparaît une étrange silhouette jaune et noire.
« À un moment donné, j’ai vu comme un jouet en plastique jaune et noir. Je me suis dit : c’est quoi ce machin ? Un gamin a oublié un dinosaure ? Puis j’ai vu que ça bougeait. »
La découverte le fascine. Quelques temps plus tard, l’émotion est encore plus forte lorsqu’il assiste à la naissance de ses larves.
« Quelques temps plus tard, j’ai assisté à la naissance de ses bébés qui sont sortis du corps de la maman dans l’eau. Ça m’a énormément impressionné. Ce contact direct avec le miracle de la vie. »
Cette expérience marque profondément l’adolescent. À ce moment-là, il réfléchit justement au lancement de son journal naturaliste. Le nom s’impose comme une évidence : ce sera La Salamandre.

Observer, un acte de résistance

La véritable connexion est celle qui nous relie au vivant

JULIEN PERROT.
En octobre 1983, à l’âge de 11 ans, Julien Perrot écrit le premier numéro de la revue qui va devenir La Revue Salamandre. 40 ans plus tard, ce biologiste passionné est toujours aussi convaincu par la nécessité de réconcilier l’homme avec la vie sauvage
© Photo David Marchon – Marin, 07.10.2024

À l’heure des smartphones, des réseaux sociaux et de l’hyperconnexion permanente, Julien Perrot estime que nous avons progressivement perdu l’habitude d’observer le monde qui nous entoure.

« La question, c’est : à quoi est-ce qu’on se connecte ? »
Selon lui, la véritable connexion est celle qui nous relie au vivant.
« La vraie connexion, la connexion vitale, c’est celle qui nous relie au vivant. Nous sommes des êtres vivants parmi beaucoup d’autres êtres vivants. Cette immense famille est précieuse parce que c’est elle qui assure les conditions nécessaires à la vie sur Terre. »

Or, les écrans occupent désormais une place telle qu’ils nous éloignent souvent de cette réalité fondamentale.
« Toute la sphère digitale peut permettre de se connecter à certaines choses intéressantes. Mais globalement, elle nous détourne et nous éloigne des réalités du monde vivant, du monde dont nous sommes faits, du monde dont nous dépendons et du monde dont nous venons. »

Face à cela, il recommande un exercice simple : marcher davantage et prêter attention à ce qui se trouve sur le chemin.
« Même si on est en pleine banlieue ou dans une grande ville, il suffit d’être attentif. On commence à remarquer des fleurs, des herbes, un chant d’oiseau, un insecte sur une feuille. Tout cela est présent, même en pleine ville. »

Cette capacité d’attention est devenue, selon lui, une forme de résistance culturelle.
Observer un arbre, écouter un merle ou suivre le vol d’un papillon n’a rien d’anodin dans une époque saturée de sollicitations numériques.

C’est une manière de reprendre contact avec le réel.

Comprendre, observer et protéger les espèces qui partent et reviennent au gré des saisons avec la Revue Salamandre

Réapprendre à vivre avec le vivant

L’éducation à la nature,
un pilier historique de La Salamandre

L’éducation à la nature constitue l’un des piliers historiques de La Salamandre. Mais Julien Perrot refuse de limiter cet enjeu aux enfants.
« On vit dans une société qui infantilise la nature. Comme si c’était quelque chose de sympathique pour les enfants avant de passer aux choses sérieuses. Moi, je m’insurge contre ça. »
Pour lui, la reconnexion au vivant concerne toute la société, y compris les décideurs politiques et économiques.
« Ce n’est pas seulement un enjeu d’éducation des enfants. C’est l’éducation de toute la société. Les personnes qui tiennent le monde aujourd’hui n’ont pas neuf ans et demi. Ce sont les adultes qu’il faut toucher d’urgence. »
Il raconte d’ailleurs dans son livre Une vie pour la nature une nuit passée dans une forêt presque vierge des Balkans, territoire fréquenté par les ours.
Cette expérience lui inspire une proposition provocatrice :
« Je pense que tous les présidents, ministres et grands dirigeants devraient passer une nuit seuls dans une forêt avec des ours. Ce serait un excellent stage d’humilité. »
Derrière la boutade se cache une conviction profonde : il est impossible de protéger ce que l’on ne fréquente plus.

Une écologie de l’espoir

Malgré son constat lucide sur l’état du monde, Julien Perrot refuse le fatalisme.
L’espoir, dit-il, n’est pas une naïveté mais une nécessité.
« Nous n’avons pas le choix. »
Au fil des années, il a développé ce qu’il appelle un « kit de survie pour humain du XXIe siècle ».
« Il y a certaines pratiques, certaines choses qu’on peut faire pour cultiver sa pensée positive, cultiver l’espoir, rester connecté à la joie et rester ancré dans l’instant présent. »
La fréquentation de la nature fait partie de ces ressources essentielles.
« La nature est très abîmée autour de nous, mais elle est toujours là. Elle a aussi un immense mérite : elle est gratuite et relativement accessible. »
Il met également en garde contre une écologie fondée uniquement sur la culpabilisation. L’action individuelle est importante, reconnaît-il, mais elle ne peut remplacer les transformations collectives et politiques nécessaires.
« En transmettant ce lien sensible au monde vivant, l’idée c’est que cela fasse du bien aux non-humains qui seront davantage considérés dans notre société, mais aussi aux humains qui ont besoin de ressources pour traverser les angoisses de notre époque. »
Quarante ans après la création de La Salamandre, son message demeure finalement le même. Face aux crises écologiques, l’émerveillement n’est pas un luxe. Il constitue peut-être l’un des ressorts les plus puissants de l’engagement.
Car pour Julien Perrot, protéger le vivant commence toujours par une rencontre : une fleur au bord d’un chemin, un papillon dans une prairie, un oiseau dans une haie ou une salamandre aperçue un soir de pluie dans une forêt. Et ce regard-là peut encore changer notre manière d’habiter le monde.

Forêts en péril : enjeux climatiques, biodiversité et défis pour l’avenir. Tout comprendre et agir avec Julien Perrot, biologiste et fondateur de la Salamandre

LA SALAMANDRE, une organisation aux multiples facettes !

Netexial : quand la location-entretien textile devient un levier de durabilité pour les entreprises

Fournir des vêtements de travail propres, conformes et disponibles au bon moment est souvent perçu comme une simple fonction logistique. Pourtant, le modèle de location-entretien porté par Netexial, nouveau nom d’Initial Textile, repose sur une logique d’usage, de maintenance et de réemploi qui rapproche la gestion textile professionnelle des principes de l’économie circulaire. À condition que les promesses de circularité soient mesurées et pilotées.

Du produit acheté au service rendu

Dans l’industrie, l’agroalimentaire, la restauration ou les collectivités, des millions de tenues de travail sont lavées chaque semaine, souvent à domicile, avec des détergents inadaptés, dans des machines surchargées. Un gisement invisible d’impacts environnementaux et sanitaires que peu d’entreprises ont encore réellement mesuré.

Le modèle de Netexial repose sur un principe différent : l’entreprise cliente ne gère plus les achats récurrents, le nettoyage ou les rotations de vêtements. Elle accède à un service continu, fourniture des tenues, lavage en blanchisserie industrielle, livraison sur site, réparation et suivi des équipements. Ce glissement du produit vers le service change les incitations économiques : plus une tenue reste fonctionnelle et réparable, plus le service est efficient. La durée de vie devient un enjeu économique, pas seulement environnemental.

Prolonger la durée de vie, mutualiser les opérations

Netexial met en avant une chaîne de prise en charge intégrée : collecte, entretien industriel, réparation ou remplacement si nécessaire, puis remise en circulation. Plusieurs mécanismes contribuent à cette prolongation de durée de vie : lavage adapté aux matériaux et aux usages professionnels, contrôle régulier de l’état des tenues, réparations ciblées plutôt que remplacement immédiat, réaffectation lorsque les exigences réglementaires le permettent.

Un second levier de durabilité tient à la mutualisation. Plutôt que des lavages internes hétérogènes ou des achats dispersés, le modèle industriel regroupe blanchisserie, logistique, gestion des stocks et suivi des EPI. La performance environnementale réelle dépend évidemment des paramètres opérationnels, taux de chargement des véhicules, efficacité énergétique, consommation d’eau, distances parcourues. Mais la mutualisation crée les conditions d’une optimisation à grande échelle, plus difficile à atteindre avec une gestion fragmentée.

La RSE comme gestion du cycle de vie

La démarche RSE de Netexial s’articule autour de trois piliers, santé et sécurité, environnement, responsabilité économique, avec un objectif de neutralité carbone en 2040 et une trajectoire de -30 % d’émissions entre 2022 et 2029. L’entreprise insiste sur une prise en charge « de la conception au réemploi, de la livraison à l’entretien » : la responsabilité ne s’arrête pas à la fourniture du vêtement, elle couvre l’ensemble de son cycle de vie opérationnel.

Pour une entreprise cliente, cela ouvre des pistes d’intégration dans la stratégie RSE :

Objectif RSEApport potentiel du service textile
Réduction des déchets textilesProlongation de la durée d’usage, réparation, réemploi
Santé et sécurité au travailDisponibilité d’EPI conformes, suivi d’entretien
Maîtrise des ressourcesMutualisation du lavage et de la logistique
Achats responsablesPassage d’une logique d’achat à une logique de service
Traçabilité et pilotageSuivi des rotations, réparations, réemplois

À ne pas confondre avec une garantie automatique d’impact

La location-entretien n’est pas durable par nature. Son intérêt dépend de la manière dont le service est réellement opéré : durée de vie effectivement prolongée, réparations concrètes, taux de réemploi, optimisation des tournées, traitement des textiles en fin de vie. L’évaluation doit reposer sur des indicateurs vérifiables, pas sur le seul changement de modèle économique.

Quelques questions utiles à poser à tout prestataire textile : quelle est la durée de vie moyenne des tenues par catégorie d’usage ? Quel est le taux de réparation avant remplacement ? Quelles sont les consommations d’eau et d’énergie par kilo de linge traité ? Quelle part des articles est réemployée ou réaffectée ?

La durabilité de la gestion textile professionnelle ne se joue pas seulement dans le choix des matières. Elle se joue dans la capacité à organiser un cycle de vie complet : fournir, entretenir, réparer, réemployer, tracer et optimiser les flux. C’est précisément sur cette articulation entre service, sécurité et circularité que Netexial construit son positionnement.

Économies d’eau et agriculture durable : des fermes engagées, plus sobres et résilientes, montrent l’exemple

À l’occasion des Journées Nationales de l’agriculture du 5 au 7 juin, France Nature Environnement Auvergne-Rhône-Alpes (FNE AURA), FNE Ain, FNE Isère, FNE Rhône, FNE Savoie et la FRAPNA Ardèche publient une série d’outils présentant des pratiques agricoles inspirantes mises en place par des agriculteurs et agricultrices de la région pour s’adapter au changement climatique et à la raréfaction de la ressource en eau.

Des pratiques concrètes face à la raréfaction de l’eau

Issues de rencontres directes avec des agriculteurs et agricultrices de la région, ces publications rendent visibles des pratiques développées dans des exploitations aux profils variés : maraîchage, viticulture, élevage ou encore agroécologie de montagne.

Elles permettent d’identifier une diversité de solutions déjà mobilisées pour réduire la consommation d’eau et renforcer la résilience des exploitations : plantation de haies, création de mares, paillage, irrigation de précision, adaptation des cultures ou encore récupération d’eau de pluie.

LES 3 PRINCIPES CLÉS DU MARAÎCHAGE SUR SOL VIVANT

La réalité du terrain et ses contraintes

ZOOM SUR Les baissières : Ces ouvrages consistent à creuser un fossé peu profond le long des lignes de crête cultivées. Les baissières retiennent l’eau de pluie qui sera alors captée par les plantations.

Ces ressources rappellent aussi que la transition agricole ne se résume pas à une liste de bonnes pratiques faciles à appliquer. Elle s’inscrit dans des réalités économiques, techniques et climatiques parfois contraignantes. Les fiches abordent ainsi les difficultés rencontrées, les limites observées et les conditions de réussite identifiées par les agriculteurs et agricultrices.

Mieux comprendre pour mieux agir

En documentant ces pratiques et les conditions nécessaires à leur déploiement, FNE Auvergne-Rhône-Alpes et ses fédérations départementales entendent contribuer à une meilleure compréhension des enjeux liés à l’eau en agriculture. Ces retours d’expérience constituent ainsi une base commune pour analyser ce qui fonctionne déjà, identifier les conditions de réussite et accompagner le développement de modèles agricoles plus économes en eau, respectueux du vivant et plus résilients face au changement climatique.

En Auvergne-Rhône-Alpes, des fermes développent des pratiques concrètes pour réduire leur consommation d’eau tout en favorisant la biodiversité. Pour valoriser ces initiatives inspirantes, FNE Auvergne-Rhône-Alpes et ses fédérations départementales proposent une série de fiches “Économies d’eau et agriculture durable”. 

Les fiches « Économies d’eau et agriculture durable » pour découvrir des pratiques inspirantes

Issues de rencontres directes avec des agriculteurs et agricultrices d’Auvergne-Rhône-Alpes, ces fiches mettent en lumière des pratiques concrètes pour économiser l’eau. Au-delà des réussites, elles abordent avec transparence la réalité du terrain : freins financiers, climatiques ou techniques. Elles offrent ainsi un regard honnête sur la mise en œuvre de ces solutions. Ces retours d’expérience précieux constituent une base solide pour nourrir un dialogue constructif autour d’une utilisation durable de l’eau en agriculture.

Retour d’expérience de fermes engagées en Auvergne-Rhône-Alpes

Au Cœur des Arbillats (Ain) – Maraîchage

Franck Lecoeur prouve que la nature est une alliée pour économiser l’eau.

En plantant des haies et en créant des mares, il préserve la fraîcheur et l’humidité sur sa ferme.

Sa fiche explique comment ces aménagements naturels l’aident à réduire sa consommation d’eau au quotidien, tout en favorisant la biodiversité.

Les Jardins d’Aestiv (Ain) – Polyculture élevage

Benoit Merlo a repensé toute l’organisation de sa ferme pour ne plus dépendre de l’arrosage. Il a notamment choisi de cultiver des céréales qui ont naturellement moins besoin d’eau.

Ce système cohérent et économe est présenté en détail à travers une fiche pratique.

Le Mas d’Intras (Ardèche) – Viticulture bio

Agriculture biologique et biodynamique utilisant les cycles lunaires et préparations naturelles pour régénérer les sols.

Sébastien Pradal et Denis Robert ont fait un choix fort : cultiver la vigne sans aucune irrigation. Pour réussir ce pari malgré la rareté de l’eau, ils adaptent leurs méthodes de travail afin de rendre leur domaine plus résilient au changement climatique.

La Ferme des Bottes Vertes (Isère) – Maraîchage de montagne

À plus de 1000 mètres d’altitude, l’eau s’évapore vite. Pour la garder dans le sol, Stéfany Rey recouvre systématiquement ses cultures de paille (le paillage) et utilise un arrosage goutte-à-goutte très ciblé.

Elle teste aussi des variétés de légumes plus costauds, capables de supporter les coups de chaud ou le manque d’eau.

Aux Jardins Épicés Tout (Isère) – Maraîchage

Ici, on utilise la technologie pour arroser « juste ce qu’il faut ». Grâce à des capteurs placés dans le sol (des sondes), les agriculteurs connaissent exactement les besoins de leurs plantes.

En combinant cela avec des voiles d’ombrage, ils ont réussi l’exploit d’arroser trois fois moins qu’avant tout en protégeant leurs récoltes.

Terre de Milpa (Rhône) – Maraîchage

Cette ferme montre que protéger la nature permet aussi de mieux gérer l’eau. En recréant des paysages vivants avec des mares et des haies, l’exploitation maintient un sol en bonne santé et plus humide.

Ce modèle inspirant est à découvrir dans une fiche technique et un podcast.

La Ferme du Marais de la Biolle (Savoie) – Agroécologie

Guillaume et Sophie Fantin mettent en œuvre des solutions ingénieuses pour préserver l’eau sur leur exploitation, notamment grâce aux techniques de maraîchage sur sol vivant, qui permettent de mieux retenir l’humidité dans les sols.

Pour leur élevage de porcs, ils sont autonomes en eau en s’appuyant sur la récupération d’eau de pluie et sur une alimentation humide pour leurs animaux.

Économies d’eau et agriculture durable en Auvergne-Rhône-Alpes : perspective 2026

Cette base de ressources continuera de s’enrichir en 2026 avec de nouvelles fiches et de nouveaux témoignages (au format vidéo ou en podcast) de fermes engagées. Pour FNE Auvergne-Rhône-Alpes, documenter ces pratiques est le premier pas pour construire une agriculture plus économe en eau et plus résiliente.


Ce projet a bénéficié du soutien financier de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse. L’Agence de l’Eau est un établissement public de l’État qui œuvre pour la protection de l’eau et des milieux. Elle perçoit des taxes sur l’eau payées par tous les usagers et les réinvestit auprès des maîtres d’ouvrages (collectivités, industriels, agriculteurs et associations) selon les priorités inscrites dans son programme « Sauvons l’eau 2025-2030 ». Plus d’information sur www.eaurmc.fr

L’agence de l’eau accompagne les opérations visant à économiser l’eau (réduction des fuites des réseaux d’eau potable, changement de pratiques agricoles, réutilisation des eaux usées traitées…). Dans le contexte de changement climatique, l’eau se raréfie : 40 % du bassin Rhône-Méditerranée est déjà déficitaire en eau et d’ici 2050, les prévisions indiquent une diminution de 80 % de débits en été pour certains cours d’eau et une moindre alimentation des nappes d’eau souterraines.

Patricia Acensi-Ferré, fondatrice d’Envie2Résilience, pour améliorer le monde du travail

Et si les meilleures idées sur le travail venaient de celles et ceux qui le vivent ? Envie2Résilience lance un appel national le 18 juin avec “Place au travail”, une initiative citoyenne nationale autour d’une question simple : “Quelle est votre idée pour un meilleur monde du travail ?”. Patricia Acensi-Ferré, fondatrice de l’association Envie2Résilience, veut faire remonter des propositions concrètes depuis le terrain. Elle accepté de répondre aux questions essentielles Cdurable.

“Place au travail”, une initiative citoyenne nationale pour améliorer le monde du travail

Le travail se définit souvent à partir des réformes, des indicateurs RH, des négociations sociales ou des rapports d’experts. Mais il se comprend aussi dans des lieux beaucoup plus ordinaires : une caisse de supermarché, un atelier, un service public en tension, une équipe qui tient malgré la fatigue, une PME qui recrute difficilement, un manager pris entre objectifs et réalités humaines, un indépendant qui avance seul, un salarié qui cherche encore du sens. Peu de sujets traversent autant les vies adultes. Le travail donne une place, un revenu, une utilité, parfois une fierté. Il peut aussi fragiliser, isoler, épuiser ou révéler les limites d’une organisation.

Un appel national le 18 Juin 2026

C’est à partir de cette expérience commune qu’Envie2Résilience lance, le 18 juin 2026, dans le cadre de Préventica Rennes, “Place au travail”, une initiative citoyenne nationale autour d’une question simple : “Quelle est votre meilleure idée pour améliorer le monde du travail ?” L’enjeu n’est pas d’ajouter une journée symbolique au calendrier. Le 18 juin ouvre une démarche de fond : collecter pendant l’été des idées issues du terrain, les structurer à la rentrée, puis les porter dans le débat public auprès des acteurs politiques, syndicaux, économiques et institutionnels.

Avec “Place au travail”, Envie2Résilience part d’une conviction : chacun a une expérience du travail, donc potentiellement une idée utile à partager. Un ouvrier, une caissière, un cadre, un dirigeant, un indépendant, un agent public, un professionnel RH, un manager, une personne en recherche d’emploi ou un citoyen engagé ne vivent pas les mêmes réalités. Mais tous savent quelque chose de ce qui aide, de ce qui abîme, de ce qui manque, de ce qui pourrait être amélioré. L’appel lancé le 18 juin ne s’adresse donc pas uniquement aux experts ou aux décideurs. Il est ouvert à tous ceux qui vivent, organisent, accompagnent, encadrent, transmettent ou interrogent le travail. La contribution attendue peut être simple : une idée concrète, une action possible, une proposition réaliste à son échelle, dans son poste, son organisation, son secteur ou son territoire.

Cette approche répond à un constat posé par Envie2Résilience : le travail traverse une crise profonde faite de souffrances physiques et psychiques, de perte de sens, de ruptures de parcours, de difficultés de recrutement et de transmission, d’attractivité des métiers et de transformations liées à l’intelligence artificielle. Face à ces tensions, les réponses ne peuvent plus venir uniquement “d’en haut”, ni reposer sur un seul type d’acteurs.

Rennes, Saint-Sylvestre-Cappel, Bordeaux, Paris, Lyon : faire remonter les idées depuis les territoires

Parce que le travail ne se transforme pas seulement dans les grandes déclarations nationales, l’appel a une traduction territoriale. Le 18 juin, plusieurs rendez-vous permettront de faire émerger des idées, des ressources et des pratiques au plus près des réalités locales :

  • À Rennes, l’impulsion sera donnée au salon Préventica avec la conférence “Bâtir un monde du travail meilleur : un défi collectif et territorial”, animée par Patricia Acensi-Ferré, en présence d’acteurs économiques du territoire. L’association sera également présente pendant les trois jours du salon.
  • À Paris et Lyon, des marches seront également organisées dans l’après-midi, le long de la Seine et du Rhône, sur le même principe : réfléchir à un monde du travail meilleur, identifier des ressources activables face aux difficultés et imaginer, individuellement comme collectivement, d’autres manières de travailler.
  • À Saint-Sylvestre-Cappel, dans les Hauts-de-France, la Communauté des Résilients des Hauts-de-France, ambassadrice d’Envie2Résilience, organise une table ronde intitulée “Penser le travail autrement”, avec Henry Clety et Natacha Martel, psychologues du travail. L’objectif : ouvrir un temps de dialogue sur l’épuisement, la perte de sens, les fragilités psychiques et les manières de concevoir un travail plus humain, plus respectueux et plus vivant.
  • À Bordeaux, une marche collective “La résilience : un pas à la fois” le long de la Garonne. Pilotée par Hubert Maillard de la Morandais, président de l’association, elle réunit des adhérents bordelais autour du partage d’initiatives et de ressources, avec des regards croisés de psychopraticien, médiateur au travail et coach en bien-être.

La résilience professionnelle comme capacité d’action, pas comme concept abstrait

Questions Cdurable à Patricia Acensi-Ferré

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 21 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Le vivant, une source d’inspiration permanente

Le vivant m’apprend que rien n’est figé. Tout évolue, se transforme, se régénère — et c’est une source d’inspiration permanente dans ma manière de vivre et d’agir.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

une alimentation simple et locale
pour rester alignée avec le vivant

Je privilégie une alimentation simple, locale autant que possible, en cohérence avec le territoire dans lequel je vis aujourd’hui. C’est une manière de rester alignée avec le vivant, de soutenir des écosystèmes qui respectent la terre, et de donner du sens à des gestes du quotidien.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Mon habitat idéal est un lieu ouvert,
relié à la nature et aux autres

Je vis aujourd’hui à Saint-Gonlay, près de la forêt de Brocéliande, après des années passées à Paris et à Lyon. Ce changement de cadre de vie est important : il me rapproche du vivant et m’aide à retrouver un rythme plus juste.
 Mon habitat idéal est un lieu ouvert, relié à la nature et aux autres, où l’on peut à la fois se ressourcer et créer du lien. Un espace qui favorise la coopération, à l’image des écosystèmes naturels.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

Le yoga et le badminton font partie de mes équilibres

Le yoga m’aide à me recentrer, à écouter mon corps et à réguler mes émotions. Le badminton, lui, apporte mouvement, énergie et lien aux autres. Ces deux pratiques, complémentaires, participent à mon équilibre physique et mental.

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

Mon parcours, des institutions publiques à l’entrepreneuriat puis à l’engagement associatif

Mon parcours, des institutions publiques à l’entrepreneuriat puis à l’engagement associatif, m’a permis de comprendre les systèmes de l’intérieur. Mais ce sont surtout les expériences vécues et les parcours de résilience qui ont transformé ma manière d’agir. C’est de là qu’est née Envie2Résilience : une conviction simple que nos difficultés ne sont pas des impasses, mais des matières à transformer. Aujourd’hui, nous faisons de ces vulnérabilités une ressource collective pour réinventer le travail. Mes difficultés ne sont pas des impasses, mais des matières à transformer.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Le travail est une place publique du vivant

Pour moi, le travail est une place publique du vivant. 
Un lieu où l’on peut se rencontrer, débattre, coopérer, créer du lien et contribuer à quelque chose de plus grand que soi. Je porte une vision inspirée de la permaculture : faire germer nos idées à partir de nos expériences, reconnaître que nos vulnérabilités sont des ressources, composter nos erreurs pour en faire des apprentissages fertiles. Le travail peut ainsi devenir un écosystème où l’on régénère plutôt qu’on épuise.

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

la vraie question est celle de notre énergie intérieure : comment la préserver, comment la régénérer

Je suis attentive à la manière dont j’utilise l’énergie, qu’elle soit matérielle ou humaine.
 Mais au-delà des choix techniques, la vraie question est celle de notre énergie intérieure : comment la préserver, comment la régénérer. Vivre près de la nature m’aide à mieux respecter ces équilibres et à sortir de logiques d’épuisement.

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Le travail est un bien commun, et sa transformation est une responsabilité collective

Mon engagement repose sur une conviction forte : le travail est un bien commun, et sa transformation est une responsabilité collective. Avec Envie2Résilience, j’agis pour équiper celles et ceux qui sont en première ligne — salariés, managers, agents publics — afin qu’ils ne soient plus seulement dans la survie ou la résistance, mais dans une contribution durable. Aujourd’hui, il existe une vraie fracture :
 à la base des organisations, on voit 100 % des problèmes ;
 au sommet, parfois à peine 4 %, et l’illusion que tout va bien peut persister. Mon rôle est de recréer du lien entre ces deux réalités, mais aussi de décloisonner.
 Décloisonner les niveaux hiérarchiques, les métiers, les mondes qui ne se parlent plus — pour remettre de la relation concrète, de l’écoute et des moyens d’agir partagés. Par la formation, le plaidoyer et l’action de terrain, je transforme les expériences vécues en leviers d’engagement collectif, au service d’un travail plus humain, plus juste et plus soutenable.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

la transformation du travail ne peut se faire que collectivement

Je construis des ponts entre des univers différents : entreprises, institutions, acteurs du soin, citoyens. 
Je crois profondément que la transformation du travail ne peut se faire que collectivement. Mon rôle est souvent d’ouvrir des espaces de dialogue et de coopération, à l’image de ce que l’on observe dans les écosystèmes vivants.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Mon idée est simple : 

réapprendre à travailler comme des humains,
ensemble

Nous voyons aujourd’hui les limites d’un modèle qui épuise et isole. Pourtant, le travail est un bien commun, au cœur de nos vies et de notre société. Avec l’appel du 18 juin, nous faisons un choix :
 ne plus subir, mais contribuer. Ne plus tenir, mais durer.
Chacun a une expérience du travail, donc chacun peut avoir une idée utile. 
C’est pourquoi nous posons cette question :
 “Qu’est-ce que je peux améliorer, moi, dans le travail ?

Je crois au colibri conscient :
 agir, oui — mais agir ensemble, de manière reliée, structurée et durable. Rejoignez-nous.
 Partagez votre idée. Contribuez à votre échelle. Parce que c’est en partant du réel et en faisant collectif que nous pourrons construire un travail plus humain, plus juste et plus soutenable. Place au travail.

Didier Douziech, un « Manager à Impact Positif » au service des enjeux de régénération du vivant

La transition sociale et écologique n’est plus une option. Elle traverse désormais toutes les organisations et engage directement celles et ceux qui les font vivre : les managers. Dans un monde en mutation profonde, comment continuer à diriger, décider et agir sans perdre le sens, ni l’humain, ni la performance ? Comment concilier exigences économiques, responsabilité sociale et impératifs écologiques ? Ce livre propose une voie singulière : un management à impact positif, pensé et pratiqué avec la tête, le cœur, le corps et la conscience. L’auteur de « Manager à Impact Positif », Didier Douziech a accepté de répondre aux questions essentielles Cdurable.

S’adressant aux managers de tous niveaux, déjà engagés ou en questionnement, « Manager à impact positif » offre des repères concrets pour faire évoluer son savoir-être et son savoir-faire, aligner action professionnelle et valeurs profondes, et contribuer activement à la transformation des organisations.

Didier Douziech – Manager à impact positif
Didier Douziech s’appuie sur plus de trente ans de parcours de dirigeant et de dirigeant de transition, en France et à l’international, au sein de structures variées : start-up, PME, ETI et grands groupes. Pratiquant le yoga depuis les années 1980 et enseignant depuis 2020, il a développé une approche du management intégrant pleinement les dimensions intellectuelle, émotionnelle, corporelle et de pleine conscience, au service des enjeux majeurs de notre époque (impact-positif.com).

Table des matières

  1. Introduction
  2. Comment tenir le coup ?
    1. Les clés de la résilience (voir post à ce sujet)
    2. Respirer (post)
    3. Se relaxer (post)
    4. Gérer ses pensées stressantes et négatives (post)
    5. Avoir une bonne hygiène de vie (post)
  3. Comment souder son équipe ? 
    1. Les clés d’un bon esprit d’équipe (post)
    2. Avoir une Attitude Intérieure Positive (post)
    3. Regarder et écouter (post)
    4. Apaiser les relations (post)
    5. Prévenir les risques psychosociaux (post)
  4. Comment être maître de soi ?
    1. Les clés de la maîtrise de soi (post)
    2. Maîtriser sa fonction (post)
    3. Avoir une profonde connaissance de soi (post)
    4. Harmoniser tête, cœur et corps (post)
    5. Se mettre dans l’état d’esprit idéal (post)
  5. Comment construire une équipe efficiente ?
    1. Les clés d’une équipe fonctionnant en synergie
    2. Adapter sa communication à chaque personnalité
    3. Développer la coopération dans l’équipe
    4. Optimiser rationnellement son organisation
    5. Provoquer l’enthousiasme
  6. Comment être un manager performant ?
    1. Les atouts clés d’un manager performant
    2. Être à l’écoute de ses sens
    3. Maîtriser les outils de management les plus courants
    4. Être ouvert d’esprit
    5. Maîtriser la notion de performance globale
  7. Comment harmoniser les relations dans et autour de son équipe ?
    1. Les clés d’une organisation harmonieuse
    2. Développer et exploiter judicieusement son réseau
    3. Résoudre les conflits collectifs
    4. Maîtriser les communications interculturelles et intergénérationnelles
    5. Prendre en compte les différences de système de valeurs de ses interlocuteurs
  8. Comment avoir un impact positif ?
    1. Les 7 dimensions du manager intégral
    2. Être conscient de sa vision
    3. Oser l’impossible
    4. Harmoniser ou changer la culture de son organisation
    5. Optimiser ou transformer son organisation par une approche systémique
  9. Comment être collectivement régénératifs ?
    1. Les clés d’une organisation régénérative
    2. Vivre en pleine conscience
    3. Communiquer parfaitement
    4. Libérer les énergies dans son organisation
    5. Faire émerger une organisation régénérative
  10. Comment mettre en œuvre ?
    1. Comment mettre en œuvre personnellement ?
    2. Comment mettre en œuvre collectivement ?
  11. Quelle place donner à l’intelligence artificielle ? (post
  12. Annexes
    1. 12 compétences pour développer la performance globale
    2. Méthode pour développer et exploiter judicieusement son réseau
    3. Comment optimiser ou transformer son organisation par une approche systémique ?
  13. Ressources
    1. Comment tenir le coup ?
    2. Comment souder son équipe ?
    3. Comment être maître de soi ?
    4. Comment construire une équipe efficiente ?
    5. Comment être un manager performant ?
    6. Comment harmoniser les relations dans et autour de son équipe ?
    7. Comment avoir un impact positif ?
    8. Comment être collectivement régénératifs ?
    9. Ressources des Annexes
  14. Remerciements

Extrait

Avoir une Attitude Intérieure Positive1

Vécu

Nous sommes 9 dans la salle de réunion, dont 7 qui y sont entrés « en reculant ». Ils n’ont pas envie d’être là parce qu’ils savent qu’on va encore leur demander d’améliorer l’efficacité de leur service contrôle qualité et qu’ils ne désirent pas être là ensemble à traiter ce sujet. À noter que l’entreprise est passée les années précédentes de 500 à 150 employés et qu’un plan social et économique réduisant encore l’effectif de 20 % a été annoncé quelques semaines auparavant. Il y a 2 délégués du personnel farouchement opposés au PSE parmi les personnes présentes. La 8ème personne présente est le responsable de production, leur responsable hiérarchique, et la 9è moi-même, en tant que nouveau directeur des opérations de la société. L’ambiance est froide et lourde.

Pour commencer, j’invite les participants à se mettre deux par deux, face à face, et à déterminer qui d’entre eux deux va parler le premier. Ils hésitent. J’insiste à la fois chaleureusement et fermement. Ils s’exécutent avec plus ou moins de bonne volonté. Puis, je propose aux 4 personnes qui vont parler de dire durant une minute tout ce qu’ils pensent de positif sur leur interlocuteur face à eux. L’assemblée réagit par des regards surpris et des ricanements. Je répète l’instruction. Puis, c’est parti ! Tout le monde joue le jeu et, au bout d’une minute, il est difficile d’arrêter certains des échanges en cours. Ensuite, je leur demande d’échanger les rôles, et c’est reparti pour une minute de propos positifs. Les participants s’impliquent pleinement dans l’exercice.

Je leur demande alors de partager ce qu’ils ont ressenti quand ils ont reçu des paroles positives sur eux-mêmes. Ils en sont pour la plupart enchantés. Certains participants font part de leur étonnement d’entendre pour la première fois des avis positifs à leur sujet provenant de leurs collègues. Puis, je leur demande de partager ce qu’ils ont ressenti quand ils ont exprimé des avis positifs à leur interlocuteur. Plusieurs personnes avouent avoir pris du plaisir à donner du plaisir.

Une fois terminé l’exercice, qui a duré moins de 10 minutes, l’ambiance s’est légèrement détendue. Nous pouvons alors entrer dans le vif du sujet. La suite du récit sera relatée dans la section 5.5 « Provoquer l’enthousiasme ».

Pourquoi avoir une Attitude Intérieure Positive ?

Les relations interpersonnelles et plus largement l’ambiance des organisations souffrent en général de notre égocentrisme. En effet, lors d’une communication entre deux personnes, qu’est-ce qui préoccupe en premier chacun d’entre nous ? Réponse : nous-mêmes. Et notre deuxième préoccupation ? Réponse : nos êtres les plus chers, c’est-à-dire en fait nous-mêmes. Et notre troisième préoccupation ? Réponse : directement ou indirectement nous-mêmes, etc.

Ceci ne nous met pas bien sûr dans les meilleures dispositions pour communiquer positivement avec notre interlocuteur. Alors que si nous engageons notre échange avec comme première préoccupation le bien-être de notre interlocuteur, le ton et le contenu de nos propos seront plus positifs, le ressenti de l’interlocuteur évidemment aussi. Plus ce type de comportement se généralise dans une organisation, plus l’ambiance y devient positive.


  1. Solution inspirée d’une conférence intitulée « Osons le bonheur en entreprise ! », animée par Jacques Laub le 31 août 2010 : jlm.ch ↩︎

Comment mettre en œuvre l’Attitude Intérieure Positive ?

Ce comportement consiste à d’abord être en paix avec vous-même pour pouvoir vous consacrer pleinement à l’autre. Le chapitre précédent vous a fourni des solutions pour cela, avec la respiration, la relaxation, la gestion des pensées négatives et l’entretien d’une bonne hygiène de vie. Dans l’échange avec votre interlocuteur, selon les principes de l’Attitude Intérieure Positive (AIP), votre esprit est tourné vers l’autre, en faisant abstraction du fait que vous ne le connaissez pas, ou pas bien, ou que vous le connaissez trop bien. L’objectif est simplement qu’il ressorte de l’échange ressourcé par vos propos positifs et le plus pertinents possible.

Ce n’est pas naturel pour la plupart d’entre nous. D’où le principe de l’exercice exposé précédemment. Forcer ainsi les personnes à pratiquer l’AIP leur permet de sortir de leur comportement habituel et de goûter au plaisir de recevoir et de donner du plaisir. Pratiquer ponctuellement l’exercice de l’AIP en 2 fois 1 minute avec l’ensemble de son équipe et donner l’exemple par une pratique journalière et naturelle avec les membres de l’équipe a évidemment une influence majeure sur l’ambiance qui y règne.

Alors, osez ! À partir de maintenant, essayez de commencer toute communication avec quelqu’un, en faisant part, sincèrement et habilement, des aspects positifs de votre ou vos interlocuteur(s). Exemple d’expression : « Ouah, tu as la forme aujourd’hui ! », « J’ai apprécié ton intervention hier ! », « Nous allons faire appel à ta grande capacité d’innovation », « J’adore votre sourire ce matin ! », « Super l’aménagement de votre poste de travail ! », « Bravo pour vos résultats de la journée d’hier ! »…

Pour mettre cela en œuvre, commencez toutes vos journées passées dans votre organisation, par un tour de toute votre équipe. Si elle se compte en plusieurs centaines de membres, faites au moins un tour journalier de vos collaborateurs les plus proches et faites en sorte de rencontrer chaque collaborateur hebdomadairement. Si l’organisation dont vous avez la charge travaille en 3×8, le week-end, se compte en milliers de collaborateurs ou est éclatée géographiquement, adaptez-vous. L’important est d’établir un contact personnel et positif le plus souvent possible avec chacun de vos collaborateurs. Non, ce n’est pas une perte de temps. C’est un investissement dans ce que vous avez de plus précieux en tant que manager : le bien-être de votre équipe.

Mise en œuvre facile de l’Attitude Intérieure Positive

Réalisation du tour matinal de votre équipe : Avant de démarrer le tour de votre équipe, posez une intention positive : mettre une bonne ambiance, commenter positivement un événement de la veille ou atténuer l’effet lié à un événement négatif de la journée précédente… Remémorez-vous les éléments qui vous permettront de mettre du contenu le plus positif possible dans vos échanges individuels avec le maximum de collaborateurs. Écrivez-les si nécessaire sur un document que vous emporterez avec vous.

Si possible, commencez votre tournée par les collaborateurs fournisseurs d’informations, comme les chefs de service ou les personnes bien informées sur le fonctionnement journalier de l’organisation. Notez ce qui peut alimenter vos échanges suivants. Allez voir chaque personne sur son lieu de travail, à moins que vous les croisiez durant votre pérégrination, en particulier le technicien caché dans sa cabine de contrôle qualité au fin fond de l’usine et qui ne voit pas grand monde de la journée…

Saluez chacun d’entre eux avec chaleur, les yeux dans les yeux. Puis, dans la mesure du possible, placez un compliment pertinent, montrez de l’intérêt pour le travail de la personne, exploitez positivement les informations propres à chacun et que vous avez pu préparer. Pendant la journée, pensez à récolter des informations qui vous permettront d’alimenter votre tournée du lendemain. Il est important que vous teniez les engagements que vous pourriez être amené à prendre durant ces tournées.

Comment approfondir la pratique de l’Attitude Intérieure Positive ?

Cette approche du management va être approfondie dans les chapitres suivants. En particulier, le chapitre 4 « Comment être maître de soi » vous fournit d’autres moyens pour développer votre positivité. Et la solution « Provoquer l’enthousiasme » du chapitre 5, vous apprendra à mettre en œuvre les principes de l’AIP dans le cadre de projets de conduite du changement.

Questions Cdurable à Didier Douziech

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 21 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Je le respecte et le soigne dans mon jardin qui regorge de fleurs sauvages et d’insectes pollinisateurs 

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Flexitarien, à 90% végétarien,
dans la mesure du possible bio

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Maison individuelle entourée d’un jardin dans un environnement peu urbanisé, permettant de recevoir famille et amis, idéalement à énergie négative

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

Yoga, tai chi chuan, natation, marche à pied, vélo

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

Le Yoga, la Process Com, la Communication Non Violente, le Leadership de Pleine Conscience, la Psychologie Positive, la Spirale Dynamique, etc …

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Développer l’impact positif en agissant sur le terrain et en partageant mes méthodes et mes retours d’expérience

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

L’énergie apportée par les techniques de Yoga (Prana), la méditation et la Psychologie Positive

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Mon livre, mes conférences et mes séminaires sur le management à impact positif, mes engagements associatifs, actuellement la Convention des Entreprises pour le Climat et le soutien de la Coopérative Oasis.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

Idem 8

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Nous avons chacun d’entre nous une formidable capacité d’influencer positivement notre environnement qu’il faut cultiver en se formant, en s’exerçant et en passant à l’action 

Les grands principes de la pensée complexe d’Edgar Morin pour comprendre un monde où tout est lié

Edgar Morin qui est décédé à l’âge de 104 ans, est une figure importante qui devrait inspirer un maximum de gens. Il a entrepris un immense chantier dont les principes fondateurs font partie de l’essentiel que chacun doit se sentir en capacité d’appliquer pour espérer un jour une humanité capable d’affronter les tempêtes.

Penser le vivant comme un tout

Nous avons pris l’habitude de découper les problèmes en petits morceaux pour les comprendre, mais les défis actuels ne peuvent plus être compris de cette façon. Le mot « complexe » ne signifie pas « compliqué ». Il signifie que plusieurs éléments sont tellement liés entre eux qu’on ne peut pas les séparer sans perdre une partie de la réalité. Pour Edgar Morin, le monde ressemble davantage à une toile tissée qu’à une machine composée de pièces indépendantes.

Passer d’une pensée de séparation à une pensée des liens

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Depuis plusieurs siècles, la science occidentale a souvent progressé en analysant les choses séparément : l’économie d’un côté, la politique de l’autre, la nature ailleurs. Cette méthode a permis d’immenses progrès, mais elle montre aujourd’hui ses limites.

Par exemple :

  • le changement climatique influence l’économie ;
  • l’économie influence les choix politiques ;
  • les choix politiques influencent les comportements sociaux ;
  • les comportements sociaux influencent l’environnement.

Tout est relié

Edgar Morin propose donc une pensée qui cherche à comprendre les interactions plutôt que les éléments isolés.

Nous nous construisons grâce aux autres et à notre environnement

On croit souvent que devenir autonome signifie être indépendant. Edgar Morin montre que c’est l’inverse.

Un être humain devient autonome grâce à de nombreuses dépendances digérées :

  • il dépend de l’air qu’il respire ;
  • de la nourriture qu’il mange ;
  • de la culture qu’il reçoit ;
  • de l’éducation ;
  • des relations humaines.

Plus nous sommes nourris par notre environnement, plus nous pouvons développer notre autonomie. L’autonomie n’est donc pas l’absence de dépendance ; elle est le résultat d’un ensemble de relations.

Nous apprenons de trois sources

Soi-même : l’autoformation

Nous apprenons par notre réflexion, nos expériences, nos choix.

Les autres : la socioformation

Nous apprenons par la famille, les amis, les enseignants, les collègues, la société.

Le monde : l’écoformation

Nous apprenons aussi grâce aux lieux où nous vivons, au climat, aux paysages, aux animaux, aux plantes, aux objets et aux contraintes matérielles.

Un enfant élevé au bord de la mer, à la montagne ou dans une grande ville ne développera pas la même sensibilité.

Edgar Morin à l’Unesco, le 2 juillet 2021. AFP
Edgar Morin, un siècle de sagesse en trois leçons

Toute connaissance doit être réflexive

Morin insiste sur un point souvent oublié : lorsque nous observons le monde, nous ne sommes jamais totalement neutres. Nous regardons toujours la réalité à travers :

  • notre histoire ;
  • notre culture ;
  • nos valeurs ;
  • nos émotions.

Pour mieux comprendre le monde, il faut donc aussi apprendre à s’observer soi-même. Comprendre le monde suppose aussi de comprendre comment nous le regardons. Le panorama des filtres à travers lesquels nous observons le monde sera bientôt accessible sur PHVA.

Les effets agissent sur leurs causes

Dans la pensée classique, une cause produit un effet. Edgar Morin ajoute que l’effet peut ensuite modifier la cause. Par exemple :

  • une société crée une école ;
  • l’école forme des citoyens ;
  • ces citoyens transforment ensuite la société.

La cause et l’effet se nourrissent mutuellement dans une boucle. C’est pourquoi les phénomènes humains et écologiques sont rarement linéaires.

Les contraires peuvent être complémentaires

Edgar Morin appelle cela le « principe dialogique ». Dans la vie, des réalités opposées peuvent être vraies en même temps :

  • liberté et responsabilité ;
  • autonomie et dépendance ;
  • individu et société ;
  • ordre et désordre.

Au lieu de choisir un seul côté, il faut apprendre à penser les deux ensemble.

Chaque partie contient quelque chose du tout

Une pensée prenant en compte la globalité des grands défis contemporains est nécessaire pour assurer la transmission des connaissances aux jeunes générations. Shutterstock
Ce que la pensée complexe d’Edgar Morin apporte à l’éducation

Edgar Morin utilise l’image de l’hologramme. Dans un hologramme, chaque fragment contient une image du tout. De même :

  • chaque personne porte en elle une partie de l’histoire de sa société ;
  • chaque famille reflète certains aspects de son époque ;
  • chaque expérience de vie peut révéler des mécanismes plus généraux.

Le particulier peut nous aider à comprendre l’universel.

Une planète confrontée à des crises liées entre elles

Morin considère que l’humanité traverse plusieurs crises simultanées non séparées : écologique ,économique, sociale, politique, du sens. Par exemple, la dégradation de l’environnement peut provoquer des difficultés économiques, qui peuvent elles-mêmes alimenter des tensions sociales et politiques.

Pour cette raison, aucune solution purement technique ne suffira.

La possibilité d’une métamorphose

Malgré son inquiétude, Edgar Morin est resté porteur d’espérance. Il estime que lorsqu’un système rencontre des problèmes qu’il ne peut plus résoudre, deux chemins sont possibles :

  • 1. la dégradation ;
  • 2. la métamorphose.

La métamorphose est un changement profond de manière de vivre et de penser. Selon lui, ses premiers signes sont déjà visibles :

  • une conscience de l’unité de l’humanité malgré sa diversité ;
  • une conscience écologique de notre dépendance envers la biosphère ;
  • une conscience citoyenne mondiale ;
  • une capacité à dialoguer malgré les désaccords.

Pour Edgar Morin, le grand défi du XXIe siècle est d’apprendre à penser les liens entre les êtres humains, les sociétés, la nature et la planète, afin de répondre à des problèmes qui sont eux-mêmes profondément interconnectés.

Lire aussi pour approfondir

Acheter une voiture électrique d’occasion : un remède accessible à la hausse durable du prix des carburants

Dans le contexte de la crise énergétique, liée notamment à la hausse des prix du pétrole, leboncoin constate une forte hausse des ventes de Voitures Électriques d’Occasion (VEO). Disponibles dans un délai plus rapide que les véhicules neufs et à des tarifs plus abordables, elles permettent de s’affranchir des coûts élevés des carburants. Les freins à l’achat se lèvent peu à peu, à condition de bien orienter ses choix avec ce guide d’achat d’un véhicule électrique d’occasion.

A retenir

  • Les ventes de voitures électriques d’occasion ont bondi de 62 % en avril, une croissance qui dépasse pour la première fois celle des immatriculations de voitures électriques neuves.
  • En parallèle, la hausse de 81 % des recherches de voitures électriques sur leboncoin montre une volonté de ne plus subir la flambée des prix des carburants.
  • L’offre de voitures électriques d’occasion ne cesse de s’enrichir, en majorité de la part de vendeurs professionnels et à des tarifs en nette baisse sur le long terme.
  • leboncoin partage quelques conseils simples pour faire le bon choix et acheter une voiture électrique d’occasion en toute confiance.

Véhicule Électrique d’Occasion (VEO), une tendance dans la durée ?

L’édition 2025 du Baromètre Énergies leboncoin montrait déjà l’intérêt croissant des Français pour l’électrification. L’envolée durable des prix des carburants a eu un effet déclencheur chez de nombreux automobilistes. Dès le mois de mars et le début de la crise pétrolière, leboncoin a enregistré une hausse de 35 % des recherches de voitures électriques. En avril, elles bondissent de 81 %, tandis que les ventes de voitures électriques d’occasion grimpent de 62 % (+ 80 % auprès des vendeurs professionnels), contre 40 % pour les immatriculations de voitures neuves.

« Pour la première fois, le marché des voitures électriques d’occasion a donc progressé plus vite que celui du neuf. En plus de leurs tarifs plus accessibles, les VO présentent en effet l’avantage d’une disponibilité rapide, alors que plusieurs mois peuvent s’écouler entre la commande d’une voiture neuve et sa livraison. L’offre électrique de seconde main suit de quelques années celle des modèles neufs. Elle a déjà été multipliée par trois depuis 2022, pour atteindre aujourd’hui une moyenne de 40 000 annonces sur leboncoin, et devrait continuer à s’étoffer. »  - Olivier Flavier, Directeur Général du marché Automobile chez leboncoin

Tirés vers le bas par les lancements de nouveautés plus performantes, plus abordables et soutenues par des aides gouvernementales réservées à l’achat neuf, les prix des voitures électriques d’occasion ont reculé de 30 % par rapport à 2022. Pour ceux qui veulent s’équiper, c’est le bon moment. Les Français qui hésitaient à sauter le pas pourront maintenant s’y retrouver avec plus de choix et d’expérience de la part des professionnels sur les bonnes pratiques.


71 % des 18-24 ans ont une bonne image de la voiture électrique

Les immatriculations de voitures électriques ont bondi de 81 % en mai par rapport à l’an dernier et représentent désormais 29 % des ventes de voitures neuves. Dans ce contexte global de croissance, ce changement structurel des comportements d’achat s’inscrit dans une évolution plus profonde des mentalités.

Selon le dernier baromètre Deep Drive de DRIVECO, 71 % des 18-24 ans déclarent avoir une bonne image de la voiture électrique, un score en hausse par rapport à 2024. Cette perception positive atteint même 87 % chez les conducteurs, confirmant que l’expérience d’usage renforce fortement l’adhésion à cette mobilité.


Acheter une voiture d’occasion électrique sans se tromper

pour bien choisir une voiture électrique
bien définir ses besoins

Encore plus que pour une voiture thermique, le premier réflexe pour bien choisir une voiture électrique est de bien définir ses besoins. Quel sera l’usage réel du véhicule ? C’est le point central dans un achat de voiture électrique d’occasion. Nombre de km parcourus, besoins en autonomie, trajet domicile-travail, usage professionnel ou familial… Tous n’auront pas les mêmes besoins.

Ainsi un petit modèle affichant 200 à 300 km d’autonomie suffit pour assurer les trajets quotidiens, à des tarifs qui débutent en-dessous de 10 000 euros en seconde main. Pour plus de polyvalence, les prix d’une berline compacte ou SUV s’échelonnent de moins de 15 000 euros à 25 000 euros sur le boncoin. A partir de 25 000 euros, la plateforme dispose de premières offres de berlines familiales ou SUV adaptés à un usage plus intensif avec plus de 400 km d’autonomie et une capacité de recharge rapide.

« Pour un usage urbain ou domicile-travail classique, une autonomie réelle de 200 à 300 km est souvent largement suffisante. Pour des usages plus intensifs, il faudra aussi prendre en considération la vitesse de recharge et non pas uniquement l’autonomie annoncée. » - Olivier Flavier, Directeur Général du marché Automobile chez leboncoin

Ces VO électriques sont en majorité vendus par des professionnels, donc assortis d’une garantie. Elle complète celle du constructeur, qui s’étend souvent jusqu’à 8 ans sur la batterie. Ils sont aussi accompagnés d’un certificat – le SOH pour State of Health (état de santé) – qui indique le degré d’usure de la batterie. Même après plusieurs années d’utilisation, une voiture électrique conserve l’essentiel de sa capacité.

Les prix élevés des carburants permettent d’amortir plus rapidement le surcoût généralement observé à l’achat d’un véhicule électrique par rapport à un modèle thermique. En effet, si le véhicule électrique subit une décote importante lorsqu’il est acheté neuf, sa valeur résiduelle évolue ensuite plus lentement sur le marché de l’occasion.

Afin de profiter pleinement du coût d’usage réduit en électrique, la recharge à domicile est à privilégier au quotidien, sur une installation dédiée. La recharge rapide sur des bornes publiques à haute puissance, désormais très répandues sur les grands axes mais plus coûteuses, doit être réservée aux trajets les plus longs.

« leboncoin propose l’offre la plus vaste de voitures d’occasion sur le marché français, y compris pour les voitures électriques », déclare Olivier Flavier, Directeur Général du marché Automobile chez leboncoin « Aujourd’hui nous disposons d’un recul suffisant pour affirmer que le potentiel d’une voiture électrique âgée de quelques années reste très satisfaisant. Plusieurs études ont montré que la capacité des batteries ne se réduit en moyenne que de 1 à 2 % par an, contrairement aux idées reçues. Cependant, l’exigence d’entretien reste aussi élevée que sur un véhicule thermique. »

Guide d’achat leboncoin : 10 conseils pour acheter une voiture électrique d’occasion en confiance

Quelles conséquences sur notre santé d’une consommation quotidienne d’aliments ultra-transformés ?

Notre alimentation a profondément changé en quelques décennies. Une majorité des produits qui remplissent aujourd’hui les rayons des supermarchés n’existaient tout simplement pas il y a un siècle : sodas, céréales sucrées, snacks, nuggets, plats instantanés … Ces aliments dits « ultra-transformés » ont une place centrale dans notre quotidien. Mais que sont-ils exactement ? Comment ont-ils réussis à s’imposer aussi massivement ? Et quelles sont les conséquences sur notre santé ? Les réponses avec ce décryptage d’une transformation alimentaire aux conséquences sanitaires majeures, une enquête Yuka.

l’industrie agroalimentaire conçoit des produits toujours plus addictifs et déploie des stratégies marketing pour façonner durablement nos habitudes alimentaires

De la cuisine au laboratoire : comment l’industrie a transformé notre alimentation en deux siècles

Pendant des millénaires, transformer les aliments relevait d’un geste de survie. Saler la viande pour l’hiver, fermenter le lait pour éviter qu’il ne tourne, cuire pour mieux digérer. La logique était simple : partir d’un aliment brut et lui appliquer quelques gestes élémentaires. Ainsi, le produit final restait identifiable.

Aujourd’hui, en parcourant les rayons d’un supermarché, le contraste est frappant. Couleurs artificielles, formes standardisées, listes d’ingrédients à rallonge… Les gestes simples d’autrefois ont laissé place à des procédés industriels complexes et impossibles à reproduire dans sa cuisine. Ainsi, les aliments ultra-transformés représentent désormais entre 60 % et 70 % de l’offre alimentaire dans de nombreux pays. Certaines populations y sont exposées de façon particulièrement préoccupante,notamment les plus jeunes. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, les aliments ultra-transformés représentent plus de 60 % des calories ingérées par les enfants et adolescents1. En France, au Canada ou en Australie, ce chiffre avoisine les 50%. Même en Italie ou au Brésil, où l’exposition est plus faible, ce chiffre dépasse les 25 %2.

Comment en est-on arrivé là ? Quelles en sont les conséquences pour la santé ? Comment peut-on apprendre à repérer les aliments ultra-transformés pour limiter leur place dans notre alimentation ?

La naissance de l’alimentation industrielle

Avec la deuxième révolution industrielle, les journées de travail s’allongent. L’alimentation doit alors s’adapter à ces nouveaux rythmes : produire plus, plus vite, et pouvoir stocker longtemps. C’est à cette époque que naissent des marques encore omniprésentes aujourd’hui : Nestlé fait son apparition en 1866, Maggi voit le jour en 1885. L’année suivante, c’est Coca-Cola qui fait son apparition. Campbell devient célèbre en 1897. La transformation ne sert plus seulement à conserver : elle permet de nourrir des populations urbaines toujours plus nombreuses, avec des aliments faciles à distribuer et moins chers à fabriquer.

Le boom des aliments ultra-transformés

À partir des années 1970, la transformation ne concerne plus seulement la manière de préparer les repas, mais la nature même des aliments. L’agriculture s’industrialise fortement, grâce à l’usage massif d’engrais chimiques et de pesticides, la production de certaines cultures explose. Cette surproduction pousse l’industrie à changer de logique : plutôt que de transformer les produits agricoles dans leur ensemble, elle commence à les « démonter » pour en extraire des composants peu coûteux, faciles à stocker et à combiner : sucres, huiles, amidons, protéines. Dans le même temps, les deux géants du tabac, Philip Morris et R.J. Reynolds, investissent massivement dans l’agroalimentaire. Ils rachètent des entreprises agroalimentaires majeures comme Kraft, General Foods ou Nabisco, et y appliquent une logique déjà éprouvée dans le tabac : usage d’arômes, marketing agressif, ou encore ciblage des enfants3.

La publicité n’est pas le seul levier pour imposer ces nouveaux produits. L’industrie cherche aussi à agir directement sur ce qui déclenche l’envie. Des spécialistes de la perception sensorielle et des neurosciences sont mobilisés pour comprendre ce qui rend un aliment désirable, et ajuster les recettes et les textures avec une précision inédite. Les aliments ultra-transformés ne sont alors plus seulement pratiques et bon marché : ils deviennent des produits scientifiquement optimisés pour maximiser la consommation… et donc les ventes4.

Comprendre les aliments ultra-transformés, leur conception et leur logique de fabrication

Que mange-t-on vraiment quand on consomme un paquet de chips, une barre de céréales, ou une barquette de plat préparé ? Pendant longtemps, les scientifiques répondaient à cette question en comptant les nutriments : teneur en sucre, teneur en sel, teneur en graisses. Mais depuis les années 2000, une autre approche s’est imposée, qui interroge non plus ce que contient un aliment, mais ce qu’on lui a fait subir avant qu’il arrive dans notre assiette.

Alors, que sont les aliments ultra-transformés et comment sont-ils fabriqués ? Et comment expliquer qu’on ait tant de mal à s’arrêter d’en manger ?

Qu’est-ce qu’un aliment ultra-transformé ?

L’évolution des habitudes alimentaires ne se résume pas à une simple hausse des apports en sucre, en sel ou en gras. Elle traduit une transformation plus structurelle : des aliments et des recettes traditionnelles sont progressivement remplacés par des produits industriels standardisés. Carlos Monteiro propose de classer les aliments selon leur degré de transformation. En 2016, cette réflexion aboutit à la classification NOVA, qui répartit les aliments en quatre groupes distincts en fonction de leur degré de transformation et de l’objectif de la transformation5.

Nova 1 : les aliments bruts ou peu transformés

  • On retrouve dans ce groupe les fruits et légumes, les céréales, les viandes, les poissons, les œufs ou le lait. Ces aliments peuvent être lavés, découpés, séchés, pasteurisés ou congelés mais leur structure est très peu modifiée et rien d’autre n’y est ajouté.
  • Objectif de la transformation : conserver ou rendre consommable un aliment sans le modifier profondément.

Nova 2 : les ingrédients culinaires

  • Ce groupe inclut les ingrédients utilisés pour cuisiner et assaisonner les aliments du groupe 1. Il s’agit par exemple de l’huile, du beurre, du vinaigre, du sucre ou du sel. Ils sont obtenus à partir de ressources naturelles ou d’aliments bruts. On ne les consomme généralement pas seuls, mais en petites quantités pour préparer des plats.
  • Objectif de la transformation : produire des ingrédients pour cuisiner.

Nova 3 : les aliments transformés

  • Ce groupe correspond aux aliments du groupe 1 auxquels on ajoute un ou plusieurs ingrédients du groupe 2. Ces produits peuvent être préparés à la maison, dans un commerce artisanal ou en industrie. On y trouve par exemple le pain, le fromage, les légumes en conserve, les fruits au sirop ou un gâteau maison. Ils sont composés d’un nombre limité d’ingrédients.
  • Objectif de la transformation : conserver un aliment ou améliorer son goût avec quelques ingrédients simples.

Nova 4 : les aliments ultra-transformés

  • On retrouve dans ce groupe les formulations industrielles qui intègrent des ingrédients très transformés utilisés quasi exclusivement par l’industrie (sirop de glucose, maltodextrine, isolats de protéines, etc.) ainsi que des additifs destinés à modifier la texture, la couleur, ou encore le goût. Ces produits sont conçus avec l’objectif d’être pratiques, attractifs et de se conserver longtemps.
  • Objectif de la transformation : créer un produit industriel prêt à consommer, pratique, stable et attractif.

Déconstruire puis reconstruire : comment l’industrie fabrique ces produits

1 : la déconstruction ou « cracking »

Tout commence par des matières premières peu coûteuses issues de grandes monocultures subventionnées ou de sous-produits d’autres filières. Ces matières premières vont être transformées pour en extraire les différents composants. L’industrie les « démonte » en séparant les protéines, les sucres, les fibres ou les graisses. Cette étape permet d’obtenir des ingrédients standardisés : des poudres, des huiles ou des sirops, souvent incolores et parfois presque sans goût.

2 : la reconstruction

Ces poudres, huiles et sirops n’ont plus l’apparence ni la texture d’un aliment : ils doivent être réassemblés pour devenir un produit consommable. Tous ces éléments sont mélangés et retravaillés pour former une préparation uniforme et obtenir un produit stable. C’est à ce stade qu’interviennent les additifs. Des texturants sont ajoutés pour donner du moelleux ou du croustillant. Des émulsifiants sont utilisés pour créer de l’onctuosité. Des colorants viennent apporter une teinte attrayante. Des arômes servent à recréer le goût d’un fruit, d’une viande ou d’un ingrédient parfois absent du produit6.

Des produits conçus pour être irrésistibles

La conception des aliments ultra-transformés ne vise pas seulement à fabriquer des produits pratiques et peu coûteux. Pour l’industrie, elle a l’objectif de maximiser le plaisir ressenti lors de la consommation. Le « point de félicité » (bliss point)7 ou le plaisir augmente avec la quantité de sucre puis redescend quand la concentration devient trop élevée. Ces résultats sont aussi valables pour la quantité de sel ou de gras : il existe un niveau précis où le goût est jugé « juste parfait »8.

Des risques sanitaires nombreux et de mieux en mieux documentés

Depuis une dizaine d’années, un nombre croissant d’études scientifiques établissent un lien entre une consommation élevée d’aliments ultra-transformés et une augmentation du risque de nombreuses maladies chroniques. Des études suggèrent aussi un lien avec certains troubles de la santé mentale, comme les symptômes dépressifs ou certains troubles cognitifs.

Longtemps, ces effets ont été attribués uniquement à leur mauvaise composition nutritionnelle : trop de sucre, de sel ou de matières grasses. Mais les recherches récentes suggèrent une réalité plus complexe. Plusieurs travaux montrent en effet que les effets négatifs des aliments ultra-transformés persistent même lorsque les calories et les apports nutritionnels sont comparables, ce qui laisse penser que le problème ne se limite pas aux nutriments, mais tient aussi à la nature même de ces produits et aux procédés utilisés pour les fabriquer.

Un niveau de preuve robuste pour plusieurs facteurs de risque majeurs

Aujourd’hui, plus d’une centaine d’études convergent vers un même constat : une forte consommation d’aliments ultra-transformés est associée à un risque accru de nombreuses maladies chroniques : obésité, diabète de type 2, maladies cardiovasculaires et cérébro vasculaires, hypertension, dyslipidémie (déséquilibre du cholestérol et/ou des triglycérides) ou encore certains cancers9. Des travaux montrent également un lien avec des symptômes dépressifs, des troubles cognitifs et du sommeil et une mortalité globale plus élevée10. Des travaux, qui agrègent et évaluent les meilleures études disponibles, confirment le lien entre consommation élevée d’aliments ultra-transformés et un risque accru de 32 problèmes de santé. D’où une augmentation d’environ 18 % du risque de mortalité toutes causes confondues chez les personnes consommant le plus d’aliments ultra-transformés.

D’autres effets préoccupants en cours d’étude

Pour certaines pathologies, les preuves sont encore en cours de consolidation, mais les résultats disponibles sont suffisamment préoccupants pour mériter attention. C’est notamment le cas pour la santé intestinale, la reproduction et le foie.

Les mécanismes en jeu : comment les aliments ultra-transformés perturbent notre organisme

Les risques associés aux ultra-transformés et leur impact sur notre santé reposent sur un ensemble de mécanismes interconnectés. Voici un aperçu des principaux mécanismes impliqués.

Une composition nutritionnelle déséquilibrée

Les aliments ultra-transformés présentent un profil nutritionnel peu favorable. Ils sont riches en sucres, en sel et en graisses, tout en étant pauvres en fibres, vitamines, minéraux et composés bioactifs comme les polyphénols11. On parle de « calories vides » : beaucoup de calories, mais peu d’éléments bénéfiques pour l’organisme12. Une étude publiée dans The Lancet en 2024 montre que les deux tiers des aliments ultra-transformés présentent aussi un mauvais profil nutritionnel : trop de graisses saturées, de sel ou de sucre13.

La destruction de la matrice alimentaire

Imaginez un collier de perles. Les perles, ce sont les composants naturels d’un aliment : sucres, graisses, protéines, fibres, vitamines, etc. Et le fil, c’est ce qui les relie et les organise entre eux : leur structure naturelle. C’est la métaphore qu’utilise le chercheur Anthony Fardet pour décrire ce qu’est la matrice alimentaire14. Dans une pomme, une poignée d’amandes ou un œuf, ce fil est intact : tout est naturellement lié et organisé. Lors de la fabrication d’un aliment ultra-transformé, ce fil est coupé. Les procédés industriels démontent les aliments, isolent chaque composant, puis tentent de recréer ce fil artificiellement avec des additifs comme des gommes, des amidons modifiés, ou encore des émulsifiants. Le résultat ressemble à un aliment, il en a parfois le goût et la couleur grâce à l’ajout d’arômes et de colorants, mais sa structure naturelle a disparu15.

Des additifs aux effets préoccupants

Les aliments ultra-transformés contiennent généralement de nombreux additifs dits « cosmétiques » , ajoutés par les industriels pour rendre leurs produits plus beaux, plus savoureux et plus agréables en bouche. Ces substances, loin d’être anodines, se déclinent en plusieurs catégories aux effets préoccupants sur l’organisme.

  • Les colorants qui manipulent nos perceptions
  • Les exhausteurs de goût qui perturbent les mécanismes de satiété
  • Les agents de texture qui fragilisent le microbiote
  • Les édulcorants qui dérèglent notre glycémie
  • La présence de contaminants

Un système qui rend le changement difficile

Pourquoi, malgré les preuves qui s’accumulent, les aliments ultra-transformés occupent-ils toujours une place aussi prépondérante
dans nos sociétés ? Loin d’être le simple résultat de mauvais choix individuels, cette situation est en réalité le produit d’un système –
économique, marketing, politique – structurellement conçu pour que rien ne change.

Un système dominé par quelques géants qui imposent leurs règles

Derrière les aliments ultra-transformés, on retrouve une poignée de multinationales qui dominent largement le marché mondial. Huit entreprises – Nestlé, PepsiCo, Unilever, Coca-Cola, Danone, FEMSA, Mondelez et Kraft Heinz – représentaient à elles seules environ 42 % d’un marché estimé à 1 500 milliards de dollars en 2021. Autrement dit, près de la moitié du marché mondial est contrôlée par quelques groupes16.

The Illusion of Choice — Oxfam International (via Visual Capitalist, 2016)
Derrière des centaines de marques, une poignée de multinationales concentre l’essentiel du marché, donnant l’illusion d’un large choix aux consommateurs.

Un marketing omniprésent qui façonne nos comportements

Pour vendre toujours plus, les industriels des aliments ultra-transformés ne se contentent pas de répondre à une demande existante : ils créent la demande. Leur marketing est omniprésent, massif et de plus en plus sophistiqué. Il cible en priorité les publics les plus vulnérables, en particulier les enfants.

Une fabrique du doute qui sème la confusion scientifique

Certaines industries alimentaires ont été rachetées par des géants du tabac dans les années 1980 et 1990. Et elles n’ont pas seulement hérité de leurs moyens financiers : elles ont aussi repris certaines de leurs méthodes. L’industrie du tabac a été pionnière dans l’art de fabriquer le doute, c’est-à-dire de produire délibérément de l’incertitude scientifique à propos des effets néfastes du tabac. En parallèle, ces entreprises cherchent à déplacer la responsabilité vers les individus : si les gens sont en mauvaise santé, ce serait avant tout parce qu’ils manquent de volonté, font de mauvais choix ou ne bougent pas assez.

Comment repérer et éviter les aliments ultra-transformés au quotidien ?

Reconnaître un aliment ultra-transformé dans un rayon de supermarché est loin d’être évident : les emballages rassurants, les allégations santé et les marques familières brouillent les pistes. Pourtant, quelques réflexes simples permettent de s’y retrouver, et de faire des choix plus éclairés au quotidien.

Repérer les aliments ultra-transformés

Le premier réflexe consiste à regarder la liste des ingrédients. C’est elle qui permet de mieux comprendre la nature du produit. Une question simple peut aider : est-ce que ce produit contient uniquement des ingrédients que je pourrais avoir dans ma cuisine ? Si la réponse est oui, il y a de fortes chances qu’il s’agisse pas d’un aliment ultra-transformé. En revanche, si la liste contient des ingrédients qui ressemblent davantage à du vocabulaire industriel qu’à une recette, la vigilance s’impose.

Faire les bons choix au quotidien

Le plus simple consiste à privilégier les aliments bruts ou peu transformés. Plus un aliment se rapproche de sa forme d’origine, mieux c’est : fruits, légumes, légumineuses, œufs, céréales, viande, poisson… Les fruits et légumes surgelés, en conserve ou déjà préparés (épluchés, râpés, coupés) peuvent être de vrais alliés au quotidien quand on manque de temps. Contrairement à certaines idées reçues, les fruits ou légumes surgelés sont une option très intéressante : ils sont généralement congelés rapidement après avoir été récoltés, ce qui permet de conserver l’essentiel de leurs vitamines. Les conserves peuvent aussi être une bonne option : elles se gardent longtemps et conservent une grande partie de leurs apports nutritionnels. L’essentiel, quel que soit le format, est de choisir des produits simples, au plus proche de leur forme d’origine, sans préparations ajoutées. Par exemple, privilégier des carottes râpées nature plutôt que des carottes déjà assaisonnées avec une sauce.

Avoir chez soi en permanence des produits simples et faciles à assembler (riz, légumineuses, conserves, œufs, pâtes…) facilite grandement le quotidien. Cela permet de préparer rapidement un repas, même quand le temps ou l’énergie manquent, sans dépendre de produits tout prêts.

Cuisiner le plus possible est un levier important pour limiter les aliments ultra-transformés. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille passer des heures en cuisine ou se lancer dans des recettes complexes : dans la plupart des cas, l’assemblage d’ingrédients simples suffit à composer un repas. Cuisiner avec les enfants peut aussi faciliter les choses : cela permet de les occuper tout en préparant le repas, plutôt que de devoir gérer la cuisine en parallèle d’autres activités.

Cuisiner en plus grande quantité peut aussi faciliter le quotidien. Une partie peut être consommée sur le moment, et le reste congelé pour plus tard. Il suffit ensuite de réchauffer, ce qui permet de gagner du temps les jours où l’on en manque, sans avoir recours à des produits industriels.

Enfin, le moment du repas compte presque autant que son contenu. Prendre le temps de manger et mâcher, sans télévision ni téléphone, permet de mieux percevoir les saveurs, d’apprécier davantage les aliments et d’être plus à l’écoute de ses sensations de faim et de satiété. À l’inverse, manger devant un écran peut conduire à consommer environ 10 à 20 % de nourriture en plus, simplement parce que l’attention est détournée du repas17.

Dossier Yuka Aliments ultra-transformés


  1. Williams, Anne M., Couch, Catharine A., Emmerich, Samuel D., and Ogburn, Damon F., 2024. Ultra-processed Food Consumption in Youth and Adults: United States, August 2021–August 2023.
    Conway, R.E., Heuchan, G.N., Heggie, L. et al., 2024. Ultra-processed food intake in toddlerhood and mid-childhood in the UK: cross sectional and longitudinal perspectives. European Journal of Nutrition, 63, pp. 3149–3160. https://doi.org/10.1007/s00394-024-03496-7
    Mertens, E., Colizzi, C., and Peñalvo, J.L., 2022. Ultra-processed food consumption in adults across Europe. European Journal of Nutrition, 61(3), pp. 1521–1539. https://doi.org/10.1007/s00394-021-02733-7 ↩︎
  2. United Nations Children’s Fund (UNICEF), 2025. Feeding Profit. How food environments are failing children. Child Nutrition Report 2025. New York: UNICEF. ↩︎
  3. The New York Times, 1985. Philip Morris to Buy General Foods for $5.8 Billion. 28 September 1985. https://www.nytimes.com/1985/09/28/business/philip-morris-to-buy-general-foods-for-5.8-billion.html
    Fazzino, T.L., Jun, D., Chollet-Hinton, L., and Bjorlie, K., 2024. US tobacco companies selectively disseminated hyper-palatable foods into the US food system: empirical evidence and current implications. Addiction, 119, pp. 62–71.
    The Washington Post, 2023. Many of today’s unhealthy foods were brought to you by Big Tobacco. https://www.washingtonpost.com/wellness/2023/09/19/addiction-foods-hyperpalatable-tobacco/
    Brownell, K.D. and Warner, K.E., 2009. The Perils of Ignoring History: Big Tobacco Played Dirty and Millions Died. How Similar Is Big Food? The Milbank Quarterly, 87, pp. 259–294. https://doi.org/10.1111/j.1468-0009.2009.00555.x ↩︎
  4. van Tulleken, Chris, n.d. Ultraprocessed Food: Function, Mechanisms, Policy. Lecture available at: https://www.youtube.com/watch?v=pIQq6vbwtGc ↩︎
  5. Monteiro, C.A. et al., 2016. NOVA. The star shines bright. World Nutrition, 7(1–3). https://www.worldnutritionjournal.org/index.php/wn/article/view/5 ↩︎
  6. Fardet, A., 2018. Characterization of the Degree of Food Processing in Relation With Its Health Potential and Effects. Advances in Food and Nutrition Research, 85, pp. 79–129. https://doi.org/10.1016/bs.afnr.2018.02.002 ↩︎
  7. Ce concept est développé dans les années 1970 par le psychologue américain Howard Moskowitz, formé à Harvard. Chercheur spécialisé dans l’étude du goût, il publie à l’époque plusieurs travaux scientifiques sur la relation entre concentration de sucre et plaisir ressenti ↩︎
  8. Moskowitz, Howard R. and Gofman, Alex, 2007. Selling Blue Elephants: How to Make Great Products That People Want Before They Even Know They Want Them. https://ptgmedia.pearsoncmg.com/images/9780136136682/samplepages/0136136680.pdf ↩︎
  9. Monteiro, C.A., Louzada, M.L., Steele-Martinez, E., Cannon, G., Andrade, G.C., Baker, P., Bes-Rastrollo, M., Bonaccio, M., Gearhardt, A.N., Khandpur, N., Kolby, M., Levy, R.B., Machado, P.P., Moubarac, J.C., Rezende, L.F.M., Rivera, J.A., Scrinis, G., Srour, B., Swinburn, B., and Touvier, M., 2025. Ultra-processed foods and human health: the main thesis and the evidence. The Lancet, 406(10520), pp. 2667–2684. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(25)01565-X
    Neri, D., Steele, E.M., Khandpur, N., Cediel, G., Zapata, M.E., Rauber, F., Marrón-Ponce, J.A., Machado, P., da Costa Louzada, M.L., Andrade, G.C., Batis, C., Babio, N., Salas-Salvadó, J., Millett, C., Monteiro, C.A., and Levy, R.B., 2022. Ultraprocessed food consumption and dietary nutrient profiles associated with obesity: A multicountry study of children and adolescents. Obesity Reviews, 23(Suppl 1), e13387. https://doi.org/10.1111/obr.13387
    Srour, B., Fezeu, L.K., Kesse-Guyot, E., Allès, B., Méjean, C., Andrianasolo, R.M., Chazelas, E., Deschasaux, M., Hercberg, S., Galan, P., Monteiro, C.A., Julia, C., and Touvier, M., 2019. Ultra-processed food intake and risk of cardiovascular disease: prospective cohort study (NutriNet-Santé). BMJ, 365:l1451. https://doi.org/10.1136/bmj.l1451
    Mendonça, R.D., Lopes, A.C., Pimenta, A.M., Gea, A., Martinez-Gonzalez, M.A., and Bes-Rastrollo, M., 2017. Ultra-Processed Food Consumption and the Incidence of Hypertension in a Mediterranean Cohort: The Seguimiento Universidad de Navarra Project. American Journal of Hypertension, 30(4), pp. 358–366. https://doi.org/10.1093/ajh/hpw137
    Dai, S., Wellens, J., Yang, N., Li, D., Wang, J., Wang, L., Yuan, S., He, Y., Song, P., Munger, R., Kent, M.P., MacFarlane, A.J., Mullie, P., Duthie, S., Little, J., Theodoratou, E., and Li, X., 2024. Ultra-processed foods and human health: An umbrella review and updated meta-analyses of observational evidence. Clinical Nutrition, 43(6), pp. 1386–1394. https://doi.org/10.1016/j.clnu.2024.04.016
    Wang, C., Du, M., Kim, H., Nguyen, L.H., Wang, Q.L., Drew, D.A., Leeming, E.R., Khandpur, N., Sun, Q., Zong, X., Gweon, T.G., Ogino, S., Ng, K., Berry, S., Giovannucci, E.L., Song, M., Cao, Y., and Chan, A.T., 2026. Ultraprocessed Food Consumption and Risk of Early-Onset Colorectal Cancer Precursors Among Women. JAMA Oncology, 12(1), pp. 49–57. https://doi.org/10.1001/jamaoncol.2025.4777
    Kliemann, N., Rauber, F., Bertazzi Levy, R. et al., 2023. Food processing and cancer risk in Europe: results from the prospective EPIC cohort study. The Lancet Planetary Health, 7, pp. e219–e232.
    Beslay, M., Srour, B., Méjean, C., Allès, B., Fiolet, T., Debras, C., Chazelas, E., Deschasaux, M., Wendeu-Foyet, M.G., Hercberg, S., Galan, P., Monteiro, C.A., Deschamps, V., Calixto Andrade, G., Kesse-Guyot, E., Julia, C., and Touvier, M., 2020. Ultra-processed food intake in association with BMI change and risk of overweight and obesity: A prospective analysis of the French NutriNet-Santé cohort. PLOS Medicine, 17(8), e1003256. https://doi.org/10.1371/journal.pmed.1003256
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  10. Adjibade, M., Julia, C., Allès, B., Touvier, M., Lemogne, C., Srour, B., Hercberg, S., Galan, P., Assmann, K.E., and Kesse-Guyot, E., 2019. Prospective association between ultra-processed food consumption and incident depressive symptoms in the French NutriNet-Santé cohort. BMC Medicine, 17(1), 78. https://doi.org/10.1186/s12916-019-1312-y
    World Health Organization (WHO), 2024. Commercial determinants of noncommunicable diseases in the WHO European Region. https://www.who.int/europe/publications/i/item/9789289061162
    Mendoza, K., Smith-Warner, S.A., Rossato, S.L., Khandpur, N., Manson, J.E., Qi, L., Rimm, E.B., Mukamal, K.J., Willett, W.C., Wang, M., Hu, F.B., Mattei, J., and Sun, Q., 2024. Ultra-processed foods and cardiovascular disease: analysis of three large US prospective cohorts and a systematic review and meta-analysis of prospective cohort studies. The Lancet Regional Health – Americas, 37, 100859. https://doi.org/10.1016/j.lana.2024.100859 ↩︎
  11. Leitão, A.E., Roschel, H., Oliveira-Júnior, G., Genario, R., Franco, T., Monteiro, C.A., and Martinez-Steele, E., 2024. Association between ultra-processed food and flavonoid intakes in a nationally representative sample of the US population. British Journal of Nutrition, 131(6), pp. 1074–1083. https://doi.org/10.1017/S0007114523002568 ↩︎
  12. Martini, D., Godos, J., Bonaccio, M., Vitaglione, P., and Grosso, G., 2021. Ultra-Processed Foods and Nutritional Dietary Profile: A Meta-Analysis of Nationally Representative Samples. Nutrients, 13(10), 3390. https://doi.org/10.3390/nu13103390
    Fardet, A., 2018. Characterization of the Degree of Food Processing in Relation With Its Health Potential and Effects. Advances in Food and Nutrition Research, 85, pp. 79–129. https://doi.org/10.1016/bs.afnr.2018.02.002 ↩︎
  13. Popkin, B.M., Miles, D.R., Taillie, L.S., and Dunford, E.K., 2024. A policy approach to identifying food and beverage products that are ultra-processed and high in added salt, sugar and saturated fat in the United States: a cross-sectional analysis of packaged foods. The Lancet Regional Health – Americas, 32, 100713. https://doi.org/10.1016/j.lana.2024.100713 ↩︎
  14. Fardet, Anthony, 2020. L’effet matrice des aliments. Webinar SIGA. https://www.youtube.com/watch?v=_41Ak_XIK0c ↩︎
  15. Fardet, A. and Rock, E., 2014. Toward a new philosophy of preventive nutrition: from a reductionist to a holistic paradigm to improve nutritional recommendations. Advances in Nutrition, 5(4), pp. 430–446. https://doi.org/10.3945/an.114.006122 ↩︎
  16. Baker, P., Slater, S., White, M., Wood, B., Contreras, A., Corvalán, C., Gupta, A., Hofman, K., Kruger, P., Laar, A., Lawrence, M., Mafuyeka, M., Mialon, M., Monteiro, C.A., Nanema, S., Phulkerd, S., Popkin, B.M., Serodio, P., Shats, K., van Tulleken, C., Nestle, M., and Barquera, S., 2025. Towards unified global action on ultra-processed foods: understanding commercial determinants, countering corporate power, and mobilising a public health response. The Lancet, 406(10520), pp. 2703–2726. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(25)01567-3 ↩︎
  17. Garg, D., Smith, E., and Attuquayefio, T., 2025. Watching Television While Eating Increases Food Intake: A Systematic Review and Meta-Analysis of Experimental Studies. Nutrients, 17(1), 166. https://doi.org/10.3390/nu17010166
    Bai, J., Zhu, H., Ran, X., Qu, H., He, L., and Zhao, Y., 2025. The time-stamped effects of screen exposure on food intake in adults: A meta-analysis of experimental studies. Appetite, 206, 107846. https://doi.org/10.1016/j.appet.2024.107846 ↩︎

Ultra-transformation dans l’alimentation : les solutions existent, il est temps de changer d’échelle

À l’initiative, notamment, du Collectif En Vérité, un colloque consacré aux aliments ultra-transformés (AUT) s’est tenu le 28 mai dernier à l’Assemblée nationale, réunissant parlementaires, scientifiques, associations, acteurs de santé publique et les marques de l’agroalimentaire. Cette rencontre a permis d’illustrer concrètement que des solutions existent déjà pour réduire la place des aliments ultra-transformés dans notre alimentation. La transition est déjà en marche.

Quand le cadre est clair, les entreprises innovent avec l’objectif de faire de l’exception la norme

« L’ultra-transformation est un sujet majeur de santé publique, mais nous ne réglerons pas ce défi en opposant “les gentils” et “les méchants”. Des industriels ont déjà démontré qu'il était possible de reformuler des produits du quotidien en réduisant le recours à certains ingrédients et procédés caractéristiques de l'ultra-transformation. Nuggets, jambon, guacamole, sauces ou encore desserts : dans de nombreuses catégories, des alternatives plus simples existent déjà. Nous sommes à un moment charnière : le défi n'est plus de savoir si cette transformation est possible, mais de créer les conditions pour qu'elle devienne la norme » précise David Garbous, cofondateur et Président du Collectif en Vérité

L’expérience du Nutri-Score l’a démontré : lorsque les consommateurs disposent d’une information simple et lisible, ils font évoluer leurs choix. Et lorsque les entreprises bénéficient d’un cadre clair, elles innovent. En quelques années, cet outil a contribué à faire émerger une dynamique de reformulation dans de nombreuses catégories de produits. Le même mouvement pourrait aujourd’hui s’engager autour de l’ultra-transformation. Pour accompagner les industriels, les équipes de l’INSERM travaillent actuellement avec l’OMS Europe à l’identification de marqueurs objectifs de l’ultra-transformation. Une première version de ce référentiel est attendue d’ici fin 2026. En donnant aux entreprises des repères clairs et partagés, ces travaux permettront d’accélérer les démarches de reformulation déjà engagées par de nombreux acteurs. L’objectif est désormais de faire changer d’échelle ces initiatives pionnières pour faire de la transparence alimentaire et de la réduction de l’ultra-transformation la norme plutôt que l’exception.

La preuve par le goût

Le colloque s’est conclu par une dégustation comparative à l’aveugle organisée par GOÛM autour de plusieurs produits du quotidien. L’objectif : confronter les participants à une réalité simple. Réduire l’ultra-transformation ne signifie pas renoncer au plaisir. Il est possible de proposer des produits plus simples, plus lisibles et moins ultra-transformés tout en conservant les qualités gustatives attendues par les consommateurs.

L’Observatoire des Médias sur l’Écologie décrypte en temps réel le traitement médiatique des enjeux environnementaux

Partant du constat que le traitement médiatique des enjeux environnementaux pourrait s’améliorer en quantité comme en qualité, L’Observatoire des Médias sur l’Écologie a pour objectif de fournir des données publiques, fiables et transparentes sur l’état de la couverture médiatique des crises environnementales via un « commun » numérique. Son ambition : être un outil automatisé de suivi, de formation et de mobilisation citoyenne qui serve la transition écologique.


Observer l’information environnementale dans les médias

Mesurer de manière fiable et précise la manière dont les médias évoquent la crise écologique est essentiel

Selon le sixième rapport du GIEC, « les médias jouent un rôle crucial dans la formation des perceptions, la compréhension et la volonté d’agir du public vis-à-vis du changement climatique ». Être capable de mesurer de manière fiable et précise la manière dont les médias évoquent la crise écologique est donc essentiel. Les thématiques liées à l’environnement, au climat et à l’écologie figurent parmi les principales préoccupations des Françaises et des Français. Pourtant, selon l’ARCOM, ce sont sur ces sujets qu’ils-elles se sentent le moins bien informé-e-s.

Nous nous informons encore largement via les médias traditionnels, en particulier la télévision et la radio (ARCOM, 2023). Le journal télévisé demeure le premier moyen d’information de la population. Quant à la presse écrite, avec 74 millions de visites totalisées chaque jour sur les sites internet et les applications des médias de presse, elle est sans conteste un vecteur d’influence majeur auprès du public.

L’Observatoire des Médias sur l’Écologie entend mesurer la part des sujets environnementaux dans les contenus d’information des médias. Il fournit des données objectives, fiables et unifiées au grand public pour lui permettre d’analyser comment les médias traitent des questions écologiques.

Soirée de lancement de l’Observatoire des médias sur l’écologie
L’Observatoire des Médias sur l’Écologie est porté par un consortium d’acteurs composé des organisations Data for Good, Eleven strategy, Expertises Climat, Mediatree, Pour plus de climat dans les médias, QuotaClimat et éclaircies.

« Les médias peuvent avoir un impact significatif pour faire progresser la conscience climatique et la légitimité des actions engagées. Ils cadrent et transmettent des informations sur le changement climatique, ils jouent un rôle crucial sur la perception et la compréhension du public, et sur sa volonté d’agir. »

GIEC, 6e rapport d’évaluation, 2021
Expertises Climat : Ensemble, chercheurs et journalistes, éclairons le débat médiatique sur l’environnement

L’environnement encore peu couvert dans la presse française, malgré un traitement plus régulier qu’en télévision et en radio

En 2026, l’Observatoire des Médias sur l’Écologie (OME) élargit son champ d’analyse à la
presse écrite française, quinze mois après l’audiovisuel. Ce consortium de huit structures dispose d’un outil en ligne qui analyse en permanence le traitement des enjeux environnementaux par la presse nationale et régionale. Il ne mesure pas seulement la quantité d’articles traitant d’environnement, mais dévoile aussi la qualité de ce traitement : les articles parlent-ils des causes des bouleversements environnementaux ? De leurs conséquences sur notre société ? Et des solutions pour y faire face ? Il s’agit d’une première mondiale.

Pour cette analyse, l’Observatoire des Médias sur l’Écologie (OME) a suivi en temps réel la place accordée aux enjeux écologiques - changement climatique, érosion de la biodiversité, raréfaction des ressources - dans 55 titres de presse : quotidiens nationaux, presse régionale, magazines d’information et l’AFP. Le périmètre de l’analyse couvre : 100 % de la presse quotidienne nationale, 61 % de la presse quotidienne régionale, à l’exception notable de Ouest-France et du Dauphiné Libéré, ainsi que 7 magazines d’information.

Une place encore limitée de l’environnement en presse écrite

En 2025, 6 % des articles de presse ont couvert les enjeux environnementaux. C’est une moyenne :
ce chiffre est de 8,1 % pour la presse nationale (presse quotidienne ou magazine) et de 4,6 % pour la
presse quotidienne régionale. Pour la télévision et la radio, cette moyenne est de 5 %. La couverture des enjeux environnementaux par la presse écrite est plus élevée au quotidien et moins soumise à l’actualité chaude (canicules, inondations…) que dans les médias audiovisuels.


Surface éditoriale

Données sur l’évolution du volume d’articles consacré aux enjeux environnementaux dans la presse d’information généraliste nationale et régionale, avec un focus sur les variations de la couverture médiatique entre les grandes thématiques que sont le climat, la biodiversité et les ressources naturelles.


Un traitement variable en quantité et en qualité selon les titres de presse

Sur la quantité :

  • L’Agence France-Presse joue un rôle prescripteur : elle est le premier média national en volume de production d’articles environnementaux. En proportion, elle se situe dans la moyenne des titres de la presse française, malgré la nécessité de couvrir l’ensemble de l’actualité mondiale.
  • Parmi les titres de presse nationale, ce sont les quotidiens économiques (La Tribune : 21%, Les Echos : 14%) qui couvrent le plus les questions environnementales, grâce à un traitement plus transversal – au sein de plusieurs rubriques. Les titres généralistes qui ont la couverture la plus élevée : Le Monde (10,4%) et Libération (9,5%). Marianne (4,5 %) et le Journal du Dimanche (3,3 %) sont les titres qui en parlent le moins.
  • En presse quotidienne régionale, la part moyenne d’articles consacrés à l’environnement est inférieure par rapport à celle des titres de presse nationale. Les titres qui se démarquent : Nice-Matin (6,7%), Var-Matin (6,2%) et Le Populaire du Centre (6,2%).
  • La couverture de la COP 30 révèle une forte asymétrie éditoriale, à la fois entre médias nationaux (Libération ayant réalisé 20 fois plus d’articles mentionnant la COP que le JDD par exemple), et entre les titres régionaux (les Hauts de France ayant bénéficié de 24 fois plus d’articles que la Bourgogne).

Sur la qualité :

  • La mise en contexte lors d’événements climatiques extrêmes (qui consiste à expliquer le rôle éventuel du changement climatique lors d’une canicule ou lors d’une inondation, par exemple) varie fortement
    entre rédactions
  • Le lien avec le changement climatique est mentionné : dans 50 % des cas par les principaux titres de la presse nationale (Le Monde, La Croix, L’Humanité, Le Nouvel Obs, etc.), dans 20% des cas par la presse quotidienne régionale (avec des différences notables entre titres de PQR).
  • Le lien avec les causes du réchauffement climatique est mentionné : dans plus de 30% des cas par les principaux titres de la presse nationale, dans 15% des cas par la presse quotidienne régionale (avec des différences notables entre titres de PQR).
  • Si la canicule de juin-juillet 2025 a été plus couverte en volume par la presse régionale et particulièrement dans les régions les plus touchées (11 fois plus d’articles en Occitanie qu’en Bourgogne-Franche-Comté), la contextualisation est faible : seulement 7% des articles traitant de la canicule mentionnent les constats liés au changement climatique (4 fois moins que la presse nationale), 3% les causes de la crise climatique (5 fois moins que la presse nationale), 7% les solutions pour y répondre (3 fois moins que la presse nationale).

Focus 2026 : le traitement des inondations par la presse française

  • Les titres des régions les plus touchées ont davantage couvert le sujet en quantité (8 fois plus d’articles en Occitanie qu’en Bourgogne-Franche-Comté). 
  • Les solutions ont été plus visibles que lors des canicules : 23% d’articles de la presse régionale et nationale en font mention. 
  • En revanche, seuls 8% des articles traitant des inondations mentionnent le changement climatique (4 fois moins que la presse nationale) et 3% des articles mentionnent les causes du changement climatique (6 fois moins que la presse nationale).
Bâtir un contre-pouvoir tech citoyen.
Mettre la technologie au service de l’intérêt général tout en luttant contre l’hégémonie des schémas de pensée qui l’ont engendrée : c’est ce chemin de crête que nous souhaitons emprunter pour que le numérique soit émancipateur.

L’environnement à la Une : des choix éditoriaux contrastés, Le Monde en tête

  • Le Monde, La Croix et les Échos sont les trois titres qui ont le plus souvent réservé une place de premier plan aux sujets environnementaux (a minima dans 50 % de leur Unes).
  • À l’inverse, Le Point, M Magazine et Le Figaro Magazine sont ceux qui leur ont accordé le moins de visibilité : moins de 10 % de leurs Unes contenaient un article sur l’environnement en 2025.
  • Ces chiffres dépendent en partie des formats des Unes (berlinois ou tabloïd), qui permettent d’inclure plus ou moins de texte, mais traduisent aussi des choix éditoriaux.  

Présentation des résultats au Théâtre de la Concorde

Dossier de l’Observatoire des médias sur l’écologie

Désinformation climatique dans les médias audiovisuels

  • La désinformation climatique est définie comme un discours faux ou trompeur et à haut risque d’induire le public en erreur sur des faits avérés par l’état des connaissances scientifiques à propos du changement climatique et de l’action climatique concernant les mesures d’atténuation et d’adaptation telles qu’établies par le GIEC.
  • La mésinformation climatique se distingue par l’absence de volonté démontrée du locuteur de nuire, pouvant donc relever de l’erreur, ou de la perméabilité à des récits trompeurs.

Les médias à l’épreuve de la désinformation climatique

Ensemble, faisons des médias des alliés de la transition écologique

Y7 : 136 recommandations de la jeunesse engagée aux dirigeants du G7 pour agir contre la polycrise

Le Y7, Sommet de la Jeunesse du G7, dénonce l’absence de l’écologie et condamne « l’exclusion des questions climatiques des priorités de l’Agenda du G7 2026″. Face à ce constat, Cdurable.info publie l’appel de la jeunesse engagée à financer les « solutions fondées sur la nature« . Le texte a été traduit en français en conservant toute la solennité, l’urgence et la précision technique de leurs 136 recommandations autour de 3 priorités pour lutter contre la polycrise : les déséquilibres démographiques et économiques, les perturbations technologiques et la crise écologique

Appel à l’action destiné aux dirigeants du G7 pour lutter contre la polycrise

les jeunes expriment des inquiétudes croissantes face à des politiques qui semblent souvent privilégier les actions à court terme au détriment de solutions durables, équitables, inclusives et d’avenir

Nous, jeunes représentants des membres du G7 réunis à Paris du 17 au 20 mai 2026, appelons de toute urgence les dirigeants du G7 à prendre des mesures décisives, concrètes et percutantes pour lutter contre la polycrise.

@ Adrien Thibault

Le paysage mondial actuel ne se définit plus par des crises isolées et de court terme. Il est plutôt caractérisé par la polycrise : un réseau complexe de défis interconnectés qui s’amplifient mutuellement et entraînent des risques systémiques. Les déséquilibres économiques et démographiques, les perturbations technologiques, les bouleversements géopolitiques et la crise écologique convergent pour remodeler l’ordre mondial.

Partout dans le monde, les jeunes expriment des inquiétudes croissantes face à des politiques qui semblent souvent privilégier les actions à court terme au détriment de solutions durables, équitables, inclusives et d’avenir. En réponse, le Y7 appelle à des approches qui non seulement répondent aux défis présents, mais jettent également les bases d’un avenir résilient, soucieux des besoins des générations futures et des enjeux pressants de demain.

Cela exige un engagement renouvelé en faveur du multilatéralisme, ancré dans le respect du droit international, une gouvernance inclusive, la protection des écosystèmes, un accès équitable aux opportunités d’innovation numérique et des réponses d’avenir aux défis économiques associés au vieillissement des populations. De plus, en cette période de polycrise, nous condamnons l’exclusion des questions climatiques des priorités de l’agenda du G7 de 2026.

nous condamnons l’exclusion des questions climatiques des priorités de l’agenda du G7 de 2026

Le Y7 exhorte les dirigeants du G7 à adopter des actions audacieuses, coordonnées et multilatérales pour lutter contre la polycrise, notamment :

  • Anticiper et traiter les impacts économiques, sociaux et culturels d’une société vieillissante en concevant un nouveau pacte social entre les générations actuelles et futures.
  • Développer un cadre international régissant les usages civils et militaires de l’intelligence artificielle (IA) et des technologies émergentes, parallèlement à des mécanismes garantissant une mise en œuvre efficace et coopérative.
  • Défendre le droit international et renforcer les approches coopératives face aux défis mondiaux et aux menaces hybrides auxquelles sont confrontés les membres du G7, en réaffirmant leur soutien indéfectible aux institutions et conventions internationales, notamment celles facilitées par l’ONU.
  • Combattre la manipulation de l’information, y compris la désinformation climatique, en établissant un cadre multilatéral contraignant applicable aux plateformes numériques, garantissant la responsabilité des contenus publiés et la protection des scientifiques et des militants, une transparence algorithmique accrue et une surveillance significative.
  • Réorienter les flux financiers publics et privés vers des investissements d’avenir, en particulier vers les solutions climatiques et fondées sur la nature, afin de soutenir une croissance durable, de sortir progressivement des énergies fossiles et de relever les défis structurels à long terme.

Nous nous réjouissons d’avoir pu nous réunir à Paris et échanger avec les responsables du gouvernement français et les représentants des membres du G7 en France. Le Y7 a hâte de présenter personnellement ces recommandations aux dirigeants du G7 lors du sommet du G7 2026 à Évian.

1. Lutter contre les déséquilibres démographiques et économiques

Le vieillissement de la population façonne nos économies et nos sociétés, exerçant une pression croissante sur les marchés du travail, les systèmes de protection sociale, l’accès au logement et la résilience économique à long terme. À mesure que les équilibres démographiques évoluent, les gouvernements doivent adapter leurs institutions et leurs politiques pour soutenir une croissance durable et inclusive. Dans ce contexte, les questions démographiques doivent être placées au cœur de la prise de décision multilatérale.

Notre appel vise à favoriser la solidarité intergénérationnelle, et non la division entre les générations. À soutenir les personnes qui souhaitent avoir des enfants, et non à pousser les femmes à la maternité. À renforcer une croissance inclusive, et non à encourager des réponses d’exclusion face au changement démographique.

Protéger l’investissement public d’avenir face aux pressions des dépenses démographiques

  • Allouer un minimum de 5 % du PIB à l’investissement public d’avenir afin de soutenir une croissance durable et de répondre aux défis structurels à long terme.
  • Limiter strictement l’emprunt public au financement des investissements à long terme et à la gestion des crises, en excluant les dépenses courantes telles que les pressions liées aux dépenses de vieillissement.
  • Établir un pacte social par lequel les gouvernements du G7 s’engagent à veiller à ce que les ressources libérées par la baisse des taux de natalité soient réorientées vers des priorités d’avenir plutôt qu’absorbées par les dépenses courantes liées à l’âge.

Réformer les systèmes de retraite pour garantir la durabilité et l’équité intergénérationnelle

  • Associer des retraites publiques justes et durables à des éléments renforcés de capitalisation, afin de garantir la stabilité financière à long terme, l’équité intergénérationnelle et la résilience face aux changements démographiques.
  • Soutenir le vieillissement actif par des politiques qui encouragent le maintien sur le marché du travail des adultes plus âgés, des parcours de retraite flexibles et l’indexation de l’âge de la retraite sur l’espérance de vie, afin de répartir équitablement la charge du maintien du système de retraite entre toutes les générations.
  • Atténuer les pressions démographiques par des politiques de migration de main-d’œuvre efficaces et équitables qui maintiennent la stabilité sociale et garantissent une intégration réussie dans la population active et la société.

Moderniser les systèmes de protection sociale pour refléter l’évolution des trajectoires de vie, des modèles d’emploi, des responsabilités de soins et de la mobilité professionnelle

  • Intégrer formellement le travail non rémunéré de soins aux personnes âgées et à la famille dans les systèmes de protection sociale (crédits de pension pour les aidants, congés de proche aidant, éligibilité à l’assurance et soutien au revenu), en reconnaissant que le vieillissement démographique crée une charge de travail invisible portée de manière disproportionnée par les adultes en âge de travailler, en particulier les femmes.
  • Repenser les systèmes nationaux de protection sociale pour refléter les transitions de vie de plus en plus non linéaires des jeunes générations, en étendant le soutien à ceux qui occupent des emplois à temps partiel, des emplois de plateformes (gig work) et des emplois précaires grâce à des prestations transférables et simplifiées (ex: avantages employeurs essentiels, prestations d’État, formation professionnelle) qui suivent les individus d’un emploi et d’une étape de vie à l’autre.
  • Établir un accord du G7 sur la portabilité des retraites pour garantir que les travailleurs migrants puissent conserver et cumuler leurs cotisations de retraite d’une juridiction à l’autre, renforçant ainsi la mobilité de la main-d’œuvre et la sécurité financière à long terme.

Élargir l’accès des jeunes à un logement abordable et réduire les inégalités de logement intergénérationnelles

  • Lever les barrières structurelles d’accès à la propriété pour les jeunes générations, en particulier celles causées par la hausse des prix de l’immobilier et l’accès limité à des financements abordables, qui peuvent freiner la natalité et aggraver la crise démographique.
  • Réduire les coûts, les délais et les incertitudes dans la construction de logements en s’attaquant aux obstacles administratifs et réglementaires.
  • Développer l’accès des jeunes au logement abordable en investissant dans la construction et l’entretien de logements publics et accessibles, en accordant un accès prioritaire aux jeunes et en créant des incitations pour que les propriétaires privés louent à des jeunes.
  • Empêcher une financiarisation accrue du logement, limiter les investissements spéculatifs, s’attaquer aux logements vacants de longue durée, réguler les locations de courte durée et lutter contre les incitations existantes qui maintiennent artificiellement la pénurie de logements et gonflent la valeur des actifs, en veillant à ce que le logement soit traité avant tout comme un bien social.
@ Adrien Thibault

Réduire les inégalités de richesse intergénérationnelles en élargissant l’accès des jeunes au capital et à l’accumulation d’actifs

  • Mettre en place des politiques de constitution de patrimoine pour les jeunes, telles que des dotations de capital de départ ou des comptes fiduciaires financés par l’État à la naissance (sur le modèle des baby bonds), fournissant sous conditions un capital fondateur pour la constitution d’actifs afin de réduire les disparités de richesse intra-générationnelles et le fossé de richesse intergénérationnel.
  • Réduire les barrières structurelles à la constitution de patrimoine par des incitations fiscales ciblées pour les moins de 35 ans, des financements publics à faible taux d’intérêt pour l’entrepreneuriat, l’éducation et l’accession à la propriété, et des programmes d’autonomie financière permettant une gestion éclairée des actifs.
  • Créer des incitations fiscales et autres pour encourager des transferts de richesse intergénérationnels plus précoces, permettant l’accès au capital au moment où il a le plus grand impact économique.
  • Soutenir l’accession à la propriété des jeunes par des mécanismes tels que des programmes de premier logement pour les jeunes, des programmes de prêts hypothécaires à faible apport garantis par l’État, des modèles de location-vente, la propriété partagée et des incitations pour les promoteurs privés.

Élargir la participation au marché du travail par des politiques d’emploi inclusives et adaptées à la démographie

  • Créer des incitations économiques pour une participation significative, productive et centrée sur l’humain à la population active en investissant dans un vieillissement actif et en bonne santé, ainsi que dans la formation tout au long de la vie, la montée en compétences (upskilling) et la reconversion (reskilling) pour prévenir l’obsolescence des connaissances.
  • Éliminer les barrières structurelles à la participation au marché du travail en s’attaquant à la « pénalité de maternité », en réformant les systèmes de congé parental grâce à des congés adéquatement rémunérés pour les deux parents et des quotas non transférables pour les pères, et en améliorant l’intégration des migrants et des jeunes NEET (ni en emploi, ni en études, ni en formation) dans la population active.
  • Inciter les employeurs à relever les défis auxquels sont confrontés les aidants professionnels par un soutien administratif, une plus grande flexibilité du temps de travail et un meilleur équilibre avec la vie personnelle, leur permettant de mieux soutenir leurs proches dépendants sans nuire à leur participation au marché du travail ou à leur productivité.

Améliorer l’accès à un emploi stable et renforcer le développement de la main-d’œuvre pour l’avenir du travail

  • Inciter les employeurs à embaucher et à former des travailleurs en début de carrière par le biais de l’apprentissage, de passerelles de l’école au travail, de partenariats public-privé et de subventions salariales temporaires, en particulier dans les secteurs durables et émergents, tout en veillant à ce que les rôles de premier échelon soutenus par des fonds publics offrent des salaires décents, un développement des compétences, la stabilité contractuelle et des perspectives d’évolution.
  • Instaurer des pactes de talents sectoriels dans les secteurs en pénurie de main-d’œuvre qui requièrent des compétences stratégiques, notamment la santé, la construction et l’énergie verte, afin de rendre ces secteurs plus attractifs pour les jeunes travailleurs en garantissant des parcours de formation.
  • Garantir des conditions de travail durables ainsi que des salaires minimums justes et équitables, alignés sur le coût de la vie.

Moderniser l’éducation, la formation tout au long de la vie et les systèmes de mobilité professionnelle

  • Moderniser les systèmes d’éducation et de formation par une coopération plus étroite avec l’industrie, des programmes d’études plus flexibles et un soutien ciblé au développement des compétences.
  • Garantir l’accès à l’enseignement post-secondaire par des frais de scolarité abordables, des bourses élargies couvrant également les frais de subsistance, et des systèmes de remboursement basés sur le revenu qui réduisent le risque d’un endettement insoutenable.
  • Soutenir les transitions professionnelles et améliorer la reconnaissance des qualifications et des diplômes grâce à des temps de formation rémunérés garantis et des financements dédiés.

Renforcer la représentation politique et la participation des jeunes générations dans les processus de décision

  • Mandater des évaluations d’impact ex ante déterminant les répercussions sur la jeunesse et les générations futures pour toute législation ayant des implications financières.
  • Institutionnaliser la représentation politique des jeunes par le biais d’organes consultatifs permanents de la jeunesse dotés d’une influence formelle sur les politiques à long terme.
  • Abaisser le droit de vote et l’âge minimal d’éligibilité à 18 ans pour tous les mandats électoraux.
  • Renforcer l’éducation civique au sein des écoles secondaires pour sensibiliser les jeunes à la possibilité de poursuivre des carrières politiques et à s’engager davantage dans la vie de la cité.
@ Adrien Thibault

2. Lutter contre les perturbations technologiques

Les développements technologiques rapides menacent de bouleverser nos fondements socio-économiques, avec un impact particulier sur la jeunesse. Les délégués de la jeunesse du G7 2026 exhortent le G7 à développer un avenir numérique sûr, durable et démocratique pour les générations qui subiront les coûts vertigineux de la polycrise actuelle.

Nous appelons les dirigeants du G7 à:

  • Mettre en œuvre un cadre multilatéral de gouvernance de l’IA et accroître la transparence dans le déploiement des technologies émergentes.
  • Tenir les entreprises technologiques pour responsables afin de protéger les jeunes des préjudices causés par les biais algorithmiques et la désinformation.
  • Garantir un accès inclusif et équitable à l’éducation et à la technologie pour accroître les opportunités économiques et d’innovation.

Renforcer les cadres globaux de gouvernance des technologies émergentes au niveau du G7

  • Mettre en place un Conseil permanent de gouvernance des technologies émergentes (ETGC) du G7, composé d’autorités nationales indépendantes et incluant un groupe permanent de représentants de la jeunesse, chargé de standardiser les procédures d’autorisation, de supervision et de réponse aux incidents sur la base des principes d’Hiroshima sur l’IA.
  • Renforcer le mandat des autorités nationales indépendantes responsables de la surveillance du cycle de vie des technologies d’IA émergentes.
  • Aligner les attentes de sécurité du G7 et l’accès au marché via des garde-fous communs et des cadres de conformité mutuelle discrétionnaires avec reconnaissance accélérée.
  • Développer un label de confiance du G7 (G7 Trust Label) volontaire pour évaluer les systèmes d’IA sur la base de leur conformité aux normes éthiques, aux exigences de sécurité, à la protection des mineurs et aux critères de durabilité environnementale.

Assurer la transparence et réduire les biais à travers les écosystèmes d’IA

  • Garantir des normes de protection des données robustes et interopérables, fondées sur la transparence, le pré-consentement éclairé, la collecte minimale de données et la traçabilité, en alignement avec le RGPD.
  • Restreindre le transfert commercial, la vente ou l’exploitation automatisée de données sensibles (biométriques, santé, données générées par des mineurs) et d’autres données personnelles sans le consentement de leurs propriétaires.
  • Exiger un étiquetage clair, un tatouage numérique (watermarking) visible et encodé, des métadonnées et des mécanismes d’application rapide pour les contenus générés ou matériellement manipulés par l’IA.
  • Mettre en œuvre un cadre de risque financier de l’IA coordonné au niveau du G7, exigeant la divulgation de l’utilisation de systèmes d’IA à haut risque dans les activités financières afin de réduire les externalités négatives systémiques.

Investir dans des écosystèmes souverains conjoints d’innovation et de R&D

  • Augmenter les investissements nationaux et coordonnés du G7 dans les technologies émergentes et la R&D pour soutenir la compétitivité à long terme via des mécanismes de financement.
  • Établir des programmes d’accès public au calcul et aux actifs stratégiques du G7, fournissant du matériel, des crédits cloud et des financements, en particulier aux ONG, aux universités et aux PME.
  • Lancer des programmes conjoints d’échange d’étudiants et de talents au sein du G7 afin d’élargir les opportunités partagées de formation et d’innovation pour les chercheurs et les professionnels.

Promouvoir des opportunités économiques équitables à l’ère numérique

  • Étudier l’impact de l’IA et de l’automatisation sur le paysage économique pour coordonner un cadre de cartographie des compétences sur le marché du travail et un mécanisme de rapport.
  • Coordonner une stratégie de reskilling et d’upskilling du G7 pour veiller à ce que la transformation économique tirée par l’IA renforce la protection des travailleurs, la productivité, l’innovation, la compétitivité, et réponde à la diversité des besoins sociaux.
  • Établir des programmes d’apprentissage et de stages en alternance au sein du G7 en donnant la priorité au développement des jeunes et des profils en début de carrière, avec des incitations fiscales pour les entreprises qui investissent dans la jeunesse.
  • Promouvoir des mécanismes fiscaux obligeant les entreprises qui réduisent leurs effectifs grâce à l’IA, sans réinvestir dans le capital humain, à soutenir la réintégration et la mobilité sur le marché du travail.
@ Adrien Thibault

Bâtir un monde numérique inclusif et sécurisé

  • Garantir l’accès à des technologies abordables et sûres pour tous, telles que les ordinateurs et l’accès à Internet, en particulier pour les groupes vulnérables.
  • Promouvoir la littératie en matière d’IA et de technologie, co-conçue avec les jeunes, les écoles, les universités, les bibliothèques et les institutions communautaires, en mettant l’accent sur l’inclusion des communautés vulnérables.
  • Favoriser les opportunités pour les femmes et les groupes minoritaires de poursuivre des études scientifiques et technologiques afin de renforcer leur progression de carrière, réduire les biais et encourager des résultats socio-économiques équitables.
  • Atténuer les campagnes de désinformation et de mésinformation grâce à la transparence algorithmique, des mécanismes de crash-test des algorithmes et la détection de bots afin de lutter contre la polarisation, la discrimination et le biais de confirmation.

Protéger les enfants et les jeunes à l’ère numérique

  • Établir un cadre global du G7 supervisé par l’ETGC, plaçant la protection de la jeunesse au centre du déploiement de l’IA, incluant des normes obligatoires de sécurité dès la conception (safety-by-design) et adaptées à l’âge comme conditions préalables à l’accès au marché et aux opérations.
  • Garantir aux utilisateurs un certain niveau de contrôle sur leurs algorithmes de recommandation de contenu, en particulier sur les plateformes de jeux et de médias sociaux.
  • Classer par défaut les données des mineurs comme sensibles, y compris les données déduites comme étant générées par eux, et restreindre le profilage comportemental ainsi que les contenus qui les ciblent.
  • Mettre en œuvre des initiatives locales qui soutiennent et encouragent l’engagement des jeunes dans des activités physiques, sociales et culturelles.

Traiter les risques de santé publique associés à l’usage des technologies

  • Reconnaître les risques liés aux technologies comme un enjeu de santé publique formel au niveau du G7, et les intégrer dans les stratégies nationales de prévention, de bien-être et de santé mentale.
  • Développer des indicateurs communs de bien-être numérique du G7 dans les stratégies nationales de santé publique, avec un rapport annuel en coopération avec les organismes internationaux compétents.
  • Missionner l’ETGC pour superviser les évaluations d’impact sanitaire sur les effets mentaux, cognitifs et comportementaux des systèmes d’IA, avec un examen renforcé pour ceux simulant des interactions émotionnelles (tels que les agents conversationnels / chatbots).
  • Exiger des entreprises qu’elles mettent en œuvre des protections contre l’usage addictif, en particulier pour les mineurs, et établir une responsabilité claire pour les dommages physiques ou mentaux causés par leurs systèmes.

Assurer un accès résilient, diversifié et durable aux matières premières critiques

  • Mettre en œuvre un cadre du G7 pour soutenir une infrastructure technologique résiliente, comprenant un registre conjoint des fournisseurs de matières premières stratégiques et critiques basé sur des évaluations partagées des risques, ainsi que des mécanismes coordonnés d’achats groupés pour ces matériaux.
  • Établir une liste de surveillance partagée des intrants critiques et un système d’alerte précoce pour surveiller les risques géopolitiques et leurs impacts potentiels sur les chaînes de valeur technologiques mondiales.
@ Adrien Thibault

3. Lutter contre la crise écologique

Maintenir la crise écologique
a l’agenda du G7

À une époque marquée par des priorités concurrentes au sein de la polycrise, nous appelons les dirigeants du G7 à maintenir la crise écologique à l’agenda du G7, à respecter les limites planétaires, à accélérer la transition vers un avenir durable, inclusif et résilient, et à prolonger les actuels Objectifs de Développement Durable au-delà de 2030.

Les propositions ci-dessous visent à sauvegarder notre avenir collectif en protégeant les systèmes essentiels en tant que droits fondamentaux, en accélérant des transitions justes et durables grâce à la mobilisation de capitaux publics et privés à grande échelle, et en redéfinissant la cohésion sociale face au franchissement des limites planétaires.

De l’urgence écologique à la crise démocratique (et inversement)

Reconnaître les systèmes essentiels comme des biens communs universels

Nous définissons les systèmes essentiels comme les systèmes naturels et anthropiques (construits par l’homme) dont dépendent toutes les économies, les sociétés et les êtres humains : un climat stable, une nature et des écosystèmes florissants, de l’eau douce, de l’air propre, des sols sains, des systèmes alimentaires, les soins de santé, les infrastructures de transport critiques et un accès minimal à l’énergie.

  • Les reconnaître comme les fondations mondiales partagées de la prospérité humaine, de la résilience et de la stabilité planétaire, qui doivent être protégées, gérées de manière durable et accessibles à tous de façon équitable.
  • Garantir leur accès à travers les cadres juridiques et politiques nationaux, en leur accordant la même priorité stratégique que la stabilité financière et la défense nationale.
  • S’engager à ne pas les exploiter, et déployer à la place des garanties partagées pour soutenir le renforcement des ressources essentielles des pays.

Protéger les systèmes essentiels de l’effondrement écologique

  • S’engager à supprimer progressivement les subventions néfastes à l’environnement, y compris les subventions aux combustibles fossiles, qui menacent la protection des systèmes essentiels au plus tard d’ici 2030.
  • Faire progresser la neutralité en matière de dégradation des terres en promouvant une planification durable de l’utilisation des sols afin de minimiser la perte de terres arables, conformément au Pacte pour la Nature 2030 du G7.
  • Développer au niveau du G7 des stratégies coordonnées pour renforcer la résilience de systèmes alimentaires durables, incluant le soutien à une agriculture résiliente au climat et à des chaînes d’approvisionnement régionales diversifiées, en reconnaissant l’interdépendance de la terre, du sol et de l’eau comme le socle de la sécurité alimentaire.
  • Reconnaître que le monde entre dans un état de faillite hydrique et intégrer l’eau, l’assainissement et l’hygiène (WASH) dans le plan de travail de la Coalition pour l’eau du G7 ainsi que dans les autres plans de travail nationaux.
  • Adopter des stratégies nationales globales et scientifiques pour éliminer les usages non essentiels des polluants toxiques émergents, y compris les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), avec des limites de rejet légalement contraignantes pour les produits chimiques dangereux d’ici 2030.
  • Ériger l’économie circulaire au rang de priorité stratégique en l’intégrant dans les politiques économiques et industrielles nationales, soutenue par des objectifs clairs, des financements dédiés et des cadres réglementaires robustes pour accélérer l’efficacité des ressources, renforcer la sécurité d’approvisionnement et réduire les déchets.

Anticiper et atténuer les risques pour les systèmes essentiels

  • Mesurer les menaces pesant sur les systèmes essentiels en adoptant des indicateurs communs, des normes de divulgation et des outils de crash-test au niveau du G7 ; mener des évaluations nationales régulières et publiques de la résilience, et intégrer leurs résultats dans la prise de décision publique.
  • Diriger une initiative mondiale sur la sécurité des points de basculement afin de coordonner les mécanismes de réponse d’urgence pour les événements climatiques à fort impact (points de basculement), faciliter le partage de données à l’échelle mondiale et intégrer les points de basculement du système terrestre dans la modélisation économique afin d’atténuer le risque financier systémique.
  • Standardiser les cadres de cartographie des risques nationaux au niveau national en termes d’interprétation, de fréquence des mises à jour et de disponibilité publique, avec des financements dédiés alloués aux communautés ayant des responsabilités d’adaptation en première ligne, y compris les gouvernements infranationaux.
  • Veiller à ce que les industries émergentes qui impactent les systèmes essentiels, telles que les centres de données et la fabrication de puces électroniques (conséquences des technologies d’IA), se conforment à des mesures strictes : utilisation exclusive d’énergies à faibles émissions, équipements efficaces et utilisation durable de l’eau, avec l’engagement d’atteindre le zéro net et d’être positives pour la nature au plus tard d’ici 2050.
  • Rendre obligatoire la publication de rapports publics sur la consommation d’énergie par type de carburant et sur l’utilisation de l’eau par ces industries émergentes.
@ Adrien Thibault

Œuvrer pour une transition juste afin de renforcer la cohésion sociale

  • Institutionnaliser des cadres de transition juste conformément à l’avis consultatif de 2025 de la Cour internationale de Justice (CIJ), en reconnaissant l’action climatique comme une obligation légale des États protégeant les droits humains fondamentaux des générations présentes et futures, et en garantissant des mécanismes de responsabilité ainsi qu’une participation équitable des communautés affectées et marginalisées.
  • Garantir une transition juste pour les travailleurs, les communautés et les industries s’éloignant des secteurs à fortes émissions grâce à des programmes de reconversion accessibles, en établissant des partenariats à long terme entre les agences gouvernementales, les universités, les institutions professionnelles, les employeurs et des fonds d’investissement régionaux dédiés, sans pour autant bloquer l’activité économique sociétale.

Sortir progressivement des combustibles fossiles

  • S’engager à une élimination totale des combustibles fossiles conformément à l’objectif de $1,5^\circ\text{C}$ de l’Accord de Paris et des trajectoires scientifiques, en reconnaissant qu’ils déclenchent des crises énergétiques et économiques à répétition.
  • Développer des feuilles de route nationales d’élimination des fossiles d’ici la fin de l’année 2027, en établissant des calendriers clairs pour une transition juste et équitable.
  • Rejoindre la Coalition pour l’élimination des incitations aux combustibles fossiles, y compris les subventions (COFFIS).
  • Réorienter les investissements dans les combustibles fossiles vers des technologies qui contribuent à la décarbonation et à l’indépendance énergétique (énergies renouvelables et bas-carbone) en appliquant le principe du pollueur-payeur et en garantissant une redistribution équitable des revenus du carbone pour soutenir les ménages à faible revenu dans la transition et les mécanismes de financement climatique.
  • Mettre fin à tout soutien financier public pour l’expansion de nouveaux combustibles fossiles et décourager l’investissement privé dans de nouveaux sites d’extraction, tout en garantissant la sécurité énergétique.

Mettre en œuvre une gouvernance éthique et équitable des minéraux critiques

  • Reconnaître la nécessité de diversifier et de sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques pour la transition énergétique, et souligner l’importance de le faire sans reproduire des dynamiques extractivistes.
  • Salué l’adoption du cadre de la gouvernance des minéraux critiques du G20 et s’appuyer sur les résultats du sommet du G7 de Kananaskis de 2025 en soutenant la mise en œuvre de Partenariats juste pour les minéraux critiques dans les pays riches en ressources du Sud global.
  • Veiller à ce que ces partenariats respectent des normes environnementales et des droits humains élevés, protègent les peuples autochtones et les communautés locales, et garantissent leur participation significative tout au long du développement du projet.
  • Promouvoir un partage juste des bénéfices, la création de valeur locale, le développement des compétences et le transfert de technologies pour s’assurer que les minéraux critiques favorisent le développement durable dans les pays dotés de ces ressources.
  • Établir des normes communes de diligence raisonnable (due diligence), de traçabilité, de transparence et de gouvernance équitable entre les pays du G7 et les pays partenaires afin de soutenir l’investissement responsable et de renforcer la responsabilité tout au long des chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques.

Mobiliser le capital privé pour l’environnement

  • Faire progresser la taxonomie des investissements durables, notamment en lançant un Nature Impact Protocol (Protocole d’impact sur la nature), modélisé sur le Greenhouse Gas Protocol, afin de développer des méthodologies standardisées, open-source et scientifiques pour mesurer les impacts et les dépendances des entreprises vis-à-vis de la nature à travers les secteurs et les écosystèmes.
  • Dé-risquer l’investissement privé dans l’atténuation et l’adaptation au climat et respecter formellement le Nouvel Objectif Collectif Quantifié sur le financement de la lutte contre le changement climatique.
  • Soutenir les cadres pour des marchés de crédits de biodiversité de haute intégrité, établir des exigences obligatoires de compensation de la biodiversité pour les secteurs à fort impact, et développer des cadres réglementaires favorables qui créent une demande pour ces crédits de biodiversité.
  • Réformer les règles de comptabilité des entreprises, en veillant à ce que le capital naturel apparaisse dans les bilans, valorisé à ses coûts de préservation, reconnaissant ainsi que les règles du système financier doivent intégrer les limites planétaires en conditionnant la rentabilité des entreprises à la protection de la biodiversité.

Mobiliser le capital public pour les systèmes essentiels

  • Respecter l’engagement historique de consacrer 0,7 % du RNB à l’Aide Publique au Développement (APD).
  • Augmenter le financement climatique et soutenir la réforme de l’architecture financière internationale pour garantir un accès équitable aux pays, en particulier du Sud global, en augmentant le volume total des subventions et en assurant la mise en œuvre intégrale des cadres d’adéquation des fonds propres (Capital Adequacy Frameworks).
  • Fournir un allègement global de la dette pour les pays lourdement endettés du Sud global.
  • Intégrer les risques systémiques liés au climat dans les mandats des institutions financières publiques.
  • Mobiliser des financements nationaux et internationaux pour les startups et les PME qui s’efforcent de renforcer les systèmes essentiels, grâce à des financements publics coordonnés, des institutions financières de développement et des instruments de financement mixte.
  • Développer une stratégie coordonnée du G7 pour stabiliser les pools d’assurance soutenus par l’État face aux risques écologiques extrêmes, qui sont amplifiés par le changement climatique.

Combattre la désinformation et améliorer l’éducation sur les systèmes essentiels

  • Renforcer le financement public de la recherche scientifique indépendante et de la communication en fournissant un soutien adéquat et à long terme aux entités gouvernementales, aux organisations de la société civile et aux acteurs éducatifs qui comblent les lacunes dans les connaissances climatiques.
  • Intégrer les crises du climat, de la biodiversité et de l’environnement, ainsi que la littératie informationnelle, dans les programmes scolaires, la formation continue et le secteur privé au sein des pays du G7, afin d’armer les citoyens, en particulier les enfants et les jeunes, face à la désinformation.
  • Protéger les scientifiques, les journalistes indépendants et les militants contre le harcèlement juridique (notamment les procédures bâillons).
@ Adrien Thibault

Communiqué final en anglais

Comprendre la polycrise avec Open Diplomacy

Précis de lucidité pour négocier un tournant historique

@ Adrien Thibault

Face à la polycrise, délivrons-nous de l’illusion obsédante de la stabilité

Au cours des derniers mois, les tressaillements de l’actualité ont consacré une valeur cardinale pour de nombreux dirigeants français : celle de la « stabilité ». Stabilité gouvernementale, économique, voire psychologique — comme en témoignent la kyrielle d’études et d’articles sur le moral et la santé mentale des Français. Mais quelle pertinence peut avoir cette préoccupation, alors que la guerre est à nos portes, que l’Europe s’est éloignée de la frontière technologique depuis longtemps et que les dérèglements climatiques fracturent le monde tel qu’on le connaissait ?

En vérité, l’obsession pour la stabilité est un leurre, une ruse de l’Histoire bien commode pour nous détourner de la nouvelle réalité dans laquelle nous évoluons : une polycrise se produit et nous projette dans une époque radicalement nouvelle.

Cette polycrise procède de quatre grandes crises systémiques qui s’amplifient mutuellement. La brutalisation du monde change tous les paradigmes géopolitiques. L’accélération de l’anthropocène bouleverse tous les équilibres écologiques. Le décrochage économique, technologique et démographique de l’Europe s’opère au détriment de tout notre modèle social. Enfin, s’ajoute une crise politique, comme si les dirigeants publics avaient renoncé à assurer un avenir désirable aux générations futures. Ces phénomènes de rupture se conjuguent et s’alimentent mutuellement. Leurs rétroactions produisent un phénomène inédit aux conséquences dramatiques : la polycrise.

Voilà la montagne que nous refusons de gravir, puisque nous ne trouvons pas le flanc propice pour commencer l’ascension. Alors, par où commencer pour inverser cette logique mortifère, pour aller contre les vieux réflexes qui nous enferment dans l’obsession du lendemain plutôt que la projection sur les dix, vingt, trente prochaines années ?

Cela ne peut commencer que par un effort de lucidité radicale. Il nous faut admettre ce changement d’ère et en nommer la cause. Pour nous libérer d’une sidération qui nous tyrannise. Pour renouer avec une véritable éthique de l’action. Indispensable point de départ, la lucidité seule ne suffira donc pas. Il nous faut désormais percer à jour l’illusion de la stabilité et lui donner un sens nouveau. À l’heure de la polycrise, elle ne peut plus être synonyme d’immobilisme ou de rétablissement d’un ordre ancien. Dans cette époque nouvelle, la stabilité relève nettement plus du flux laminaire que de l’état statique. Il s’agit de maintenir la cohérence dans le mouvement, de faire durer l’action malgré les turbulences.

Cette stabilité redéfinie suppose un leadership d’une nature nouvelle. Un leadership qui accepte le déséquilibre, qui renonce aux certitudes mais qui assume ses convictions. Un leadership qui ne se replie pas dans la gestion mais porte une vision d’architecte pour l’avenir, qui endosse les transformations d’ampleur qui s’imposent sans rogner sur le temps de la délibération. En somme, il nous faut faire le deuil de l’idée que les dirigeants dont nous avons besoin sont les gardiens de nos anciens totems réconfortants.

Les leaders que nous devons encourager en tant que citoyens sont ceux qui ordonnent un nouveau rapport au temps long comme à l’urgence, qui recomposent la grammaire du récit collectif et qui embrassent la complexité de la technique non comme outil mais comme déterminant de l’Histoire. C’est à cette hauteur qu’il faut désormais penser la stabilité : non pas comme l’organisation de notre impuissance face à la marche du monde mais comme l’art de l’affronter en gardant le cap, sans se dissoudre.

Communiqué du T7 : Coopérer dans un monde fragmenté

Institut du développement durable et des relations internationales
Institut du développement durable et des relations internationales

Les tensions géopolitiques, les crises climatiques et l’essor de l’intelligence artificielle accentuent les interdépendances économiques mondiales. L’enjeu n’est pas de sortir de ces interdépendances, un processus qui serait probablement aussi coûteux qu’illusoire, mais de mieux les organiser, afin d’éviter que les stratégies nationales ne débouchent sur des dynamiques collectives peu satisfaisantes. 

En 2026 la présidence française du G7 met l’accent sur deux priorités : la réduction des déséquilibres mondiaux et la réforme du financement du développement, fondée sur des partenariats mutuellement bénéfiques. Le Think7 (T7), qui réunit plus de 50 think tanks des pays du G7 et au-delà, propose des solutions opérationnelles autour de quatre thèmes : la coordination des politiques industrielles, le futur du financement du développement, la sécurité économique, ainsi que l’innovation et l’intelligence artificielle.

Comment améliorer l’efficience énergétique des datacentres en Europe ?

Le livre blanc publié par Grundfos, leader mondial des systèmes de pompage de l’eau dont le siège est au Danemark, s’intéresse à l’efficience énergétique des datacentres. Dans un contexte où l’Europe veut et doit demeurer compétitive et souveraine par rapport aux autres blocs qui sont lancés dans une course à l’IA et aux datacentres, l’initiative France Datacenters en est la preuve. L’Europe peut se montrer agile et intelligente dans la conception puis la construction de ses datacentres. Il en va de son intérêt, si elle veut que ce développement suive la demande exponentielle que l’IA a déjà commencé à générer.

La France devrait connaitre une croissance forte sur le marché des DC, avec une base installée en colocation et hyperscale qui pourrait atteindre [4-4.3] GW à horizon 2035
1.Puissance installée moyenne sur l’année. Inclut les datacentres de colocation. Exclut les datacentres d’entreprises
2.CAGR 25-30 car pas de données IA pour 2024
Sources : Entretiens, analyses et recherches EYP

Synthèse du livre blanc sur l’efficience énergétique des datacenters en Europe

Pour Grundfos, le développement de datacenters en Europe est certes une question de souveraineté technologique, mais il est aussi directement lié à la sécurité énergétique, à la résilience hydrique, à la politique industrielle que les pouvoirs publics mettront en place, tout en tenant compte des contraintes urbanistiques.

Mais l’exposition de l’Europe aux risques géopolitiques, à la perturbation des chaînes d’approvisionnement et à la dépendance vis-à-vis des ressources étrangères et des infrastructures numériques n’est pas le seul facteur qui peut entraver cette politique de développement.

Bien gérés, l’emplacement des datacentres, leur conception, leur mode d’alimentation en énergie et leur efficacité opérationnelle influencent aussi cette compétitivité – et peuvent même devenir des éléments différenciant et de supériorité technologique.

La question-clé est celle-ci : Comment tirer profit des avantages économiques des infrastructures numériques tout en gérant les pressions qu’elles exercent sur les systèmes énergétiques, les ressources en eau et les collectivités locales ?

Chiffres clés : le datacentre en France

Le défi de l’Europe n’est pas seulement d’accroître sa capacité de calcul, mais de pouvoir aussi renforcer sa résilience à long terme en protégeant les ressources publiques, tout en garantissant que le développement des infrastructures soit acceptable socialement. (La demande mondiale en énergie des datacentres va passer de 415 TWh actuellement à plus 945+ TWh en 2030…)

Grundfos plaide dans son livre blanc pour une optimisation des performances du système de fonctionnement des datacentres afin de réduire sensiblement la consommation d’électricité et d’eau, tout en favorisant une intégration plus poussée entre l’infrastructure numérique et les systèmes énergétiques européens. Cela passe notamment par des architectures de refroidissement avancées, l’optimisation hydronique, la réutilisation intelligente de l’eau et de la chaleur excédentaire dégagée par les serveurs et les installations.

A titre d'exemple, un datacentre typique consomme 11.000 à 19.000 mètres cube d'eau par jour, soit la consommation de 75.000 à 155.000 foyers de l'UE.

Or on peut analyser l’interdépendance entre la consommation d’électricité et d’eau des datacenters grâce à leurs systèmes de refroidissement (le « lien eau-énergie »). Certains systèmes de refroidissement vont réduire la demande en électricité mais augmenter la consommation d’eau, et inversement pour d’autres. La difficulté consiste à trouver le juste équilibre entre les deux.

En Europe, la diversité des zones climatiques, des réseaux électriques et des ressources en eau implique des stratégies de refroidissement et une conception des infrastructures adaptées aux conditions et aux environnement locaux.

La disponibilité des ressources en eau n’est pas le moindre des problèmes.

Pour avancer vite, plusieurs voies s’ouvrent à ceux chargés de définir les politiques publiques comme aux développeurs de datacentres :

  • le rétrofit, avec des systèmes plus efficients ;
  • puis l’installation de systèmes optimisés ;
  • le refroidissement par flux d’air apparaît aujourd’hui dépassé car très énergivore. Le refroidissement par immersion des serveurs dans des fluides diélectriques semble désormais la solution la plus prometteuse ;
  • celle-ci peut être couplée à la recirculation de l’eau et à l’utilisation d’eaux non-potables ;
  • l’installation de pompes intelligentes qui vont envoyer la quantité d’eau requise pour dissiper une quantité de chaleur donnée à un instant T ;
  • et la mise en place de systèmes hydroniques et d’échangeurs de chaleur.
Dans un système hydronique, l’eau est propulsée par une pompe dans des tuyaux qui desservent différentes zones. En prenant la chaleur, elle se réchauffe avant de revenir vers sa source pour être refroidie. Le cycle recommence. Le système fonctionne en boucle.
Exemple de label de durabilité des centres de données de l’UE, présentant : un reporting normalisé de l’énergie (PUE), de l’eau (WUE), des indicateurs d’utilisation d’énergies renouvelables et d’intégration du système.

Enfin, il est possible de récupérer la chaleur dégagée pour chauffer des bâtiments publics ou privés ainsi que des habitations individuelles. Les résultats de projets pilotes dans plusieurs villes européennes ont montré qu’on peut facilement dépasser les 100 GWh/an de chaleur récupérée par datacenter.

Cette étude Grundfos – Alfa Laval conduite avec IEE montre que l’exploitation de sources gratuites, comme l’eau de mer, et le déploiement accru de systèmes à  refroidissement liquide efficients, pourraient réduire la consommation d’énergie de refroidissement jusqu’à 30 % par rapport aux systèmes traditionnels à air, tout en maintenant des valeurs d’efficacité énergétique de refroidissement (WUE) proches de zéro grâce à un fonctionnement en boucle fermée.

Il sera ainsi également possible de prendre en charge des densités de racks beaucoup plus élevées sans augmenter la demande d’énergie pour les refroidir, tout en limitant l’empreinte carbone et la pression sur les ressources en eau et celles nécessaires à la production d’électricité.

Baromètre 2025 EY – France datacenter

Étude d’impact économique,
social et environnemental de la filière des datacentres en France

Plaidoyer pour un numérique utile, responsable et ancré dans les territoires

9 propositions aux élus locaux pour faire du centre de données un projet de territoire utile, responsable et créateur de valeur pour les habitants

Le numérique structure désormais l’ensemble des politiques publiques locales. Services municipaux, hôpitaux, établissements scolaires, entreprises, agriculture, tourisme ou sécurité civile reposent sur des infrastructures numériques devenues essentielles au fonctionnement des territoires.
Les centres de données en sont le socle physique. Infrastructures industrielles à part entière, ils soutiennent les usages du cloud, de l’intelligence artificielle et des services numériques du quotidien. Leur implantation durable dans les territoires pose toutefois des enjeux stratégiques en matière de souveraineté, de résilience, de transition écologique et de développement économique local.
Ce plaidoyer s’adresse aux élus locaux, acteurs clés de ces choix structurants. À travers neuf propositions concrètes, les acteurs de la filière affirment leur volonté de travailler avec les collectivités pour faire du centre de données un projet de territoire utile, responsable et créateur de valeur pour les habitants.

Guide pratique Datacentres et économie circulaire

Électrification des usages numériques : 19 propositions

Élise Thibault-Gondré, cofondatrice de Day One, veut rendre accessible l’engagement solidaire en entreprise

Day One, start-up française de la Tech for Good, veut rendre accessible l’engagement solidaire en entreprise pour permettre à tous les collaborateurs, en intercontrat, en activité ou en pré-retraite, d’impacter le monde de demain. Avec l’acquisition de Kolabee, ce sont 120 000 jours de solidarité qui ont été générés par plus de 250 entreprises dans toute la France. Élise Thibault-Gondré, cofondatrice de Day One, a accepté de répondre aux questions essentielles Cdurable.

+150 organisations engagent leurs salariés avec Day One et elles en parlent !

Day One rend accessible l’engagement solidaire en entreprise

Permettre à chacun de contribuer à une société plus durable et solidaire

Permettre une société plus durable et solidaire grâce à la rencontre entre associations, individus et entreprises

Aujourd’hui 2/3 des cadres sont prêts à changer d’entreprise pour manque de sens. Et 9 jeunes sur 10 qui déclarent vouloir trouver un travail qui sert l’intérêt général. Or il n’y a pas encore 9 entreprises sur 10 qui servent l’intérêt général. En revanche, les associations, elles, le font ! C’est la raison d’être de Day One : un facilitateur de rencontres entre les salariés et la communauté associative locale – pour développer l’épanouissement au travail et faire grandir des projets à impact tout en renforçant la démarche citoyenne des entreprises !

4 valeurs : optimisme, transparence, partage bienveillant et persévérance agile

L’optimisme

Mini pessimistes mais maxi optimistes !

Day One croit à l’impact du secteur privé et public dans la création d’un monde de demain pour durable et solidaire. Leur participation évidente entraîne la start-up à agir pour que chaque organisation devienne demain un acteur du bien commun !

La transparence

Nous croyons en une transparence radicale.

C’est la meilleure façon de bâtir la confiance. Day One est transparent avec ses partenaires et en interne : succès, échecs… Les opinions controversées sont appréciées et le style de communication adopté est direct et honnête.

Le partage en toute bienveillance

Bâtir ensemble le monde de demain !

Day One, c’est avant tout une histoire de partage : de temps et de savoir faire, entre des individus aux cultures et vécus différents. L’accueil, l’ouverture d’esprit et la bienveillance sont essentiels pour faire de cette rencontre une aventure réussie, pour s’élever et bâtir ensemble le monde de demain !

L’agilité de la persévérance

Améliorer le bien-être et la solidarité

Pour améliorer le bien-être et la solidarité, Day One accompagne la transformation des entreprises, où les évolutions se font lentement. Son rôle est de faire bouger les lignes. Rien n’est trop gros ! Chaque problème peut être résolu, le tout est d’avancer pas à pas.


Élise Thibault-Gondré, cofondatrice de Day One

Après cinq ans en finance, à me demander chaque matin « pourquoi je me lève ? » et quel est l’impact de mon travail sur la Société ? », je décide de tout quitter pour une mission humanitaire au Népal. Cette expérience bouleverse ma façon de voir les organisations et d’envisager le travail de demain. Aujourd’hui, les organisations aussi bien privées que publiques ne peuvent nier l’urgence d’agir.

Comment faire lorsqu’on manque de moyens, de temps ou même d’idées ? Et si… rendre les collaborateurs acteurs de votre démarche était la solution ?

Une start-up pour être bien dans son job

Des projets à impact qui répondent à tous les enjeux RH de l’entreprise

Une solution simple et complète pour engager les collaborateurs

Ecran avec personnalisation plateforme Day One

Une interface personnalisable aux valeurs de l’entreprise

Sélectionnez les causes, les actions et les associations qui correspondent à votre stratégie RSE d’engagement : type de mission, thématique phare…

Personnalisez votre plateforme selon vos besoins, en y intégrant vos couleurs, vos process et même vos partenaires historiques.

Ecran avec mission plateforme day one

Des milliers de missions et associations à portée de main

Proposez à vos collaborateurs un large choix d’actions solidaires : mécénat de compétences, don de temps, team building solidaire…

Compliqué de choisir ? Un puissant algorithme de recommandation leur propose des missions 100% sur mesure :

  • Seul ou en équipe
  • Temps libre ou de travail
  • Compétences humaines ou métiers
  • Terrain ou à distance
  • Ponctuel ou de long terme
Reporting

L’unique outil conçu pour piloter votre impact RH et RSE

Un pilotage facile pour un impact mesurable et durable. Avec Day One, tout votre suivi administratif, juridique et fiscal est centralisé. Mesurez vos indicateurs stratégiques, ainsi que l’évolution de vos collaborateurs : bien-être, fidélité et développement des compétences.

En plus, exportez votre rapport d’impact pour faire rayonner vos engagements !

Centre d'aide plateforme Day One

Le seul service qui assure un succès collectif et individuel

Bien plus qu’une plateforme, Day One veille à votre réussite de la mise en place jusqu’au retour d’expérience des missions. Profitez d’un accompagnement personnalisé pour chacun de vos collaborateurs et des supports pour les motiver : newsletters, challenges, kit communication…

Mécénat de compétences : transformer l’engagement en levier RH et business

Donner du sens au travail des équipes tout en boostant la performance globale de l’entreprise

Attirer, engager et fidéliser les talents : face à ces défis critiques, le mécénat de compétences s’impose comme une évidence. Pourtant, souvent cantonné à un simple « bonus RSE » ponctuel, son potentiel stratégique reste gâché. Le constat est sans appel : des actions invisibles pour les RH, un impact non mesuré, et des opportunités manquées. Il est temps de changer de perspective. Fruit de l’expertise croisée de Day One et Kolabee, ce livre blanc redéfinit le mécénat de compétences. Fini les dispositifs isolés : découvrez comment l’intégrer au cœur de l’expérience collaborateur pour en faire un puissant accélérateur d’engagement et de performance.

Questions Cdurable à Élise Thibault-Gondré

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 21 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Passer du temps dans des espaces naturels
est essentiel à mon équilibre

Je suis profondément attachée à la nature, et plus particulièrement aux environnements de montagne. La course en trail, les randonnées en altitude ou simplement le fait de passer du temps dans des espaces naturels sont essentiels à mon équilibre. J’ai régulièrement besoin de m’éloigner du rythme parisien pour me reconnecter à l’essentiel, retrouver du calme et prendre du recul. Originaire d’Orléans et ayant grandi avec un grand jardin, j’y retourne régulièrement pour retrouver simplement de la clarté et de l’énergie. Cette relation au vivant nourrit aussi ma manière de travailler et de prendre des décisions : avec davantage d’écoute, d’humilité et de conscience du long terme.

Le TRAIL au CLUB ALPIN FRANCAIS ORLEANS

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Une alimentation saine, équilibrée et simple, en cohérence avec mon mode de vie sportif

J’accorde une importance particulière à une alimentation saine, équilibrée et simple, en cohérence avec mon mode de vie sportif. J’essaie de privilégier les produits frais, de saison et une consommation plus responsable, en étant attentive à l’impact environnemental de mes choix alimentaires. Pour moi, l’alimentation est à la fois un facteur de santé, d’énergie et de bien-être au quotidien.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Idéal : une maison proche de la nature,
avec une vue sur la montagne

Actuel : appartement à Paris. 
Idéal : une maison proche de la nature, avec une vue sur la montagne, permettant de retrouver un équilibre entre vie professionnelle intense et connexion au vivant. Un lieu ouvert, lumineux et apaisant, propice à la réflexion, au sport et aux moments de partage.
 Le télétravail nous ouvre de nouveaux horizons !

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

Le sport fait partie intégrante de mon équilibre personnel

La course à pied, et notamment le trail, me permettent de me dépasser tout en me reconnectant à la nature. Je pratique également l’escalade, qui développe autant la concentration que la confiance en soi. Dernièrement, j’ai réalisé mon premier triathlon, une expérience exigeante qui m’a appris la discipline, la persévérance et l’importance du mental. Le sport est pour moi un véritable outil d’ancrage et de résilience.

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

La pérennité vient de la robustesse

Mon début de carrière dans la finance (et notamment l’investissement) m’a beaucoup appris sur les risques du court terme. La pérennité vient de la robustesse et pour cela il faut traverser plusieurs périodes / temps. Depuis, mon parcours entrepreneurial et mes expériences auprès du monde associatif m’ont permis de mieux comprendre les enjeux sociaux et environnementaux de notre société.

J’ai beaucoup appris au contact des associations, des bénévoles, des salariés engagés et des entreprises qui souhaitent avoir un impact positif. J’ai développé la conviction que les transformations durables passent avant tout par l’humain, la coopération et le passage à l’action concrète. 
Parfois on reste immobile car on ne sait pas “par où commencer” ou “comment on peut-être utile” mais il suffit de se mettre en mouvement : une rencontre, une action et le reste suivra.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Le sens est au cœur de mon parcours entrepreneurial

J’ai créé Day One avec la conviction profonde que les entreprises ont un rôle majeur à jouer dans la société, au-delà de leur seule performance économique. Mais également que l’humain se façonne grâce à la rencontre avec l’autre et via l’entraide.

Avec Day One, nous permettons aux collaborateurs de s’engager concrètement auprès d’associations via le mécénat de compétences et le bénévolat, sur le temps de travail et sans perte de salaire.

Notre ambition est de rendre l’engagement accessible à tous et de recréer des liens entre le monde de l’entreprise et celui de l’intérêt général. Je crois profondément que chacun peut contribuer, à son échelle, à une société plus solidaire et plus durable.

Donner du sens au travail, créer des rencontres humaines fortes et permettre aux talents de se mettre au service de causes utiles sont aujourd’hui les moteurs de mon engagement quotidien.

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Comme beaucoup de citadins, mon quotidien repose encore principalement sur les infrastructures énergétiques classiques. Mais j’essaie, à mon échelle, d’adopter des usages plus sobres. Chez Day One également, nous cherchons à construire une entreprise plus responsable dans ses pratiques : fournisseurs locaux, séminaires accessibles en transports, éco-développement de nos solutions digitales…

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

L’intérêt général est au cœur de mon engagement personnel et professionnel

Je m’implique notamment à travers le mentorat et l’accompagnement d’entrepreneurs ou de jeunes talents souhaitant développer des projets à impact. Je soutiens également des causes liées à la recherche sur la maladie d’Alzheimer, une cause qui, pour des raisons personnelles, me tient particulièrement à cœur.

À travers Day One, je donne aussi directement de mon temps à des associations engagées dans des domaines variés. Comment ? Car nous offrons 12 jours par an à tous nos salariés pour qu’ils réalisent s’ils le souhaitent une mission longue en association ou plusieurs missions courtes en équipe.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

Day One repose sur la coopération
« pour que chaque collaborateur puisse mettre son talent au service de l’intérêt général« 

Nous avons même inscrit cette mission dans nos statuts en devant entreprise à mission. Notre raison d’être est de “Promouvoir une nouvelle vision de la performance, en créant des passerelles entre les mondes de l’entreprise et de l’associatif, pour que chaque collaborateur puisse mettre son talent au service de l’intérêt général.” Je crois profondément que les défis sociaux et environnementaux actuels ne peuvent être relevés qu’à travers des dynamiques collectives.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Chacun peut avoir un impact positif

Je suis convaincue que chacun peut avoir un impact positif, quel que soit son parcours ou son métier. Nous avons souvent tendance à sous-estimer la valeur de notre temps, de nos compétences ou de notre capacité à aider. Pourtant, les transformations les plus importantes naissent souvent d’actions concrètes et collectives.

Alors n’attendez plus, osez aller à la rencontre de l’autre, d’une association, d’un bénévole ou d’un bénéficiaire. C’est le début d’une magnifique aventure, pleine de mouvements et de rebondissements.

La formation professionnelle, au service de l’économie locale et écologique ?

La Note de La Fabrique Ecologique « La formation professionnelles, au service de l’économie locale et écologique ? » présente les conditions d’une transformation profonde de la formation professionnelle pour accompagner l’émergence d’une économie ancrée dans ses territoires et respectueuse des limites planétaires. Partant du constat que le système actuel reste calé sur une logique industrielle qui ne prend pas assez en compte la démarche écologique et les territoires, elle identifie les compétences clés à développer (adaptabilité, sociabilité, pensée systémique…), non couvertes par le dispositif actuel de formation professionnelle. À partir d’expériences de terrain, elle formule deux propositions : la création d’un observatoire de l’économie locale et écologique, et l’introduction d’une formation-socle transversale à tous les cursus diplômants.

Synthèse

La transition écologique ne pourra pas réussir sans une transformation en profondeur des politiques publiques et du cadre économique. Elle exige des budgets à la hauteur des enjeux, des règles cohérentes et une attention réelle aux inégalités sociales et territoriales, qui conditionnent la capacité effective des individus à participer à la transition. Elle implique aussi de savoir déceler et encourager partout où elles existent les innovations sociales et les liens humains qui la fondent.

Or, les politiques actuelles de formation professionnelle restent largement construites autour d’une logique d’adaptation de l’existant. Elles accompagnent un modèle économique industriel sans remettre en cause ses fondements, lorsque celui-ci invisibilise une grande partie des dynamiques déjà à l’œuvre dans les territoires.

Une économie locale et écologique existe pourtant déjà : artisans, paysans, coopératives, structures de l’ESS, initiatives de réemploi ou filières courtes. Mais elle reste peu reconnue, peu mesurée et faiblement intégrée dans les référentiels de formation et les politiques publiques. Cette économie repose sur des compétences spécifiques : coopération, adaptation aux ressources locales, pensée systémique, et compréhension des interdépendances entre activités économiques, sociaux et écosystèmes naturels. Ces compétences restent marginales dans les cadres actuels de certification.

Il faut partir des conditions de vie et des territoires, et non des cadres économiques existants. La formation doit devenir un levier central de transformation, et non un simple outil d’ajustement.

Propositions

Dans cette perspective le groupe de travail porte deux propositions :

1 – La création d’un observatoire de l’économie locale et écologique afin de

rendre visibles les acteurs, métiers et compétences aujourd’hui invisibilisés et de mieux orienter les politiques publiques de formation et d’emploi.

2 – L’introduction d’une formation-socle obligatoire à la pensée systémique

et territoriale dans l’ensemble des cursus professionnels afin de transformer les référentiels de compétences et d’intégrer pleinement les enjeux écologiques et sociaux dans la définition des métiers

Note ouverte à la co-construction citoyenne



Le design territorial : une méthode pour faciliter les transformations liées aux enjeux écologiques en impliquant tous les acteurs locaux

A l’occasion de l’événement « Faire l’écologie des territoires » à Rennes en 2024, La Fabrique Ecologique présente la méthode du Design territorial ou design de territoire. Emmanuel Thouan explique ici les étapes de cet outil facilitant la mise en place de projets territoriaux avec les acteurs concernés et une approche systémique, face aux enjeux collectifs de la transition écologique. Cette méthode sera présentée lors de l’évènement, ainsi que des exemples de projets sur des territoires.

Une Déclaration des droits de la Nature adoptée par le Réseau des Réserves naturelles de France

Le 21 mai 2026, l’Assemblée générale du Réseau des Réserves Naturelles de France (RNF), réunie à Taglio en Corse, a adopté à l’unanimité une « Déclaration des droits de la Nature dans les réserves naturelles » ainsi qu’une note d’accompagnement destinée à en préciser le sens, les objectifs et les modalités d’appropriation par les territoires. Une étape importante pour les réflexions autour de l’évolution des politiques de protection du vivant en France.

Une dynamique engagée depuis plusieurs années

La rencontre entre Wild Legal et le Réseau des Réserves Naturelles de France (RNF) remonte à 2022, à l’occasion des 40 ans du réseau. Ce dialogue avait conduit, dès 2024, à l’adoption à l’unanimité d’une motion pour les droits de la nature.

Comme l’a rappelé Daniel Gerfaud Valentin, membre associé de RNF et vice-président de la commission « Professionnalisation et police de l’environnement », cette démarche s’appuie sur les enjeux rencontrés aujourd’hui par les réserves naturelles et sur les nouvelles pistes de réflexion et d’action que peuvent offrir les droits de la Nature.

Donner un langage commun aux besoins du vivant

Au cœur de la déclaration se trouve une idée simple : reconnaître que les milieux naturels possèdent une valeur propre, indépendante de leur seule utilité pour les activités humaines.

La déclaration affirme que les réserves naturelles ne sont pas uniquement des espaces administrés ou des périmètres de protection, mais des communautés vivantes dont les équilibres, les cycles et les besoins écologiques méritent d’être reconnus et pris en considération.

À partir de ce principe, le texte reconnaît plusieurs droits fondamentaux dans les réserves naturelles :

  • le droit à la santé des écosystèmes et à la continuité des cycles naturels ;
  • le droit de ne pas être détruits, pollués, fragmentés ou artificialisés ;
  • le droit à la restauration lorsqu’un milieu est dégradé ;
  • le droit à des conditions favorables à la reproduction, à la migration et à l’évolution des espèces ;
  • le droit à un climat stable et à une eau indispensable à l’existence des milieux.

Ces principes traduisent dans le langage des droits des réalités écologiques déjà bien connues des gestionnaires : qualité des habitats, préservation des continuités écologiques, maintien des fonctionnalités naturelles des milieux ou encore limitation des pressions incompatibles avec leur bon fonctionnement.

Une approche cohérente avec les missions des réserves naturelles

Le document d’accompagnement insiste sur un point essentiel : les droits de la Nature ne constituent ni une opposition entre les humains et la Nature, ni une remise en cause des missions historiques des réserves naturelles. Au contraire, cette démarche vise à donner un cadre commun et une formulation plus explicite à des pratiques déjà largement mises en œuvre sur le terrain.

Les gestionnaires des réserves naturelles travaillent déjà quotidiennement à préserver des équilibres écologiques complexes, à arbitrer entre différents usages, à protéger des continuités écologiques qui dépassent les limites administratives des sites ou encore à anticiper les effets du changement climatique.

La déclaration vient reconnaître et valoriser une culture de gestion fondée sur le temps long, l’attention portée aux milieux vivants et la recherche d’un équilibre durable entre les activités humaines et les capacités écologiques des territoires.

Elle affirme le rôle des gestionnaires comme « gardiens des droits de la Nature » dans les réserves naturelles. Une notion qui renvoie à une gouvernance concrète, fondée sur les connaissances scientifiques, les savoirs de terrain, le dialogue avec les collectivités, les associations et les citoyen·nes.

Une démarche progressive et territoriale

Cette déclaration n’a pas vocation à imposer un modèle unique ou uniforme. Chaque réserve naturelle pourra s’approprier cette démarche selon son histoire, ses enjeux et ses partenaires locaux. L’objectif est avant tout d’ouvrir un espace d’expérimentation et de coopération au sein du réseau. La note d’accompagnement évoque plusieurs pistes concrètes :

  • intégrer les principes de la Déclaration dans des documents existants (plans de gestion, chartes, projets pédagogiques…) ; 
  • expérimenter des espaces de dialogue, associant en particulier des citoyens.ennes, où les intérêts des milieux sont explicitement pris en compte ; 
  • travailler sur les mots, les récits et la médiation auprès de différents publics
  • documenter les effets de ces approches sur la gestion et les relations avec les acteurs locaux.

Cette approche progressive permet de construire une culture commune autour des droits de la Nature tout en laissant une large place à l’adaptation locale et au partage d’expériences entre territoires.

Des expérimentations déjà en cours dans plusieurs réserves

Depuis plusieurs années, différentes réserves naturelles engagées dans le programme pilote mené avec Wild Legal explorent concrètement ce que les droits de la Nature peuvent apporter aux territoires. Certaines expérimentent de nouvelles formes de dialogue avec les habitants et les acteurs locaux. D’autres travaillent sur les liens entre libre évolution, gouvernance écologique ou adaptation au changement climatique. D’autres encore cherchent à renforcer la protection de certains milieux insuffisamment reconnus par les cadres juridiques actuels.

Les témoignages recueillis auprès des réserves impliquées montrent que cette démarche permet souvent de renouveler les récits autour des espaces protégés, de créer de nouveaux liens avec les habitants ou encore de mieux faire comprendre les besoins écologiques des milieux vivants.


Un guide pour inscrire les Droits de la Nature au cœur des programmes municipaux

Et si la nature avait enfin sa place
dans notre démocratie ?

Témoignages des réserves impliquées dans le programme pilote

Faustine Simon, chargée de mission Avifaune de la Réserve estuaire de la Seine

La réserve naturelle nationale de l’Estuaire de la Seine est située en région Normandie. Classée en 1997, elle occupe une surface de 8 528 hectares et protège les espaces naturels de l’estuaire aval de la Seine.

Pour Faustine Simon, « grâce à la rencontre du Collectif des gardiennes et des gardiens de la Seine sur le site de la réserve, nous avons pu avoir des échanges avec des gens du Havre, des architectes, des photographes, etc. que nous n’avions jamais vu et avec qui nous n’avions jamais échangé, intéressés par les droits de la Seine« . « Les droits de la nature sont très intéressants car aujourd’hui la Seine est figée dans des limites administratives, figée par des digues, alors qu’en fait, elle bouge, elle évolue. Si la Seine était reconnue comme une entité naturelle qui a le droit d’exister, on lui permettrait d’être libre et de suivre son évolution », affirme Faustine Simon. « En ce sens, les droits de la Nature nous permettent de nous adapter et de nous préparer aux changements climatiques ». 

Est-ce qu’elle se sent Gardienne de la Seine, lui avait demandé un journaliste à l’occasion de la rencontre organisée par Wild Legal.  Alors qu’elle trouvait spontanément ce rôle trop grand, finalement, pour Faustine Simon, “en tant que gestionnaire, nous avons probablement plus conscience de notre rôle de gardien, mais en réalité tout le monde est gardien de la nature et plus les gens en auront conscience, plus on arrivera à protéger notre patrimoine naturel ».

Retrouvez la web série Ma rivière c’est moi épisode 6 – A la rencontre des Gardien-nes de la Seine au Havre.

Aller plus loin avec l’article Les rencontres de la Seine au Havre : repenser notre lien au fleuve, du 22 mai 2025

Pierre Jean Albertini, conservateur de la Réserve du Monte Ritondu

Pierre-Jean Albertini, administrateur bénévole au sein de la Fédération des Associations de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques de Corse

La réserve du Monte Ritondu s’étend sur 3 135 hectares sur les communes de Corte et Venaco et comprend les hautes vallées de la Restonica et du Verghellu. Elle regroupe la majorité des lacs d’altitude de Corse, et une grande partie de la faune et de la flore remarquables liée aux écosystèmes de montagne. « La thématique des droits de la Nature m’a parlé tout de suite, par rapport à nos lacs, il faut savoir que nos lacs corses qui font moins de 10 ha n’ont pas de statut réglementaire« , ni au niveau européen ni au niveau national, rappelle Pierre Jean Albertini. 

Un projet pédagogique sur quatre ans a déjà été entamé avec une classe de collège et une professeure de biologie. “Pour les enfants c’est relativement logique et facile” en s’appuyant sur un jeu des 7 familles avec les Gardiens de la Nature, les menaces etc. et d’autres formats, de petits podcasts destinés à une radio locale pour faire passer le message en passant par les enfants, témoigne-t-il.  « Les droits de la Nature sont une démarche très intéressante pour compléter le statut de réserve en donnant des droits aux lacs » souligne Pierre Jean Albertini et pour trouver de nouveaux leviers face à certaines pressions, notamment le survol des hélicoptères de tourisme. 

Diane Sorel, conservatrice de la réserve de la Massane. 

Forêt ancienne, en libre évolution depuis plus de 150 ans, refuge glaciaire, la hêtraie de la réserve naturelle nationale de la forêt de la Massane est, depuis 2021, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco.

J’ai découvert les droits de la Nature au Congrès de Nîmes, en 2023, pour le coup ce n’est pas une thématique qui m’a immédiatement parlé mais en relisant les textes et en échangeant avec la commission “Professionnalisation et police de l’environnement”, avec Marine Calmet et Wild Legal, c’est quelque chose qui a maturé”. La thématique de la libre évolution les a amenés à se poser des questions, et au fur et à mesure des discussions “c’est apparu comme une évidence que notre travail est intimement lié à cette démarche de reconnaissance des droits de la Nature« , raconte Diane Sorel. En effet, « notre objectif, c’est de laisser notre espace évoluer, de le laisser faire ses propres choix, j’ai envie de dire. C’est dans la même ligne que les droits de la Nature ». « Nous avons la chance de pouvoir travailler à intégrer les droits de la nature aux statuts de l’association gestionnaire historique de la Réserve de la Massane”, annonce Diane Sorel pour qui l’enjeu est de “changer notre rapport et notre façon de vivre et d’habiter avec le reste du vivant et de laisser évoluer nos écosystèmes avec nous« . 

Libérer la Nature :
faire converger
libre évolution et droits de la Nature

En savoir plus sur les travaux de Wild Legal, au sein du groupe de travail de l’UICN France et l’Unesco sur les synergies entre libre évolution et droits de la Nature

  • Numéro spécial du Courrier de la Nature avec un article de Diane Sorel et bien d’autres experts (commande).

Conclusion

Marine Calmet
Juriste, fondatrice et directrice Wild Legal, autrice pour les Droits de la Nature & justice pour le Vivant

Marine Calmet, directrice de Wild Legal, a salué cette décision qui rejoint à la fois les recommandations de la motion adoptée au Congrès mondial de l’UICN en 2025, mais aussi les travaux de l’IPBES, la plateforme internationale des experts de la biodiversité qui mentionne les droits de la Nature et de la Terre mère comme un levier concret pour faire évoluer la représentation et la valeur reconnue au Vivant dans notre société et provoquer des changements systémiques. 

Parmi les sites pilotes du programme d’expérimentation des droits de la Nature, Wild Legal rappelle l’implication de la Réserve des Gorges de Daluis (Alpes Maritimes) qui a mené à la création d’une association Aristée, Veilleurs du Vivant en Alpes d’Azur, pour fédérer les acteurs du territoire. En 2025, la dynamique locale a conduit des citoyen-nes à rédiger la Déclaration des droits du Var.

La même année, la commune d’Aiglun a déposé le premier recours en France pour réclamer la révision d’un arrêté de fixation d’un débit minimum biologique (débit minimum à laisser dans une rivière pour garantir la vie, la circulation et la reproduction des espèces y vivant) en faisant valoir les droits des sources du Vegay, affluents du fleuve Var. Face aux dérèglement climatique, il est essentiel de reconnaître que le droit à l’eau et à un habitat naturel digne, doit être garantie à toute personne, humaine ou autre qu’humaine dans une approche écocentrée de la défense des milieux aquatiques.  

La déclaration affiche une ambition d’ouverture et invite d’autres espaces protégés, collectivités, structures gestionnaires et communautés locales à s’en inspirer et à adapter cette démarche à leurs propres réalités territoriales.

Comme l’a défendu Michel Delmas, président de RNF, "nous invitons toutes les institutions, collectivités et structures gestionnaires d'espace protégé, citoyens et citoyennes à promouvoir la présente Déclaration et à s'en inspire, afin que chaque réserve naturelle et tout autre aire protégée puisse exprimer ses singularités en faisant partie d'un réseau uni par la même conviction de la nécessité de défendre les droits de la nature. Nous invitons également les autorités de classement à tenir compte de ladite déclaration". 

Favoriser l’émergence d’un réseau de territoires capables de partager leurs expériences, leurs outils et leurs réflexions autour des droits de la Nature et de la protection des milieux vivants

Déclaration des Droits de la Nature – 21 Mai 2026

Note d’accompagnement des Droits de la Nature – 21 Mai 2026

L’écoanxiété, un sentiment répandu chez les jeunes, mais dont la définition fait encore débat

Comment décrire le trouble de la jeunesse face aux dérèglements environnementaux et climatiques ? Les termes d’« écoanxiété » et d’« anxiété climatique » sont les plus fréquemment utilisés, mais ils ne reflètent pas toute la complexité de la détresse émotionnelle, mentale ou physique ressentie par certaines personnes. Une nouvelle étude les remet en question.

Défis environnementaux, catastrophes naturelles, bouleversements climatiques… Comment les jeunes expriment-ils leurs craintes quant à l’avenir de la planète ? Alexandros Michailidis/Shutterstock

Par Daniella Watson et Emma Lawrance de l’Imperial College London


« Écoanxiété » et « anxiété climatique » sont deux des termes les plus couramment utilisés pour décrire ce que ressentent les gens lorsqu’ils prennent conscience de la crise climatique. Nous avons mené une analyse des articles universitaires publiés, notamment des articles de recherche originaux et des articles de synthèse, et avons obtenu des résultats surprenants sur la manière dont les jeunes âgés de 10 à 29 ans perçoivent réellement le réchauffement climatique, le changement climatique et leurs effets.

L’éco-anxiété est la peur chronique de souffrir d’un cataclysme environnemental.

Même si vous avez peut-être déjà ressenti de l’anxiété climatique ou que vous en avez entendu parler, vous ne savez peut-être pas précisément ce dont il s’agit. Or, les chercheurs ne s’accordent pas sur une définition commune. Dans les articles que nous avons examinés dans le cadre de notre étude, le terme écoanxiété a été décrit 41 fois et anxiété climatique 24 fois.

La principale divergence entre les différentes définitions de l’écoanxiété tient à la façon dont on la relie à l’anxiété. Certaines définitions présentent l’écoanxiété comme une extension de l’anxiété généralisée, ou comme présentant des caractéristiques comparables à celles des troubles anxieux. D’autres, en revanche, ne mentionnent pas du tout l’anxiété dans leur définition et utilisent plutôt des concepts tels que « préoccupation » ou « inquiétude », ce qui brouille les pistes conceptuelles.

L’anxiété climatique pèse sur les jeunes – Les écoliers brandissent des pancartes et crient des slogans alors qu’ils participent à une manifestation devant le Parlement écossais à Edimbourg, en Écosse. Getty Images

Catastrophes « naturelles » contre catastrophes causées par l’humain : une myriade de définitions

Une autre divergence porte sur la question de savoir si ces définitions doivent uniquement concerner les changements liés au climat, ou également des changements environnementaux plus larges. Se pose également la question de savoir si les sentiments exprimés doivent uniquement se rapporter aux changements d’origine humaine.

Certaines définitions considèrent que ces termes décrivent des expériences liées à la prise de conscience des changements climatiques et écologiques, tandis que d’autres estiment que l’« éco-anxiété » et l’anxiété climatique sont uniquement vécues en réaction à des événements climatiques plus directs.

En réalité, tous ces phénomènes sont probablement réels. Nos recherches précédentes ont montré que les niveaux d’écoanxiété sont nettement plus élevés chez les jeunes Américains âgés de 16 à 24 ans qui déclarent être directement exposés à des risques liés au changement climatique.

Impact du changement climatique sur la santé mentale des jeunes.

Bien que les termes « écoanxiété » et « anxiété climatique » soient les plus couramment utilisés, notre étude a recensé au total 173 témoignages décrivant la manière dont les jeunes pensent, ressentent et réagissent à la prise de conscience de la crise climatique. On y retrouve, par exemple, la solastalgie, des symptômes de dépression, les troubles du sommeil, les difficultés financières ainsi que d’autres expériences non documentées dans la littérature scientifique.

La prise de conscience climatique, fruit de l’interaction entre plusieurs concepts clés

Étant donné le nombre important d’expériences décrites, nous les avons classées en six catégories et sous-catégories interdépendantes, recensées dans le tableau ci-dessous.

Carte des concepts clés et des six catégories et sous-catégories concernant les expériences des jeunes en matière de prise de conscience climatique. Daniella Watson, CC BY

Il est important de prendre en compte et d’intégrer l’ensemble des expériences vécues par les jeunes, au-delà de l’anxiété climatique. C’est notamment le cas pour ses répercussions sur la santé physique (comme le sommeil, l’activité physique et les habitudes alimentaires), les pratiques sociales et culturelles, ainsi que le bien-être en général.

De l’importance de comprendre les facteurs culturels et postcoloniaux

Dans nos recherches, nous collaborons avec des « experts par expérience » du monde entier afin de concevoir des recherches et des outils d’accompagnement qui reflètent véritablement la diversité des façons dont les gens appréhendent le changement climatique et en subissent les conséquences. La perception de la crise climatique étant façonnée par l’histoire, l’identité, le lieu et le pouvoir, il est essentiel que la recherche soit menée en collaboration avec des personnes dont la vie est directement touchée par ces dynamiques.

Un exemple illustrant comment l’expertise issue de l’expérience vécue a pu élargir le champ d’études nous est fourni par un contributeur qui a remis en question et approfondi les définitions existantes de l’écoanxiété. Il a ainsi expliqué :

« Je pense que nous percevons davantage [l’anxiété climatique] comme une blessure profonde, incarnée et intergénérationnelle, issue de la colonisation et de son héritage, et comme quelque chose de bien plus personnel. »

Or, nos recherches n’ont révélé aucune définition existante du changement climatique ou de l’écoanxiété qui tienne compte de l’impact de l’histoire coloniale sur la manière dont les individus vivent la détresse environnementale. En collaborant avec des experts issus de ces réalités vécues, nous avons approfondi et affiné notre compréhension dans ce domaine.

Un autre exemple de notre collaboration avec des experts issus de l’expérience vécue, où nous avons mené une évaluation conjointe de l’intervention menée par des jeunes dans le cadre du Projet Resilience, nous a incités à adopter une définition plus large de la résilience. Il ne s’agit pas simplement de « rebondir », mais de trouver un équilibre entre force, bienveillance et self care, afin que les jeunes puissent mener des actions en faveur du climat d’une manière véritablement protectrice et durable.

Au-delà des définitions

Dans l’ensemble, nos résultats montrent que les expériences des jeunes en matière de prise de conscience climatique sont bien plus complexes, variées et dépendantes du contexte culturel que ne le laissent entendre les termes « éco-anxiété » ou « anxiété climatique ».

Si ces termes se sont imposés dans les débats publics et universitaires, nos données révèlent un panorama bien plus vaste pour ce qui est des impacts émotionnels, sociaux, culturels et structurels. Ils vont du deuil intergénérationnel aux troubles du sommeil en passant par les difficultés financières, la solastalgie sans oublier de profondes réflexions sur la justice et les inégalités.

Or, l’absence de définitions claires et cohérentes nuit non seulement à la clarté scientifique, mais risque également de restreindre notre compréhension et l’accompagnement des jeunes qui évoluent dans un monde en mutation rapide.

Si les chercheurs, les praticiens et les décideurs politiques souhaitent mettre en place des interventions efficaces et créer des environnements favorables, ils doivent dépasser ce cadrage psychologique trop étroit et prendre en compte toute la diversité des réalités vécues par les individus.

Cela implique d’abord concevoir les études avec ces publics, ainsi que les mesures et les politiques à mettre en œuvre. Ensuite, il s’agit de reconnaître les forces structurelles et historiques qui façonnent l’anxiété climatique. Et enfin, de veiller à ce que le langage que nous utilisons reflète le monde tel que les gens le vivent réellement. Nous reconnaissons que les médias d’information et les réseaux sociaux jouent un rôle important dans la formation de l’opinion publique, c’est pourquoi nous avons choisi d’écrire cet article et d’autres du même genre.

Ce que j’ai compris de l’éco‑anxiété après avoir parlé avec 1 000 personnes l’ayant vécue

Les recherches en ligne sur les termes éco-anxiété et anxiété climatique ont augmenté de façon spectaculaire au cours des cinq dernières années. Cela peut-il favoriser l’action climatique ? Une spécialiste de la santé mentale, qui a récolté les témoignages de plus de 1 000 personnes souffrant d’éco-anxiété, donne son éclairage.

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Le mécénat scientifique d’AXA fait désormais partie du Fonds Axa pour le Progrès humain, qui regroupe les engagements philanthropiques du Groupe et des mutuelles d’Assurances Axa dans les domaines de la science, de la nature, de la solidarité et de la culture. Avant 2025, ce mécénat scientifique global était assuré par le Fonds Axa pour la Recherche, qui a soutenu plus de 750 projets à travers le monde depuis sa création en 2007. Pour en savoir plus, rendez-vous sur Fonds Axa pour le progrès humain.


Daniella Watson, Research fellow, Imperial College London et Emma Lawrance, Lead Policy Fellow for Mental Health, Imperial College London

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

L’éco‑anxiété : une réponse saine face à la crise climatique. Une manifestation pour le climat en mars 2019, à Strasbourg, en France. Patrick Hertzog / AFP
Contrairement à une idée reçue, l’éco-anxiété n’est pas une maladie, mais une réaction émotionnelle adaptée face aux enjeux environnementaux. Les jeunes et les autres groupes disposant de peu de pouvoir dans la société sont les plus concernés. Mener des actions collectives aide à surmonter ses inquiétudes.

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Accompagner l’éco-anxiété à l’école et au travail, un rapport de la Fondation Jean Jaurès

L’éco-anxiété chez les jeunes

Le changement climatique fait non seulement des ravages sur la planète, mais aussi sur notre santé mentale. Diána Ürge-Vorsatz, vice-présidente du GIEC, explique comment elle fait pour ne pas se laisser submerger par l’éco-anxiété.

Partenaires des Lauriers de la Régénération : tous acteurs de la transition écologique

Les Lauriers de la Régénération, grâce à ses partenaires acteurs de la transition écologique, visent à mettre en lumière les initiatives pionnières en matière de pratiques régénératives du vivant. Ce « dispositif apprenant », comme le qualifie son fondateur Jérémy Dumont, Président du collectif Nous sommes Vivants, réunit les 11 & 12 juin des entreprises ou organisations ayant lancé des produits ou services contribuant activement à la régénération de la nature et du vivant humain, tout en étant économiquement viables. Partenaire média de cette troisième édition, Cdurable.info présente les partenaires officiels dont le rôle est indispensable pour faire connaitre dans leur réseau les exemples régénératifs et inspirants, avec un focus cette année sur les produits Made in France.

Mouvements Partenaires des Lauriers de la Régénération 2026

Les Lauriers de la Régénération distinguent des offres commerciales qui transforment une chaîne de valeur, produisent des effets contributifs sur la nature et les humains, et s’inscrivent dans un territoire et une coalition d’acteurs. Trente acteurs de la transition écologique et sociale sont partenaires de cette 3ème édition pour contribuer à faire connaitre les exemples régénératifs et inspirants de solutions utiles et durables. C’est pourquoi Cdurable.info est partenaire média de cette 3ème édition et présente chacun des partenaires officiels des Lauriers de la Régénération 2026 (par ordre alphabétique). Un écosystème régénératif !

CEC – Convention des Entreprises pour le Climat

Des parcours destinés à repenser les modèles d’affaires des entreprises dans le cadre des limites planétaires et du plancher social

La CEC accompagne des collectifs de dirigeants via des parcours destinés à repenser leurs modèles d’affaires dans le cadre des limites planétaires et du plancher social. Suite à une première édition nationale en 2021-2022, la CEC s’est démultipliée en parcours territoriaux ou thématiques qui ont en commun une méthodologie unique :

  • UN PROGRAMME APPRENANT SUR 10 MOIS : entre conférences animées par des experts scientifiques et moments d’intelligence collective entre pairs : 6 sessions – 12 jours
  • UNE PÉDAGOGIE UNIQUE : Réconcilier l’intellect et le cœur des décideurs pour se mettre en mouvement : tête – cœur – corps
  • POUR DES COLLECTIFS DE DIRIGEANTES ET DIRIGEANTS : Sélectionnés pour représenter la diversité de l’économie de leur territoire ou de leur secteur d’activité
  • DES LIVRABLES TOURNÉS VERS L’ACTION : pour ressortir outillés et prêts à transformer : sursaut – projets coopératifs – feuilles de route
Quelques chiffres : depuis sa création, 25 parcours / +1.500 entreprises embarquées / 1.000 feuilles de route rendues / +50 projets coopératifs / +400 contributeurs.

Envie de transformer votre organisation ?
Découvrir les parcours pour entreprises prêtes à faire bouger les lignes ? Participer à un webinaire pour en savoir plus ?


Plus largement, la CEC œuvre à faciliter les conditions de transformation des modèles, en mettant en mouvement les décideuses et décideurs économiques et en normalisant/démocratisant le concept d’entreprise régénérative. La CEC (Convention des Entreprises pour le Climat) est une association d’intérêt général dont la mission est de rendre irrésistible la bascule de l’économie extractive vers l’économie régénérative avant 2030.

Alumni de la CEC ?

« L’année dernière, 5 entreprises qui ont suivi nos parcours ont été récompensées ! Cela prouve que vos feuilles de route se transforment concrètement en solutions régénératives. Ne laissez pas votre place, candidatez !« 

Conseil Regen – Communauté du conseil à visée régénérative

Ce collectif de sociétés de conseil comprend que le dépassement des limites planétaires et les atteintes à la justice sociale mettent en péril les conditions de vie sur terre et que nos modèles économiques et nos modes de vie en sont la cause. Fort de cette prise de conscience, il n’y a pas d’avenir soutenable, ni pour chacun d’entre nous, ni pour les entreprises, sans la mise en œuvre de transformations profondes et systémiques, à la hauteur de ces enjeux. Déterminés à façonner un monde souhaitable, les membres de Conseil Regen s’engagent à contribuer à résoudre les défis les plus pressants de notre époque, tels que le dérèglement climatique, la perte de la biodiversité, la dégradation des écosystèmes et l’atteinte aux droits humains.

Il était une fois …
Un nouveau territoire à explorer

En 2023, la CEC Consulting publie un manifeste (ci-dessous), un livre blanc et une charte du conseil régénératif. La communauté Conseil Regen est créée en 2024 soutenue par la CEC Consulting et le Syntec.

En 2025, Conseil Regen publie de premiers communs à visée méthodologique et pédagogique.

C3D – Collège des Directeurs du Développement Durable

Créé en 2007, le C3D est une association de type loi 1901, réunissant plus de 400 directeurs du développement durable et de la RSE d’entreprises et d’organisations privées et publiques en France. Il est présidé depuis 2016 par Fabrice Bonnifet, également Président de GenAct.

L’ambition du C3D est d’être l’association de référence des acteurs qui œuvrent pour des entreprises plus responsables ! Pour soutenir cette ambition, 4 missions précisent la raison d’être du C3D.

1- Accompagner les professionnels du Développement Durable dans la maîtrise de l’ensemble des compétences liées à leur fonction.
2- Faire reconnaître, valoriser et rendre opérationnelle la contribution du Développement Durable / de la RSE à la performance globale de l’entreprise.
3- Détecter et décrypter les tendances sociétales actuelles et de demain.
4- Influencer les décideurs et les leaders d’opinion pour accélérer la transformation des modèles économiques.

La régénération au service
de la résilience des entreprises

De la CSRD à l’entreprise régénérative : le C3D publie un guide pour transformer les modèles d’affaires

Agir avec les directeurs et responsables du développement durable et de la RSE

Ceebios – Centre de référence du biomimétisme

La transition sociétale
par le biomimétisme

Ceebios accélère la transition sociétale par le biomimétisme, cette démarche d’innovation qui s’inspire du vivant pour tirer parti des solutions et inventions produites par la nature. En fédérant un réseau d’acteurs experts, Ceebios souhaite devenir LE centre de référence dans ce domaine. Avec « Le vivant comme source d’inspiration, de méthode et de transformation », la raison d’être de Ceebios est d’accélérer la transition socio-écologique, par le biomimétisme. Sa boussole : « Nous inspirer des systèmes biologiques pour repenser nos produits, services, organisations, territoires. »

Le biomimétisme se construit collectivement et sa mise en œuvre à grande échelle nécessite une organisation commune. C’est le rôle de la coopérative Ceebios, une SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif), un statut adapté aux défis du biomimétisme qui naît d’un émerveillement face au génie du vivant et à ses 3,8 milliards d’années d’évolution. Transformer cette inspiration en nouveaux modèles demande de croiser les savoirs, d’expérimenter ensemble et d’agir dans la durée. Le modèle coopératif offre ce cadre collectif et permet de structurer le déploiement du biomimétisme à l’échelle des produits, des bâtiments et des territoires.

Ceebios vous accompagne dans la mise en œuvre du biomimétisme

Biomimétisme en France,
un état des lieux

Un rapport du Ceebios

Des Enjeux & Des Hommes – Cabinet de Trans’Formation des entreprises vers des écosystèmes soutenables et résilients.

Des Enjeux et Des Hommes est un cabinet spécialisé dans la transformation des entreprises et organisations vers des écosystèmes soutenables et résilients. Pionnier du conseil en stratégie et formation RSE depuis plus de 20 ans, le cabinet accompagne les entreprises qui souhaitent concilier enjeux économiques, écologiques et sociaux pour bâtir une stratégie de durabilité robuste et inspirante. Il co-construit avec ses clients dans la durée, des protocoles d’accompagnement à la transition. Sa raison d’être est de “Déclencher les prises de conscience et accompagner le passage à l’action indispensables à la transformation des organisations, avec leur écosystème, vers des modèles soutenables

Publications et ressources des Enjeux & des Hommes
  • Intégrer les enjeux de durabilité à la stratégie de l’entreprise au prisme des impacts financiers et matériels auxquels elle est exposée et en déduire un plan d’action et une feuille de route RSE
  • Définir la raison d’être pour remobiliser les parties prenantes autour du projet d’entreprise et ambitionner de devenir société à mission
  • Engager les équipes dirigeantes et parties prenantes dans la stratégie de durabilité et son déploiement RSE par le dialogue parties-prenantes et des programmes de formation
  • Sécuriser la chaîne d’approvisionnement et structurer la politique d’achats responsables avec la fonction achat et ses parties-prenantes
  • Créer un référentiel propriétaire de bonnes pratiques RSE pour l’entreprise/filière et le labelliser ou obtenir une labellisation RSE (B-Corp, Ecovadis…)
  • Sensibiliser, former et professionnaliser la gouvernance et chacune des directions métiers aux enjeux de durabilité
Des Enjeux & Des Hommes – Cabinet de Trans’Formation des entreprises vers des écosystèmes soutenables et résilients

FNE – France Nature Environnement Ile-de-France

Partout où l’environnement
a besoin de nous !

France Nature Environnement Ile-de-France est la fédération régionale des associations franciliennes de protection de la nature et de l’environnement. Elle est le porte-parole de plus de 400 associations, unions ou collectifs départementaux et locaux. Membre de la fédération nationale France Nature Environnement, FNE Ile-de-France est son représentant régional.

Créée en 1974, elle est régie par la loi de 1901, agréée environnement depuis 1981 et habilitée au dialogue environnemental au niveau régional depuis 2012. Elle est indépendante de tout mouvement confessionnel, syndical, économique ou politique.

Les 400 associations, les 45 000 adhérents et les équipes d’experts et de consultants bénévoles sont la voix de FNE Ile-de-France. Une voix qui s’exprime grâce au magazine d’information Liaison et via les interfaces numériques (site web, BlueSky ou Facebook). Les sessions de formations participent à diffuser la connaissance environnementale.

Face aux menaces qui pèsent sur l’environnement, l’union défend l’intérêt général. FNE Ile-de-France intervient auprès des décideurs par des contacts réguliers, propose des solutions pour concilier activités humaines et équilibres naturels, assure la représentation des associations de protection de la nature et de l’environnement dans de nombreuses instances de concertation et consultatives, agit en justice.

Justice environnementale
État des lieux des régressions

Printemps 2026

GenAct – Communauté de GenActeurs pour une RSE à visée régénérative

Agir pour une responsabilité sociétale des entreprises à visée régénérative

GenAct réunit toutes celles et tous ceux qui souhaitent agir pour une RSE à visée régénérative. Parce que chercher à atténuer les impacts négatifs ne suffit pas. L’entreprise doit réparer, même régénérer, ce qui a été dégradé et questionner sincèrement ses pratiques et modèles d’affaires.​ Créée et soutenue par le C3D, l’association GenAct invite toutes celles et ceux qui souhaitent agir en ce sens et mettre en œuvre des projets concrets à devenir des GenActeurs.​

GenAct rassemble et accompagne toutes celles et ceux qui veulent transformer leurs organisations pour faire émerger une économie à visée régénérative, inscrite dans le respect des limites planétaires.

Les 10 principes GenAct

10 principes fondamentaux pour transformer un modèle économique et social en faveur d’un impact positif durable :

  1. Respect des limites planétaires et du plancher social : L’entreprise respecte les limites planétaires et le plancher social, réduit ses pressions et contribue à restaurer la capacité de régénération des systèmes vivants
  2. Modèle de propriété et gouvernance alignés : L’entreprise adopte un modèle de propriété et de gouvernance qui subordonne la rémunération du capital et le partage de la valeur à la réalisation de sa mission régénérative.
  3. Raison d’être et contribution socio-écologique : La raison d’être de l’organisation exprime une contribution socio-écologique positive, co construite avec les parties prenantes contractuelles et non contractuelles, et évaluée dans toutes les décisions.
  4. Sobriété, circularité et coopération : Le modèle économique réduit l’intensité extractive privilégie sobriété et circularité régénérative, et favorise les coopérations qui renforcent la résilience collective et territoriale.
  5. Partage équitable de la valeur totale : L’entreprise organise un partage équitable de la valeur créée – financière, sociale et écologique – entre toutes les parties prenantes, présentes et futures.
  6. Ancrage territorial et coopération écologique : L’entreprise et sa chaîne de valeur s’ancrent territorialement et contribuent à protéger et régénérer les patrimoines naturels et culturels dont elles dépendent.
  7. Représentation du vivant non humain dans la gouvernance : L’entreprise intègre les intérêts du vivant non humain dans sa gouvernance par des mécanismes contraignants de représentation et de décision.
  8. Leadership et culture managériale régénérative : Le leadership et la culture managériale favorisent coopération, confiance et autonomie au service de la mission régénérative.
  9. Préservation et régénération des capitaux : L’entreprise mesure, maintient et régénère les capitaux naturel, humain et financier en garantissant leur capacité productive de long terme.
  10. Conception compatible avec les cycles du vivant : L’entreprise contribue à la vitalité des écosystèmes et s’inspire de leurs capacités de régénération et de diversification pour renforcer sa propre résilience et prospérer avec le vivant.

Retrouvez toutes les ressources associées aux principes en devenant GenActeur

Institut Michel Serre – Pour les ressources et les biens communs

« Nous dépendons désormais des choses qui dépendent de nous »

Michel Serres, Le contrat naturel

L’institut Michel Serres a pour objectif d’établir les principes pour fonder les institutions publiques d’une transition équitable vers une société écologiquement et socialement solidaire. L’institut Michel Serres est avant tout une école vivante qui met en valeur les savoirs, issus de l’écoute et de la coopération de l’ensemble des acteurs de la société.

L’explosion depuis les années 1950 des interactions, entre les activités économiques et les processus naturels, a modifié les grands cycles biogéochimiques de la planète, en affectant la dynamique du Système que les sociétés humaines forment avec la Terre.  

L’institut Michel Serres s’engage ainsi à œuvrer non seulement pour le ménagement et la préservation mais également pour la restauration, la régénération et l’accroissement des ressources écologiques qui constituent les biens communs dont dépend la satisfaction pérenne des besoins humains fondamentaux.

En 1990, Michel Serres publiait le Contrat Naturel pour répondre à ces conditions inédites dans l’histoire de l’humanité. En reconnaissant tous les êtres naturels comme sujets de droit(s), le Contrat Naturel imagine une organisation symbiotique des interactions entre les humains et les autres vivants pour apprendre à habiter la nouvelle Terre qui est en train de naître sous nos yeux.  

Concepts fondateurs

  • Capital naturel : Les ressources naturelles sont des agents géologiques et biologiques, vus comme moyens de production de biens et services écosystémiques (production d’oxygène, épuration de l’eau, prévention de l’érosion, pollinisation des cultures, alimentation, …). Son évaluation est indispensable à la reconnexion à la Terre et à la définition des objectifs de résilience à venir.
  • Exception agricole : Déconnecter les prix agricoles dans chaque pays des cours mondiaux. L’agriculture offre des services essentiels à l’humanité. Elle est en première ligne face aux aléas environnementaux et sociaux et n’est pas une activité économique comme les autres. L’exception agricole acte ce constat et offre un cadre juridique et économique à ce secteur essentiel.
  • Santé commune : Il s’agit de se ré-approprier la définition du mot en considérant que la santé des humains dépend de la santé des sociétés, qui elle-même dépend de la santé des milieux naturels. La santé commune a une longue tradition historique, les principaux progrès sanitaires ayant été effectués par l’assainissement des environnements, bien avant l’émergence de la médecine moderne. Elle fait également écho à la définition de la santé par l’OMS qui la décrit comme « un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ».
  • Robustesse : C’est la capacité d’un système à maintenir sa stabilité (à court terme) et sa viabilité (à long terme) malgré les fluctuations. Les êtres vivants sont des systèmes robustes : au lieu de mettre l’accent sur la performance à court terme par l’optimisation, ils conservent de grandes marges de manœuvres pour rester adaptable, grâce à la sous-optimalité, pour faire face aux turbulences. La gouvernance de certains biens communs – aquifères, champs irrigués, prairies de haute montagne – a fait ses preuves. Une telle robustesse est permise grâce à des principes qui pourraient nous inspirer pour faire face aux nombreux défis de l’Anthropocène.

Les Nymphéas – Les Prix de la communication à impact positif

La 2ème cérémonie des Prix Nymphéas de la communication à impact positif s’est tenue en décembre 2025 au Ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique. La Filière Communication a récompensé 16 campagnes à impact positif. Les Prix Nymphéas trouvent leur origine dans les engagements volontaires de la Filière Communication et sa volonté de contribuer à la transition, d’opérer une prise de conscience et de changer les comportements.

Face à la stagnation, voire au recul des initiatives en matière de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), certaines entreprises françaises font preuve de détermination et maintiennent leurs engagements : une saine et vaillante résistance au cœur des turbulences géopolitiques.

Communication à impact positif : les lauréats des Prix Nymphéas 2025

Kantar Media, partenaire des Nymphéas, a présélectionné 96 campagnes RSE sur des critères inspirés des recommandations de l’ADEME et ayant fait l’objet d’un investissement média significatif. Ces campagnes ont été soumises à un jury de professionnels de l’écosystème de la RSE, représentatif des parties prenantes (sphère publique, experts RSE, entreprises, ONG, agences) pour n’en garder que 30, soumises au vote citoyen. 12 campagnes dans 4 catégories sont sorties du sondage et le jury a sélectionné 4 campagnes d’ONG.

Les lauréats de la première édition des Prix Nymphéas – Filière Communication

Mieux – Agence de communication engagée

Valoriser les engagements RSE et d’inventer de nouveaux produits et solutions durables

MIEUX est une agence conseil et créative qui accompagne les marques et les entreprises engagées. Elle valorise leur stratégie RSE en interne comme en externe et accélére le développement de leurs offres éco-innovantes. Son métier est de valoriser les engagements RSE et d’inventer de nouveaux produits et solutions durables. De grandes entreprises et de nouvelles marques ont la volonté de contribuer au monde de demain : Decathlon, Bollinger, Lexmark, Danone, L’Oréal, Lidl, Heineken, Sanofi, Air Liquide, Saint-Gobain, Nexans … La raison d’être de l’agence MIEUX est : « Accélérer la transition sociale et environnementale par un nouveau modèle d’agence de communication engagée experte, agile, créative et heureuse« . MIEUX est une société à mission, labellisée Positive Workplace *** (ISO26000) et participe à la neutralité carbone collective après compensation de ses émissions résiduelles. MIEUX est « Agence de communication RSE de l’Année » en 2023, Great Place To Work, membre du C3D et de la CEC.

Manifeste mieux

« Alors on commence par où ? On commence par rêver. Chaque entreprise, petite ou grande, a le potentiel d’être un laboratoire de prospectives, chaque communauté a le pouvoir de provoquer le changement et chaque individu détient la capacité prodigieuse d’agir.

​​L’imaginaire collectif est puissant. Il reflète et conditionne notre façon de percevoir l’avenir et d’ajuster nos actions en conséquence. Depuis 2009, nous sommes fières* de contribuer à l’émergence de nouveaux récits collectifs. ​Notre vision vous inspire ? Tant mieux.« 

*Au regard de la majorité de femmes dans le monde de la RSE, au sein de l’agence et parmi nos clients, nous faisons le choix de féminiser notre langage, en cohérence avec cette réalité.

Mouvess – Le Mouvement pour une Économie Écologique, Sociale et Solidaire

Le mouvement des entreprises
d’utilité sociale et écologique

Le Mouvess rassemble les entreprises ESUS, qui ont l’agrément1 « Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale », en assure la promotion et la représentation auprès des pouvoirs publics et de la société dans son ensemble, et en anime la communauté partout en France.

Manifeste Mouvess

  • Développer une dynamique entrepreneuriale entièrement dédiée à la résolution d’une problématique sociale ou environnementale,
  • Associer à un modèle économique pérenne, une gouvernance partagée, une non-lucrativité ou une lucrativité limitée, un encadrement clair des rémunérations du travail (telles que définies par l’agrément ESUS) et du capital, afin de favoriser un partage équitable de la valeur,
  • Promouvoir une évaluation continue de l’utilité et de l’impact social et environnemental, tel est le chemin d’exigence des entreprises écologiques, sociales et solidaires.
Une co-présidence : “Une motivation intacte : “Continuer à écrire une nouvelle page de l’ESS pour la rendre plus exigeante avec elle-même et plus ouverte sur l’Écologie et les Communs.”
Anne-Sophie Thomas, Gestia Solidaire
& Mathieu Castaings, FINACOOP

C’est cette voie que Mouvess souhaite promouvoir et transmettre à toutes celles et tous ceux qui souhaitent s’engager.

5 groupes de travail pour structurer l’action avec les membres du Mouvess

  • Plaidoyer politique : Porter la voix de l’Économie Écologique Sociale et Solidaire (EESS) auprès des décideurs politiques et institutionnels
  • Communauté & territoires : Fédérer et accompagner les acteurs de l’EESS dans les territoires :
  • Europe & international : Définir un cadre pour l’EESS à l’échelle européenne, participer aux débats internationaux
  • Mobilisation citoyenne : Encourager la participation et l’engagement des citoyens autour des valeurs et des organisations de l’EESS
  • Études & recherche : Produire et diffuser des connaissances pour renforcer la reconnaissance et l’impact de l’EESS

Promotion de l’agrément ESUS

  1. L’habilitation ESUS en droit français est décernée aux entreprises poursuivant un objectif d’utilité sociale ↩︎

OFB – Office Français de la Biodiversité

Au cœur de l’action
pour la préservation du vivant

L’Office Français de la Biodiversité (OFB), créé en 2020, est un établissement public placé sous la double tutelle des ministères chargés de l’environnement et de l’agriculture. Sa mission est de protéger et restaurer la biodiversité en France, en métropole et en outre-mer. Avec plus de 3 000 agents, dont 1 700 inspecteurs de l’environnement, l’OFB agit à travers cinq missions complémentaires :

  1. Police de l’environnement : Prévenir et réprimer les atteintes à l’environnement liées à l’eau, aux espaces naturels, à la flore et la faune sauvage ;
  2. Connaissance et expertise : Mieux comprendre les espèces, les milieux, les services rendus par la biodiversité et les menaces qu’elle subit ;
  3. Appui aux politiques publiques : Aider les politiques publiques à répondre aux enjeux de préservation de la biodiversité ;
  4. Gestion et restauration des espaces protégés : Gestion ou co-gestion des aires protégées dont l’OFB à la charge ;
  5. Mobilisation des acteurs et des citoyens : Enclencher des transformations sur tous les aspects de nos sociétés humaines.

Au cœur de l’action pour la préservation du vivant dans les milieux aquatiques, terrestres et marins, l’OFB joue un rôle essentiel pour lutter contre l’érosion de la biodiversité. Parmi ses principales causes : la destruction et la fragmentation des milieux naturels, la surexploitation des ressources naturelles, le changement climatique, les pollutions ou les espèces exotiques envahissantes.

Grâce à une organisation territoriale, l’OFB est au plus près des enjeux locaux et collabore avec un large éventail d’acteurs – collectivités, associations, entreprises, scientifiques et citoyens – pour renforcer la protection du vivant.

Préserver la nature,
c’est aussi nous préserver

Open lande – Entreprises et territoires

Assurer la pérennité de l’entreprise en contribuant à créer un écosystème à visée régénérative

Tous les dirigeants veulent adapter leur organisation aux enjeux climatiques. Mais ils font face à 3 problèmes :

  1. Un manque de temps pour décrypter les réglementations toujours plus complexes (CSRD, VSME, bilan carbone…).
  2. Une crainte de ralentir le business en essayant d’innover pour réduire l’empreinte écologique.
  3. Des difficultés dans la priorisation des attentes des partenaires et clients sur ces sujets.
Les principes de l’entreprise régénérative. Les piliers de l’économie régénérative : capital naturel, capital économique et humain

Open Lande a été créé pour transformer l’organisation de l’entreprise, pour la pérenniser avec succès et cela demande du temps et de l’expertise. Le parcours Open Lande, c’est :

  1. La sensibilisation et la formation des équipes aux enjeux climatiques.
  2. Les diagnostics carbone et biodiversité des activités.
  3. La stratégie impact de l’organisation.
  4. L’éco-conception des services, processus et produits à faible impact.

Dans un objectif : Assurer la pérennité de l’entreprise. En contribuant à créer un écosystème à visée régénérative. Et ça marche, parce qu’aujourd’hui, nous avons déjà accompagné plus de 500 entreprises dans leur transformation. Alors ? Prêt à passer à l’action ?

L’économie régénérative considère que les ressources naturelles et leur fantastique capacité à se régénérer, constituent le socle de la vie sur Terre. Elles sont par conséquent, la base de notre organisation en société. Sans nature, pas de civilisation. Sans civilisation, pas d’activité économique. Pas d’entreprise non plus. « S’il n’y a pas de revendeur Apple sur Mars, c’est parce la vie n’y a pas sa place« 

Livre blanc « Régénérer »

ORÉE – Réseau multi-acteurs engagés pour l’écologie dans l’économie

ORÉE, association multi-acteurs engagés pour l’écologie dans l’économie.

Plateforme Entreprises & Biodiversité : Cette plateforme vise à permettre aux entreprises de se repérer pour s’engager dans des démarches concrètes en faveur de la biodiversité, quels que soient leur taille, leur secteur ou leur niveau de maturité.

Les entreprises à l’heure de la biodiversité

Créée en 1992, ORÉE rassemble près de 200 entreprises, collectivités territoriales, associations professionnelles et environnementales, organismes académiques et institutionnels pour développer une réflexion commune sur les meilleures pratiques environnementales et mettre en œuvre des outils pratiques pour une gestion intégrée de l’environnement à l’échelle des territoires.

Référentiel ELIPSE : EvaLuatIon des PerformanceS des démarches d’Ecologie industrielle et territoriale

L’action de l’association se concentre autour de trois priorités :

  • Biodiversité et économie, ou comment intégrer la biodiversité dans la stratégie des organisations
  • Économie circulaire recouvrant les démarches centrées à la fois sur les produits / services / équipements (économie de la fonctionnalité, éco-conception), les filières (recyclage, valorisation) et les territoires (écologie industrielle et territoriale)
  • Reporting RSE/ESG en lien avec la réglementation française et européenne sur la publication d’informations extra-financières.

Biodiversité & Économie

Immersion à la COP15

À travers la co-construction et le partage d’expériences entre ses adhérents, l’association fait émerger des solutions concrètes, des axes de réflexion ainsi que des recommandations sur chacune de ses priorités. Résolument tournée vers l’opérationnel, ORÉE se distingue par :

  • Des adhérents engagés et réunis autour des mêmes enjeux
  • Un réseau dynamique pour échanger, coopérer, formuler des propositions, expérimenter des solutions pragmatiques…
  • Des outils pratiques et collaboratifs : publications, plateformes web, projets…
  • Des services : Groupes de Travail, Clubs Métiers, événements réguliers, veille et communication, expertise et accompagnement technique…

Permaentreprise – Un modèle d’entreprise inspiré de la permaculture

La permaentreprise: Un modèle viable pour un futur vivable, inspiré de la permaculture

un autre mode de production existe dont l’entreprise peut s’inspirer :
c’est la permaculture

Notre modèle de développement n’est plus viable. Il creuse les inégalités, consume la bio-régénérescence de la planète et accélère le réchauffement climatique. Il y a urgence à en changer. Or, un autre mode de production existe dont l’entreprise pourrait s’inspirer : c’est la permaculture. D’où l’idée de la Permaentreprise, créée et par Sylvain Breuzard dans son livre « la permaentreprise, un modèle viable pour un monde vivable« .

Concrètement, une entreprise qui se développe en mode perma, c’est une entreprise qui crée de la valeur en respectant conjointement 3 principes :

  1. prendre soin des humains
  2. 🌱 préserver la la planète
  3. 🎯 se fixer des limites et partager les surplus

En clair, un modèle viable pour un futur vivable ! Quels bénéfices pour l’entreprise ?

  • ✔ Attirer les talents
  • ✔ Attirer les clients
  • ✔ Innover
  • ✔ Faire des économies en réduisant les coûts cachés comme le désengagement au travail, l’absentéisme…
  • ✔ Anticiper les lois et les normes environnementales

Ce nouveau modèle de développement est aujourd’hui mis en œuvre dans des entreprises comme : norsys, Serda archimag, Nuageo

D’autres s’y préparent. Même des associations et fédérations sportives s’y mettent. Si vous êtes intéressé par ce modèle, curieux de voir comment il se décline :

Tek4life – Vers des organisations compatibles avec le vivant

Tek4life est un catalyseur de la transition écologique. Les modes de vie, de production et d’échange sont en révision profonde face aux limites non négociables du vivant et de la planète. Tek4life prend le vivant comme boussole de la prospérité, véritable garantie de l’habitabilité de la Terre. En coopération avec Entrepreneurs d’Avenir, elle propose le Manifeste pour refonder le progrès auquel vous pouvez adhérer en ligne. Avec ses référents du monde de la recherche, elle soutient des communautés apprenantes pour faire des choix bioécocompatibles.

Formation aux mesures d’impact et comptabilités écologiques

Au-delà du reporting, s’outiller pour transformer l’entreprise jusque dans son modèle d’affaire

Au terme d’une année de partage avec des experts et d’échanges avec des praticiens, l’Alliance ComptaRegeneration retient 5 défis-clés pour développer une comptabilité écologique et mettre l’économie en phase avec le vivant :

  1. Renseigner sur les limites
  2. Prouver la viabilité
  3. Partager la responsabilité
  4. Co-construire la légitimité
  5. Assurer la confiance

Acteurs Partenaires des Lauriers de la Régénération 2026

SALN : Nouakchott, bientôt sauvée des eaux ?

Grâce à la Société d’aménagement du littoral de Nouakchott (SALN), la capitale mauritanienne est en train de moderniser ses infrastructures urbaines et l’aménagement de la façade atlantique. Une initiative impliquant acteurs publics et privés, dont le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a pu louer les avancées lors de sa visite à Paris en avril.

Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani n’a pas fait le déplacement pas hasard. En visite d’État à Paris du 14 au 17 avril dernier, le président mauritanien a replacé son pays sur l’échiquier sahélien et n’a pas caché son souhait d’attirer de nouveaux investissements français. El Ghazouani s’est réjoui que « la profondeur et l’intensité des relations entre la Mauritanie et la France représentent une grande opportunité pour donner un nouvel élan à la coopération bilatérale et renforcer les liens d’amitié et de partenariat entre les deux pays sur la base du bénéfice mutuel ». Un gage de relations solides, sous forme de victoire diplomatique à la fois pour Nouakchott et pour Paris. « Ce que cette visite met en lumière, c’est l’entrée dans une phase nouvelle des relations franco-mauritaniennes, souligne l’analyste politique mauritanien Mansour Ly. Il ne s’agit plus de dépendance unilatérale. Il ne s’agit pas non plus de rupture. Il s’agit d’une interdépendance assumée, dans laquelle chaque partie apporte ce que l’autre ne peut produire seule. »

Un projet structurant pour Nouakchott

En arrivant au pouvoir en 2019, le président El Ghazouani a tracé sa feuille de route avec un ambitieux programme de développement appelé Taahoudaty (« Mes engagements » en hassaniyya) : réduction des inégalités sociales, développement de l’éducation et de la santé, lutte contre la pauvreté des populations les plus vulnérables, améliorations des infrastructures… Dans ce dernier domaine, le réaménagement du territoire de la capitale mauritanienne et du cordon dunaire qui la protège de l’océan était annoncé comme l’une des priorités. C’est ainsi qu’est née en 2021 la Société d’aménagement du littoral de Nouakchott (SALN), dans le cadre du Schéma directeur d’aménagement urbain (SDAU) de la capitale.

L’objectif affiché : redessiner quelques 1000 hectares de Nouakchott, intégrer au mieux le développement urbain de la capitale dans son environnement côtier si particulier – un coup d’œil sur GoogleEarth suffit à comprendre – et lutter contre les conséquences du réchauffement climatique. Quatre axes ont été mis en avant par la SALN pour relever ces défis : protéger la ville des risques de submersion, limiter l’étalement urbain, harmoniser la place de la ville dans son environnement littoral et assurer la sécurité du million et demi d’habitants de Nouakchott face aux risques climatiques. Une initiative récompensée lors de la Cérémonie des Prix de l’Innovation FinanceYourCities (FYC) en 2025.

Un partenariat public-privé réussi

Désormais dirigée par Jean-Christophe Bonnois – nommé le 22 avril à la direction générale de l’entreprise –, la SALN va pouvoir continuer de développer ce programme structurant destiné à valoriser le littoral atlantique. Elle peut s’appuyer pour cela sur la vision commune des acteurs publics et privés impliqués dans le projet. À sa création, cette entreprise d’économie mixte a en effet réuni deux actionnaires, à parts égales : l’État de la République islamique de Mauritanie d’un côté, et The Urban Resilience Fund (TURF) de l’autre. Cette entité privée est un fonds de résilience urbaine géré par la société à mission française Meridiam, spécialisée dans le développement d’infrastructures durables dans de nombreux pays aux quatre coins du monde, dont plus de dix pays sur le continent africain avec de très grands projets notamment en Égypte, au Sénégal ou en Côte d’Ivoire.

En Mauritanie, l’entreprise française a ainsi mobilisé 60 millions d’euros pour dans les projets de la SALN. « Nouakchott est aujourd’hui fortement menacée par les risques d’érosion et de submersion, estime Meridiam. La ville a été bâtie en partie en deçà du niveau de la mer et son cordon dunaire a fortement été fragilisé ces dernières années par l’érosion naturelle, l’urbanisation et le développement d’activités industrielles et économiques. La vulnérabilité du littoral de Nouakchott s’est accélérée sous les effets du changement climatique. » Ce type de topographie en bordure d’océan est en effet problématique selon les différents rapports du GIEC, et sans grands projets d’infrastructures, les zones résidentielles et économiques pourraient être menacées.

Ce projet revêt donc une importance vitale pour la capitale mauritanienne et pour son activité économique. « En tant que ville côtière, Nouakchott est particulièrement exposée à la montée du niveau de la mer, à l’érosion côtière et aux événements pluvieux extrêmes, détaille la SALN. Le marché aux poissons de Nouakchott sera en danger si des mesures de protection ne sont pas mises en œuvre. Ce marché, fréquenté par 30000 personnes par jour, est l’un des principaux pôles socio-économiques de la ville. Le projet vise à fournir des solutions durables basées sur la nature pour protéger Nouakchott et favoriser une croissance économique durable. » Pour le gouvernement dirigé par Moctar Ould Diay et pour la présidente de la région de Nouakchott Fatimetou Mint Abdelmalek, l’enjeu est de taille : la capitale mauritanienne abrite en effet près d’un quart de la population totale du pays et concentre l’essentiel de l’activité économique et des services – hors industries extractives.

Paris-Nouakchott, une relation solide

Pour Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, consolider une relation solide avec la France s’inscrit dans une stratégie globale, le président mauritanien tissant également des liens avec d’autres pays européens comme le Royaume-Uni. Mais à Paris lors de sa visite officielle, El Ghazouani a trouvé en Emmanuel Macron un partenaire attentif. Le locataire de l’Élysée s’est en effet félicité de voir la France doubler son portefeuille de projets en Mauritanie au cours des deux années écoulées. Mis à part l’engagement de Meridiam dans la Société d’aménagement du littoral de Nouakchott (SALN) ainsi que dans le terminal à conteneurs du port de Nouakchott – pour un investissement de 155 millions d’euros –, l’État français est également impliqué via l’Agence française de développement (AFD) à hauteur de 488 millions d’euros, ventilés dans un panel de projets allant de l’agriculture à l’énergie en passant par l’alimentation en eau potable.

Rendez-vous est d’ores et déjà pris entre les deux présidents qui se retrouveront au sommet Africa Forward de Nairobi les 11 et 12 mai prochain, au cours duquel les questions de financement du développement et les rencontres d’affaires seront au centre des discussions. « La Mauritanie offre à la France ce que d’autres capitales sahéliennes lui refusent désormais, analyse Mansour Ly. Un interlocuteur souverain, stable, non hostile, et surtout capable de poser les termes de la coopération sans céder à la rhétorique de la confrontation. » Tout le monde a donc à y gagner.

Regard sur la nature : un nouvel état de la biodiversité en PACA

A l’occasion de la Journée mondiale de la biodiversité le 22 mai, l’Agence régionale de la Biodiversité et de l’Environnement [ARBE] Provence-Alpes-Côte d’Azur nous invite à poser un Regard sur la nature. Elle dresse l’état des lieux de la biodiversité régionale et le bilan des actions mises en place pour réduire les pressions qu’elle subit.

Journée mondiale de la biodiversité 2026

Agir localement pour un impact mondial

En 2026, la journée mondiale de la biodiversité met à l’honneur l’action locale en faveur de la biodiversité pour un impact mondial. Cette journée est l’occasion pour CDC Biodiversité de mettre en avant des actions menées par ses équipes et ses partenaires qui œuvrent pour la protection de la biodiversité et la conservation du vivant.

L’Indice de Biodiversité Local : un outil d’aide à la décision pour agir localement en faveur de la biodiversité.

L’Indice de biodiversité local (IBL) est un outil standardisé permettant d’évaluer l’impact local des projets sur la biodiversité ordinaire dès la phase de conception. Développé selon une approche scientifique robuste et itérative, il s’appuie sur des indicateurs caractérisant le sol, la végétation et la connectivité fonctionnelle, qui permettent de modéliser en France métropolitaine les impacts d’un projet d’aménagement à horizon 7 à 10 ans et d’identifier des solutions moins impactantes ou plus favorables à la biodiversité. Les résultats de l’IBL sont visuels et pédagogiques : ils permettent d’effectuer des analyses précises par indicateurs, par types d’espaces (espaces verts ou imperméabilisés), ou de localiser les gains et pertes sur le site via des rendus cartographiques.

Club B4B+ : mobiliser les entreprises pour intégrer la biodiversité dans leurs stratégies

Face à l’érosion croissante de la biodiversité, l’action collective est essentielle. Le Club B4B+ de CDC Biodiversité réunit plus d’une quarantaine d’entreprises, institutions financières et experts engagés pour intégrer concrètement la biodiversité dans les stratégies d’entreprise, en s’appuyant sur des échanges entre pairs, des actions collectives et des méthodologies robustes.

Véritable espace de collaboration et de mise en réseau, le Club B4B+ favorise le partage d’expériences, les interventions d’experts et une veille continue. Ses groupes de travail permettent de transformer les engagements en actions concrètes, en abordant des enjeux spécifiques par secteur ou par thématique.

Hortilio : mobiliser particuliers et collectivités pour la biodiversité du quotidien

CDC Biodiversité, en partenariat avec Jaya, a développé Hortilio, une application de jardinage écologique à destination des particuliers. Créée en 2021, cet outil permet aux particuliers et aux collectivités d’agir localement pour la préservation du vivant dans les jardins privés, sur les balcons ou les terrasses. Outil de référence pour les collectivités, Hortilio leur permet de sensibiliser leurs administrés, d’évaluer et de faire évoluer les pratiques, tout en assurant le suivi de leur politique biodiversité. En mobilisant les citoyens autour de pratiques de jardinage plus écologiques et en outillant les collectivités grâce à des données, des fiches actions et des communications ciblées, Hortilio favorise la mise en œuvre d’actions positives partagées.

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Synthèse sur l’état de la biodiversité en Provence-Alpes-Côte d’Azur

Une biodiversité exceptionnelle qui reste fragilisée par les activités humaines

L’Agence régionale de la Biodiversité et de l’Environnement [ARBE] Provence-Alpes-Côte d’Azur, dans le cadre de sa mission d’animation de l’Observatoire Régional de la Biodiversité [ORB]1, publie la 5ème synthèse sur l’état de la biodiversité en Provence-Alpes-Côte d’Azur : Regard sur la nature – édition 2025. Cette nouvelle édition dresse le bilan d’une biodiversité exceptionnelle qui reste fragilisée par les activités humaines et témoigne de l’impact positif des actions mises en place pour la préserver. Alors que la Région Sud pilote depuis 1 an une Stratégie Régionale Biodiversité, cette publication apporte ainsi une connaissance précieuse pour les décideurs publics et privés.

Stratégie Régionale pour la Biodiversité 2025-2035 de Provence-Alpes-Côte d’Azur : Cadre d’action partagé avec tous les acteurs du territoire régional pour enrayer le déclin de la biodiversité

Le Sud se lève pour la nature

Une biodiversité régionale exceptionnelle et essentielle

L’édition 2025 de Regard sur la nature confirme que le patrimoine naturel de la région reste remarquable avec une grande diversité d’habitats marins, terrestres et aquatiques. Il abrite le plus grand nombre d’espèces animales et végétales de France métropolitaine (proportion des espèces présentes en région par rapport à la France métropolitaine) :

Chevêche d’Athéna © Martin STEENHAUT
  • 65 % des espèces végétales
  • 85 % des espèces d’oiseaux nicheurs
  • 63 % des espèces d’amphibiens et de reptiles
  • 85 % des espèces de papillons de jour
  • 83 % des espèces de criquets, sauterelles et grillons (orthoptères)
  • 77 % des espèces de libellules et demoiselles (odonates)
  • 57 % des espèces d’éphémères
  • 88 % des espèces de chauve-souris.

Dans le cadre de l’Indice Région Vivante, l’Agence a calculé à partir des nombreux inventaires réalisés menés sur 325 vertébrés sur une période de 20 ans en région que 41 % des espèces étaient en déclin.

41 % des espèces
sont en déclin depuis 20 ans

L’indice Région Vivante

Focus sur 3 espèces

L’Aigle de Bonelli : rapace méditerranéen emblématique classé « en danger critique d’extinction » dans la liste rouge régionale oiseaux menacés de disparition de Provence-Alpes-Côte d’Azur, poursuit sa progression. En 2025, Provence-Alpes-Côte d’Azur abrite plus de la moitié de la population française : sur les 51 couples nicheurs présents en France, 27 nichent en Provence-Alpes-Côte d’Azur (dont 20 dans les Bouches-du-Rhône). Ces effectifs sont en progression constante avec la recolonisation d’un nouveau département (Alpes-de-Haute-Provence) et le cantonnement de 2 couples dans le Var et le Vaucluse. L’électrocution demeure la cause de mortalité la plus importante et la neutralisation des pylônes dangereux restent une priorité. La perte d’habitats par le « grignotage » des espaces naturels par des projets d’aménagement est également particulièrement préoccupante (extension de carrières, ZAC, parcs photovoltaïques au sol…).

La Loutre d’Europe : confirme son retour dans la région. Vraisemblablement disparue dans les années 1970 (Mathevet 1996), elle est de nouveau établie en région depuis 2009. Elle a d’abord recolonisé le cours du Rhône et ses milieux connexes dans le nord du département du Vaucluse et en limite des Bouches-du-Rhône. Depuis 2009, sa présence a été mise en évidence de manière plus ou moins ponctuelle dans la grande majorité des affluents du Rhône et de la Durance. Elle semble pérenne dans la plupart des rivières permanentes du Vaucluse, dans la Durance moyenne et aval, ainsi qu’en Camargue. Les départements des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes sont encore en cours de colonisation. L’espèce est absente de la quasi-totalité des départements du Var et des Alpes-Maritimes (elle a toutefois été reconfirmée à plusieurs reprises dans la vallée de la Roya depuis le passage en 2020 de la tempête dévastatrice Alex).

La Reine des Alpes, plante rare, emblématique et endémique des Alpes, fait l’objet de mesures de gestion (pâturage et fauche tardifs) et renforcement des populations (récolte de graines, tests de germination, analyse des conditions écologiques favorables) qui visent à endiguer son déclin. Autrefois menacée par la cueillette abusive, le reboisement et le changement des pratiques agricoles, elle fait l’objet d’une attention particulière en vue de sa préservation et notamment, le lancement en 2025 du projet « Royaume », dont le Parc national des Écrins est chef de file, avec les parcs nationaux du Mercantour et de la Vanoise, qui vise à activer différents leviers afin de contrecarrer le déclin observé (expérimentations avec des agriculteurs, migration assistée de l’espèce, renforcement de populations, chantiers collaboratifs avec les citoyens).

La biodiversité nous rend des services inestimables

De l’alimentation aux loisirs, de la santé à la formation des sols, de la pollinisation à la régulation de la qualité de l’air et des événements climatiques extrêmes, la biodiversité est indispensable au bien-être et à la santé de l’Homme. Sa dégradation nous impacte directement en dégradant les nombreux services qu’elle nous rend gratuitement au quotidien.

la biodiversité est indispensable au bien-être et à la santé de l’Homme

Des pressions qui fragilisent la biodiversité

L’édition 2025 de Regard sur la nature met à nouveau en exergue les 5 principales pressions reconnues comme responsables du déclin de la biodiversité à l’échelle mondiale, identifiées en Provence-Alpes-Côte d’Azur : la destruction et la fragmentation des habitats, la surexploitation des ressources naturelles, les pollutions, les espèces exotiques envahissantes et le changement climatique. Elles se cumulent, agissent en synergie, ce qui amplifie leurs impacts sur les écosystèmes.

De trop fortes pressions humaines
  • La consommation régionale des espaces naturels, agricoles et forestiers, si elle tend à ralentir depuis peu, continue de grignoter nos paysages et constitue une menace majeure sur les habitats et les espèces qui y vivent. L’équivalent de 29 700 terrains de football a été consommé en 15 années, principalement pour nos habitations (62.8 %) et nos activités (25 %).
  • La fragmentation par les routes et l’urbanisation qu’elle engendre, particulièrement marquée sur le littoral et dans les plaines provençales et littorales, compromet également le déplacement des espèces et leurs réponses à l’adaptation au changement climatique.
  • Les pollutions engendrées par nos activités industrielles, agricoles et domestiques restent bien présentes en particulier sur les cours d’eau côtiers, les affluents de l’étang de Berre et dans les plaines de Vaucluse.
  • La région constitue une porte d’entrée pour les espèces exotiques envahissantes, dont certaines comme la Fourmi électrique, ne sont connues à l’échelle nationale qu’en Provence-Alpes-Côte d’Azur.
  • La température moyenne régionale a progressé de + 2.3 °C depuis les années soixante avec des effets déjà visibles sur les espèces et les habitats, sur terre comme en mer.

L’impact positif de l’action collective

La conservation de la biodiversité patrimoniale – particulièrement riche en Provence-Alpes-Côte d’Azur – et la préservation de la biodiversité commune constituent des enjeux majeurs pour le territoire. L’engagement collectif des différents acteurs (État, Région, collectivités, entreprises, gestionnaires d’espaces naturels, associations) en faveur de la biodiversité régionale et la mise en œuvre d’usages favorables progressent :

Silene est la plateforme régionale du Système d’Information de l’Inventaire du Patrimoine naturel (SINP)
  • Les aires protégées terrestres se développent : plus de 14 ont été créées ou agrandies depuis 2021, et une 9e réserve naturelle régionale a vu le jour en 2026.
  • La récente élaboration d’une stratégie régionale relative aux espèces animales exotiques envahissantes offre un cadre commun aux acteurs de la région pour mieux connaître et agir sur ces espèces.
  • La région Provence-Alpes-Côte d’Azur demeure la 1e région bio de France.
  • La mobilisation des acteurs publics et privés dans la lutte contre la pollution plastique est en progression constante depuis 2019 avec aujourd’hui plus de 400 signataires des dispositifs charte régionale sans déchet plastique et Plage sans déchet plastique mais aussi 73 collectivités et 20 entreprises engagées pour la nature ou 246 communes sont concernées par la réalisation d’un atlas de la Biodiversité communale.
  • Enfin, la connaissance de la biodiversité régionale, indispensable pour préserver et agir, continue de s’améliorer. 245 communes sont concernées par au moins un atlas de la biodiversité communale, plus de 14 200 000 observations naturalistes sont mises à disposition sur la plateforme régionale Silène et une nouvelle plateforme régionale sur les espèces animales exotiques envahissantes est en cours de création.
Création de la Réserve naturelle régionale Ermitage-Escampeaux à Villes-sur-Auzon. Un dispositif de protection porté par la commune et le Parc naturel régional du Mont-Ventoux
Exemple d’action : création de la 9e réserve naturelle régionale et première réserve de Vaucluse La Réserve naturelle régionale Ermitage Escampeaux, d’une superficie de 254 ha, permettra la protection d’habitats emblématiques – chênaies vertes et pubescentes, pelouses steppiques, falaises calcaires ...- et des espèces remarquables qui y vivent. Plus de 400 espèces végétales comme la Nivéole de Fabre, plante endémique, et plus de 300 espèces animales y ont été inventoriées tels que le Hibou Grand-Duc, la Magicienne dentelée et 17 espèces de Chauves-Souris.

La nature, une alliée
pour répondre aux besoins vitaux
Respirer, disposer d’eau, se nourrir

Des résultats positifs sont observés lorsque des actions fortes sont menées :

  • La pression exercée par les ancres des bateaux sur les herbiers de Posidonie du littoral régional a diminué depuis 2020 grâce à l’évolution de la réglementation, aux campagnes de sensibilisation auprès des usagers et au développement de l’utilisation d’une application mo bile fournissant des cartes marines précises.
  • Les stratégies concertées pour la conservation des espèces les plus menacées menées dans le cadre des plans d’action et de leur déclinaison régionale portent leurs fruits : les effectifs de l’aigle de Bonelli continuent de progresser, plus de 21 120 cas ont été traités sur la plateforme « SOS médiation, chauves-souris en détresse ».
  • La pollution lumineuse en cœur de nuit a reculé en 10 ans et passe de 32 % du territoire fortement impacté en 2014 à 24 % en 2023 grâce à l’évolution de la réglementation, la recherche de sobriété lumineuse et une meilleure prise en compte de l’environnement nocturne. Le retour d’espèces de Chauves-souris est déjà constaté dans des secteurs qui ont été éteints.

Regard sur la nature : l’état de la biodiversité en PACA


  1. pour le compte de la Région Sud, la DREAL et l’OFB ↩︎

Manifeste pour la Tenue territoriale

Fruit du travail de Nicolas Camps, expert en Biophysique du Vivant et Concepteur de l’Éco‑Unité, sur des données scientifiques du Cerema, de l’INRAE, du BRGM, de l’EEA, l’IPCC et Météo‑France, ce Manifeste ne propose pas de simples « bonnes pratiques » ou une couche d’infrastructure d’affichage cosmétique. Il pose un diagnostic biophysique strict sur l’incapacité actuelle de nos territoires à dissiper l’énergie solaire. Il pointe l’erreur de diagnostic et invite à mesurer la « Tenue » d’un lieu via des seuils physiques non négociables pour enfin rompre avec 30 ans d’illusions climatiques et de déni métabolique.

I. Le problème : l’erreur de diagnostic climatique

un contresens tragique : traiter le climat comme un phénomène exclusivement abstrait, global et atmosphérique

Depuis trente ans, l’ingénierie publique et la technocratie territoriale s’enferment dans un contresens tragique : traiter le climat comme un phénomène exclusivement abstrait, global et atmosphérique. Les politiques publiques mesurent les températures de l’air sous abri, comptabilisent les stocks d’émissions, dénombrent géométriquement les surfaces végétalisées ainsi que les volumes d’eau théoriques, produisant à cet effet des cartes, des modèles macroscopiques et des scénarios d’adaptation virtuels. Mais elles ne mesurent jamais la capacité d’un territoire à tenir.

L’ingénierie publique territoriale ne mesure jamais la capacité d’un territoire à Tenir

C’est l’erreur de diagnostic fondamentale de notre siècle : nous observons les symptômes lointains, nous modélisons les conséquences futures, mais nous refusons d’ausculter la variable d’état thermodynamique maîtresse qui détermine tout le reste, à savoir la Tenue. Un espace ne s’effondre pas parce que le climat change globalement ; il s’effondre localement parce qu’il a perdu ses fonctions métaboliques élémentaires.

Une confusion systémique entre forçage global et réponse locale

Placés sous le même forçage atmosphérique, deux territoires contigus réagissent de manière diamétralement opposée

Le climat global impose une contrainte mécanique externe (un forçage) caractérisé par plus de chaleur, plus d’évaporation macroscopique, plus d’extrêmes météorologiques et une variabilité accrue. Toutefois, ce forçage d’ensemble ne dit absolument rien de la réponse locale de la parcelle.
Placés sous le même forçage atmosphérique, deux territoires contigus réagissent de manière diamétralement opposée. L’un tient (différentiel thermique sol/air supérieur ou égal à 6 °C, fréquentation stationnaire supérieure ou égale à 32 minutes, infiltration hydrique supérieure à 35 mm/h), tandis que l’autre s’effondre instantanément (ruissellement supérieur à 20 %, température de surface supérieure à 45 °C, usage résiduel inférieur à 10 minutes). La différence ne provient pas de la météo générale, mais de la mécanique métabolique interne du territoire.

« Les facteurs locaux, tels que l'humidité du sol et la rugosité de la surface, l'emportent souvent sur le forçage global dans la détermination des températures de surface extrêmes. »
 
— GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), RE6, Groupe de travail II, 2022 ; Section 2.3.1, p. 214.

Une focalisation stérile sur les stocks plutôt que sur les flux

Les politiques publiques s’évertuent à mesurer des stocks statiques comme les tonnes de dioxyde de carbone, les mètres carrés de surfaces végétalisées, les volumes d’eau stockés et les températures moyennes. Elles négligent en revanche les flux cinétiques essentiels que sont l’infiltration, la capillarité, la dissipation biologique, les gradients thermiques, la stratification végétale ou l’usage comme indicateur d’évaluation physique.
Or, un territoire ne tient pas par ses stocks, mais bien par ses flux. Car un flux constitue une boucle, et une boucle fermée est la condition physique sine qua non de stabilité de tout système ouvert.

un territoire ne tient pas par ses stocks, mais bien par ses flux

Une gestion sectorielle qui fragmente la réalité biophysique

Quand on fragmente les flux,
on brise la Tenue

L’eau est prise en charge par l’hydrologie, la chaleur par l’urbanisme, la biodiversité par l’écologie, la santé par la qualité de l’air et l’usage par la sociologie. Un territoire n’est pourtant pas un simple empilement de tiroirs administratifs distincts : c’est un système physique couplé. L’eau circule dans le sol, le sol nourrit la végétation, la végétation génère les gradients, les gradients régulent l’usage et l’usage stabilise le sol. Lorsque l’on fragmente la gestion administrative, on fragmente inévitablement les flux de matière. Et quand on fragmente les flux, on brise la Tenue.

« La gouvernance sectorielle empêche le couplage des rétroactions entre la couverture terrestre, l'humidité du sol et la dynamique de la couche limite atmosphérique. » 

— AEE (Agence européenne pour l'environnement), Îlots de chaleur urbains, 2023, p. 37.

Une confusion tragique entre végétalisation esthétique et dissipation thermique

Planter des arbres isolés ne garantit pas la fraîcheur, creuser des noues déconnectées ne garantit pas l’infiltration et végétaliser sans fonction ne garantit pas la Tenue. La dissipation dépend entièrement de la mécanique du cycle court associant de manière synchrone le sol, l’eau, la végétation, les gradients et l’usage. Si un seul maillon est rompu, la machine thermique s’arrête. Aucune plantation d’affichage ne peut compenser une rupture mécanique sous-jacente.

« Une végétation sans sol fonctionnel n’est qu’une canopée passive — elle ne refroidit pas. »


Schmid et al., Urban Climate, 2023, p. 28.

Une absence totale de variable d’état dans les politiques réglementaires

Au sein des PCAET (Plans Climat-Air-Énergie Territoriaux), des PLU (Plans Locaux d’Urbanisme), des SRADDET (Schémas Régionaux d’Aménagement, de Développement Durable et d’Égalité des Territoires), des PAPI (Programmes d’Actions de Prévention des Inondations) et des SAGE (Schémas d’Aménagement et de Gestion des Eaux), il manque la grandeur physique centrale : la capacité réelle du territoire à dissiper l’énergie solaire. Cette capacité porte un nom : la Tenue. Sans elle, il devient impossible de diagnostiquer, de prioriser, de restaurer ou de piloter.

la capacité réelle du territoire à dissiper l’énergie solaire porte un nom : la Tenue

La conséquence directe : l’erreur de conception et la solution immédiate

L’absence de cette variable d’état conduit à des aberrations de conception flagrantes :

  • L’erreur : Aménager des toitures vertes de quelques centimètres d’épaisseur sur des dalles de béton imperméables condamnées à surchauffer. La solution : Restaurer la porosité fonctionnelle des sols profonds en pleine terre.
  • L’erreur : Associer des réseaux de drainage profonds et secs au bétonnage de surface. La solution : Forcer l’infiltration absolue de la goutte d’eau à la parcelle.
  • L’erreur : Investir massivement dans l’arrosage intensif artificiel de surfaces laissées nues ou de plantations forestières mono-spécifiques. La solution : Installer un paillage ou un couvert organique permanent.

II. La Tenue : la variable d’état que personne ne mesure

La Tenue : une variable d’état au sens thermodynamique

La Tenue n’est pas un concept philosophique ou une intuition écologique floue. C’est une variable d’état au sens thermodynamique strict : une grandeur physique qui conditionne l’expression du climat local. Tant qu’elle n’est pas mesurée, cartographiée et normée au sein des cahiers des charges, nous ne faisons que commenter des symptômes.

Chaleur sensible vs chaleur latente : la bascule invisible

Face au flux solaire net, un territoire distribue sa charge énergétique selon deux options physiques :

  1. La chaleur sensible : Elle excite les molécules, augmente la température cinétique et chauffe directement l’air et les infrastructures (effet radiateur sec). Elle dépend de la sécheresse, de la nudité et de la compaction du sol. Elle amplifie les canicules.
  2. La chaleur latente : L’énergie incidente est absorbée et neutralisée par le changement de phase physique de l’eau liquide se transformant en vapeur (évapotranspiration). Elle refroidit le territoire sans élever sa température ambiante (effet climatiseur naturel).

Le cycle court : l’infrastructure hydrique oubliée

Le cycle court, c’est l’eau qui tombe, s’infiltre, circule, remonte par capillarité, transpire à travers les feuilles et retombe localement. Quand il fonctionne, l’humidité reste confinée dans le territoire, la végétation transpire à plein régime, le sol respire et la dissipation énergétique est maximale. Quand il se rompt, l’eau ruisselle massivement vers les réseaux en béton, l’humidité matricielle disparaît et la machine thermique s’arrête.

Quand le cycle court se rompt, l’eau ruisselle massivement vers les réseaux en béton, l’humidité disparaît et la dissipation thermique s’arrête

Porosité fonctionnelle et stratification végétale

La porosité n’est pas un simple pourcentage de vide, c’est une architecture physique tridimensionnelle qui conditionne l’infiltration, la rétention et la respiration du sol. Les données du Cerema le montrent : une compaction supérieure à 2 MPa écrase les micro-canaux, réduit l’infiltration de 87 % et augmente la température de surface de +22 °C sous un ensoleillement rigoureusement identique. De même, l’OFB rappelle qu’une strate herbacée continue d’au moins 15 cm de hauteur assure à elle seule environ 70 % de la capacité évapotranspiratoire globale des espaces verts urbains.

III. La mécanique de l’effondrement : les cinq ruptures fondamentales

La Tenue se dégrade par seuils en cascade, constituant la chaîne mécanique d’effondrement d’un territoire :

  1. Rupture de la couverture (L’effet Sol Nu) : Une surface dénudée subit une hausse thermique immédiate de +24 °C en surface (franchissant les 50 °C) et une chute de 92 % de l’évapotranspiration.
  2. Rupture de la porosité (La Compaction mécanique) : Dès que la résistance mécanique franchit le seuil critique de 2 MPa, l’infiltration s’effondre en dessous de 5 mm/h et la macrofaune disparaît.
  3. Rupture de la stratification (L’obsession de la Tonte Rase) : Décimer mécaniquement la strate herbacée en dessous de 10 cm supprime le premier bouclier dissipatif et entraîne la perte de 70 % de la capacité évapotranspiratoire.
  4. Rupture de l’infiltration (Le dogme du Tout-au-Drain) : Lorsque le ruissellement superficiel franchit la barre de 20 % des apports pluviaux, l’eau liquide est expulsée du site. La recharge des nappes s’effondre de -74 %.
  5. Rupture des gradients (La Stagnation Radiative) : Sans rugosité thermique ni humidité, le différentiel sol/air s’effondre en deçà de 6 °C. La micro-convection locale s’arrête net, bloquant les nuits au-dessus de 28 °C.

IV. La charte de reconstruction : les cinq leviers anthropiques

Inverser la déchéance thermodynamique exige une ingénierie de rupture qui suit l’ordre rigoureusement inverse de la dégradation :

  • Levier 1 — Rétablir la porosité du sol : Restaurer la macro-porosité pour garantir une capacité d’infiltration supérieure à 35 mm/h dans l’horizon critique 0–30 cm.
  • Levier 2 — Réactiver le cycle court de l’eau : Installer des micro-dépressions et des noues végétalisées capables de réduire le ruissellement de -52 %.
  • Levier 3 — Recréer la stratification végétale : Stopper les tontes esthétiques destructrices pour sanctuariser une strate herbacée haute et continue (hauteur >= 15 cm, couverture >= 70 %).
  • Levier 4 — Reconnecter les flux d’air et d’humidité : Structurer des lisières graduées et des corridors continus d’au moins 3 mètres de large pour abaisser la chaleur nocturne de -41 %.
  • Levier 5 — Réinstaller l’usage comme indicateur intégratif : Mesurer le temps de présence humaine stationnaire. Une durée supérieure ou égale à 32 minutes valide physiquement le rétablissement du confort.

V. Les critères physiques de la Tenue : les seuils de non-négociabilité

La Tenue s’impose à travers cinq seuils biophysiques impératifs

La Tenue exclut l’approximation politique ou le compromis administratif. Elle s’impose à travers cinq seuils biophysiques impératifs. Si un seul maillon fait défaut, la boucle entière se brise.

  • Condition 1 — Sol fonctionnel :
    • Le sol doit être pensé comme un réacteur mécanique d’absorption et de transfert de fluide.
    • Seuil physique : Infiltration > 35 mm/h (Cerema, Guide infiltration, 2022, p. 14). Ce seuil s’oppose directement au ruissellement de surface et alimente la pompe évapotranspiratoire. En deçà, le sol refuse le fluide, s’asphyxie et commence à restituer l’énergie sous forme de chaleur sensible.
  • Condition 2 — Gradient thermique actif :
    • La fraîcheur territoriale est la résultante dynamique d’un déséquilibre énergétique vertical.
    • Seuil physique : ΔT sol/air ≥ 6 °C à 1,5 m de hauteur (Schmid et al., Urban Climate, 2023, p. 28). Ce différentiel est le moteur physique du déclenchement de la micro-convection locale. En dessous de 6 °C, l’air devient stagnant, l’énergie s’accumule et la nuit reste chaude.
  • Condition 3 — Strate herbacée continue :
    • La strate herbacée haute constitue la première interface dissipative de l’écosystème contre le rayonnement direct.
    • Seuil physique : Hauteur moyenne ≥ 15 cm, couverture spatiale ≥ 70 %, sans fragmentation (OFB, Strates végétales, 2023, p. 9). Une géométrie de plus de 15 cm démultiplie l’indice de surface foliaire réel et assure 70 % de la capacité évapotranspiratoire d’un espace vert. Une strate fragmentée expose le sol nu au flux solaire direct.
  • Condition 4 — Usage stabilisé :
    • L’indicateur d’usage est un capteur biophysique intégratif d’une fidélité absolue.
    • Seuil physique : Durée moyenne de présence humaine stationnaire ≥ 32 minutes (Météo-France / Cerema, Îlots de chaleur, 2023, p. 33). L’organisme humain agit comme un capteur thermodynamique. Franchir la barre des 32 minutes marque le passage d’un usage de flux à un usage fonctionnel. L’usage est la preuve empirique que les autres conditions fonctionnent de manière synchrone.
  • Condition 5 — Sols vivants :
    • La vie du sol est le signe scientifique observable de sa fonctionnalité mécanique et structurale.
    • Seuil physique : Émergence active de vers de terre ou de collemboles dans les 48 heures suivant une pluie modérée (INRAE, Évapotranspiration des sols, 2020, p. 12). Leurs galeries créent la macro-porosité verticale nécessaire à l’infiltration rapide, tandis que leurs sécrétions complexent l’argile et l’humus pour stabiliser les agrégats et empêcher la compaction mécanique.

VI. Les conditions d’autonomie territoriale sous stress

L’autonomie est un état physique défini comme la capacité d’un territoire à maintenir sa Tenue sans perfusion anthropique continue (arrosage, intrants, décompactage). Elle se valide sous un test de charge : 12 mois comprenant 3 semaines consécutives sans pluie, une canicule >= 35 °C pendant 7 jours, et un épisode pluvieux intense > 40 mm / 24h.

  • Sol autonome : Infiltration > 35 mm/h stable sur 12 mois (variation < 20 %), maintenant sa structure sans paillage artificiel. Eau autonome : Disponibilité hydrique supérieure à 35 % de la capacité au champ au cœur de la zone racinaire, maintenue après 3 semaines sans pluie, garantissant l’ouverture des stomates. Végétation autonome : Strate herbacée continue >= 15 cm se maintenant sans aucune irrigation depuis deux saisons consécutives.
  • Gradients autonomes : Persistance d’un ΔT sol/air >= 6 °C mesuré au plus fort de la canicule, sans arrosage de secours.
  • Usage autonome : Stabilisation spontanée de la durée moyenne de présence humaine >= 32 minutes, stable sur 12 mois.

VII. Étude de cas : El Niño comme révélateur de la Tenue

l’angle mort des grilles de lecture actuelles : aucun modèle ne quantifie la porosité ou la stratification locale des parcelles

L’événement climatique El Niño n’est pas une crise territoriale en soi : c’est un forçage atmosphérique global. Il modifie la distribution des pluies et augmente la température moyenne globale de +0,1 à +0,2 °C, agissant comme un révélateur brutal pour les écosystèmes locaux.
L’analyse de la littérature scientifique (NOAA, OMM, Nature Climate Change) met en évidence l’angle mort absolu des grilles de lecture actuelles : aucun modèle ne quantifie la porosité ou la stratification locale des parcelles. La force d’El Niño ne détermine pas les crises : la variable maîtresse reste la mécanique interne du site. Un territoire dont la Tenue est intacte infiltre l’excès et maintient ses micro-gradients. Un territoire dont la Tenue est brisée accumule la chaleur sensible et explose thermiquement. El Niño ne casse rien : il révèle ce qui est déjà brisé par l’aménagement.

El Niño ne casse rien : il révèle ce qui est déjà brisé par l’aménagement

VIII. Les interdits structurels non négociables

Ce sont des ruptures physiques immédiates qui violent les lois fondamentales de la physique et doivent être légalement exclus des cahiers des charges d’aménagement :

  • L’usage des géotextiles, films plastiques, bâches et toiles tissées sous les massifs : Ils bloquent la respiration du sol, suppriment la remontée capillaire nocturne et condamnent la vie microbienne superficielle.
  • Le maintien de sols nus : Exposer la matrice terrestre au rayonnement photonique détruit la litière organique, génère un excès massif de chaleur sensible (+24 °C) et supprime 92 % de l’évapotranspiration.
  • Le déploiement de systèmes de drainage sec : Évacuer l’eau pluviale hors du site vers les exutoires provoque une chute de -74 % de la rétention hydrique locale et accélère la sécheresse estivale.
  • La tonte systématique et rase inférieure à 10 cm : Supprimer la strate herbacée haute élimine l’interface la plus active du métabolique thermique et réduit de 70 % la capacité évapotranspiratoire.
  • Le franchissement du seuil de 30 % de surfaces minérales continues : Dès qu’une unité de quartier dépasse 30 % d’emprise au sol bitumée, le différentiel thermique sol/air s’effondre sous 1 °C, annulant la micro-convection.

IX. Mars : le modèle limite du territoire sans Tenue

Image de Mars prise par la sonde Rosetta en 2007 lors de son survol pour atteindre la comète Tchoury. © ESA & MPS for OSIRIS Team MPS/UPD/LAM/IAA/RSSD/INTA/UPM/DASP/IDA CC-BY-SA 3.0 IGO

Mars n’est pas un désert lointain : c’est le modèle physique paroxystique d’un territoire sans Tenue. Elle dispose pourtant d’un régolithe minéral, de stocks d’eau gelée en sous-surface et d’un rayonnement solaire continu. Pourtant, Mars est un corps thermodynamiquement mort car la boucle fermée sol–eau–végétation–air frais–usage y est brisée à chaque maillon.

« Mars n'est pas "hostile" — elle est fonctionnellement inerte. Sa surface est dépourvue des rétroactions couplées entre l'humidité du sol, le couvert végétal et la dynamique de la couche limite atmosphérique qui définissent la résilience des microclimats terrestres. »

— Nature Geoscience, 2022 ; DOI:10.1038/s41561-022-00947-8, p. 349.
  • Rupture absolue du cycle court : L’eau n’existe jamais sous phase liquide durable en raison d’une pression trop faible. L’infiltration, la capillarité et l’évapotranspiration y sont nulles. Sur Terre, cette pathologie mécanique apparaît localement dès que le ruissellement dépasse 20 % ou que l’infiltration s’effondre sous 5 mm/h.
  • Rupture de la porosité fonctionnelle : Le sol martien est un régolithe strictement minéral, pulvérulent et dépourvu de carbone organique. Une cour d’école entièrement bétonnée reproduit localement ce profil fonctionnel.
  • Rupture biologique et végétale totale : Privée de phase liquide, la surface martienne n’abrite aucun ingénieur biologique ni aucune stratification végétale. 100 % du flux incident se transmute en chaleur sensible.
  • Rupture des gradients et de l’usage : Avec une atmosphère cent fois plus fine que la nôtre, les gradients sont instables et la micro-convection est impossible. Le temps de présence humaine stationnaire y tombe à zéro minute.

X. Glossaire Méthodologique du Métabolisme Territorial

Concept BiophysiqueDescriptif Méthodologique et Seuils Écosystémiques
TenueVariable d’état holistique et thermodynamique caractérisant l’aptitude dynamique d’un paysage à intercepter le flux solaire incident, à fermer le cycle local court de l’eau à la parcelle et à dissiper l’énergie accumulée sous forme de chaleur latente.
Porosité fonctionnelleArchitecture tridimensionnelle du sol permettant la circulation libre de l’eau, de l’air et des racines dans l’horizon 0–30 cm. Elle régit l’infiltration, la capillarité et la stabilité thermique.
CompactionRupture mécanique du sol (résistance >= 2 MPa) écrasant la macro-porosité, bloquant l’infiltration, la respiration microbienne et l’ancrage racinaire fin.
Chaleur sensibleFraction du flux d’énergie thermique provoquant une élévation directe, mesurable et cinétique de la température de l’air et des surfaces minérales lourdes (effet radiateur sec).
Chaleur latenteQuantité d’énergie thermique absorbée, stockée et neutralisée par le changement d’état physique de l’eau (vaporisation liquide-gaz par évapotranspiration) sans élévation de la température cinétique ambiante.
Cycle courtBoucle hydrique fermée à l’échelle locale : pluie -> infiltration -> circulation racinaire -> transpiration végétale -> condensation nocturne en rosée -> pluie locale.
Strate herbacéeCouche végétale basse, sauvage et continue, maintenue à une hauteur minimale de 15 cm sur au moins 70 % de l’espace, assurant les deux tiers de la puissance évapotranspiratoire du site.
Rugosité thermiqueIndice de micro-hétérogénéité spatiale et structurelle d’un paysage, indispensable à la genèse des micro-gradients de pression atmosphérique locale et à l’activation de la convection d’air fraîche.
Autonomie territorialeFaculté d’auto-entretien d’un écosystème paysager lui permettant de pérenniser de manière endogène ses seuils critiques de fonctionnement sous stress thermique maximal, sans perfusion artificielle anthropique.
Usage stationnaireMétrique physique et comportementale mesurant le temps de présence humaine volontaire au sein d’un espace public, utilisé comme indicateur intégratif empirique.

L’auteur : Nicolas Camps

Spécialiste de la thermodynamique du vivant, il consacre son expertise à la Souveraineté Thermique des territoires, dont il est un référent scientifique.

Il transforme la complexité biophysique des milieux en décisions opérationnelles et mesurables.

Concepteur du modèle Éco‑Unité, il a structuré un standard d’ingénierie capable de quantifier et de valoriser la Tenue du Vivant.

Son approche permet de restaurer les régulations vivantes pour garantir le refroidissement réel des milieux.

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Quid des ODD, les Objectifs de Développement Durable ?

Que deviennent les « Objectifs de Développement Durable » (ODD) ? Adopté par les Nations unies en 2015, cet « appel mondial à éradiquer la pauvreté, protéger la nature et faire en sorte que tous les êtres humains vivent dans la paix et la prospérité dès 2030 » n’aura jamais été la boussole qu’il rêvait d’être, pour Bernard Duterme, chargé d’étude au CETRI et coordinateur de Quid des ODD (Objectifs de développement durable) ?. Trop d’intérêts particuliers persistent à primer sur l’intérêt général, les stratégies d’accumulation privative évinçant la défense du bien commun. La trajectoire des ODD confirme l’écart entre ambitions et résultats.

Quid des ODD ?

Plus qu’un levier de transformation radicale, les ODD apparaissent comme un cadre réformiste qui stabilise les structures de domination qu’il devrait combattre. Il s’agit dès lors non pas de se lamenter sur des chiffres en stagnation ou en recul depuis 2015, mais bien de redéfinir un véritable agenda de rupture.

Les ODD : un appel mondial à éradiquer la pauvreté, protéger la nature et faire en sorte que tous les êtres humains vivent dans la paix et la prospérité dès 2030

Adopté par les Nations unies en 2015, les « Objectifs de développement durable » (ODD) sont un « appel mondial à éradiquer la pauvreté, protéger la nature et faire en sorte que tous les êtres humains vivent dans la paix et la prospérité dès 2030 » n’aura jamais été la boussole qu’il rêvait d’être. La trajectoire des ODD confirme l’écart entre ambitions et résultats. Malgré certaines avancées, aucun objectif n’est en voie d’être atteint. Les causes invoquées – manque de volonté politique et de financements – masquent, selon les critiques socialistes et écologistes, la perpétuation d’une logique capitaliste et productiviste.

Deux niveaux d’appréciation critique des ODD

Deux niveaux d’appréciation critique des ODD continuent à prévaloir, voire à s’opposer :

  • Un premier, conjoncturel, en surface, prend la forme de bilans réguliers qui, en dépit de certaines avancées, étalonnent les retards et les reculs. Et les expliquent : financements insuffisants, volonté politique manquante, méthodes inadaptées … On est dans le regret, dans la dénonciation d’un déficit d’ambition pour un agenda dont, tout de même, les visées universelles, inclusives et transformatrices devraient mobiliser tous azimuts.

Un déficit d’ambition pour un agenda dont les visées universelles, inclusives et transformatrices devraient mobiliser tous azimuts

  • Le second niveau de critique est plus fondamental. Du fait des mécanismes et des partenaires convoqués, des cibles et des indicateurs prescrits, les ODD apparaissent encore et toujours comme une ixième voie d’intégration subordonnée au capitalisme mondialisé, à destination surtout des économies du Sud les « moins avancées ». Agenda dépolitisé, inoffensif à l’égard des rapports de dépendance et des causes structurelles des inégalités, fonctionnel pour les acteurs dominants du modèle actuel … Le tout, en vue d’un « développement durable » devenu plus que jamais inconcevable.

Les ODD subordonnées au capitalisme mondialisé, à destination surtout des économies du Sud les « moins avancées »

Tribune : Mais où sont passés les « Objectifs de développement durable » ?

Cette carte blanche parue dans Le Soir (24 février 2026) est consacrée à la marginalisation des « Objectifs de développement durable » de l’actualité internationale, aux raisons de leur échec annoncé, aux critiques fondamentales que la pensée de gauche – postcapitaliste et postdéveloppementaliste – leur adresse, ainsi qu’au vif rejet qu’ils inspirent aux droites populistes désormais dominantes.

Selon l’ONU, aucun des grands objectifs mondiaux en matière de développement durable n’est en voie d’être réalisé. Certaines avancées ont certes été enregistrées, mais les résultats quantifiant la faim, la pauvreté, les inégalités internes et internationales, sociales et de genre, la vulnérabilité climatique et la détérioration de la nature accusent majoritairement des stagnations et des reculs. – Photo News

 Par Bernard Duterme, chargé d’étude au CETRI et coordinateur de Quid des ODD (Objectifs de développement durable) ? (Paris, Syllepse, mars 2026).

Bernard Duterme, chargé d’étude au CETRI et coordinateur de Quid des ODD (Objectifs de développement durable) ? (Paris, Syllepse, mars 2026).

S’il est un thème, pourtant d’importance majeur pour l’avenir de l’humanité, qui a fait les frais ces derniers temps du spectacle, dramatique et renouvelé, de l’actualité internationale, c’est bien celui des « Objectifs de développement durable » (ODD). Qui les a encore à l’esprit ? Adoptés par les Nations unies en 2015, cet « appel mondial à éradiquer la pauvreté, protéger la nature et faire en sorte que tous les êtres humains vivent dans la paix et la prospérité » (pas moins !) n’aura jamais été la boussole qu’il rêvait d’être. À quatre ans de l’échéance fixée à 2030 pour l’atteinte finale de chacun des dix-sept ODD énoncés, leur caractère inatteignable n’est déjà plus en débat.

Selon l’ONU elle-même, à ce jour, à une décennie de leur lancement, le compte n’y est pas et ne pourra dès lors pas y être d’ici la date limite : « aucun des grands objectifs mondiaux n’est en voie d’être réalisé ». Pour autant, un peu « moins de 20% des cibles sont susceptibles d’être rencontrées ». Certaines avancées ont en effet été enregistrées, surtout en matière d’accès à l’électricité et d’usage d’internet, mais aussi dans la lutte contre la mortalité néonatale, le paludisme, le sida, et en faveur de la scolarité des filles. En revanche, les résultats quantifiant la faim, la pauvreté, les inégalités internes et internationales, sociales et de genre, la vulnérabilité climatique et la détérioration de la nature accusent majoritairement des stagnations et des reculs.

En cause, pour l’ONU comme pour la plupart des gouvernements du Sud, trop d’intérêts particuliers persistent à primer sur l’intérêt général, les stratégies d’accumulation privative évinçant la défense du bien commun. En termes plus pragmatiques, ce sont à la fois le manque de volonté politique et l’insuffisance des financements – en particulier des acteurs les plus puissants – qui sont pointés du doigt. Cela n’étonnera d’ailleurs pas que les États-Unis – qui, avec Haïti et le Myanmar, sont les seuls à n’avoir jamais présenté de « plan national volontaire » pour le développement durable – occupent la toute dernière place du classement mondial de soutien à l’Agenda 2030 des ODD. Et ce, avant même le 2e mandat du président Trump.

Pour un véritable agenda de rupture

On est ici dans le regret, dans la dénonciation d’un déficit d’ambition pour l’une des principales initiatives – sans doute la plus vitale – de la communauté internationale dont, tout de même, les visées universelles, inclusives et transformatrices devraient mobiliser tous azimuts. Mais un deuxième niveau de critique des Objectifs de développement durable, plus fondamental, existe. Il est porté par des acteurs du Nord et du Sud qui soulignent l’urgence de s’inscrire dans des horizons postcapitalistes ou postdéveloppementalistes. Du fait des mécanismes et des partenaires convoqués, des cibles et des indicateurs prescrits par l’Agenda 2030 onusien, ces voix rebelles reprochent aux ODD de ne pas rompre avec la logique même d’un modèle de développement, fût-il estampillé durable, qui, précisément, est à la source des dégâts sociaux et environnementaux qu’il prétend éradiquer.

Deux accusations, parmi d’autres : en offrant une place de choix aux multinationales privées dans la démarche préconisée, les ODD naturalisent leur rôle dans la gouvernance mondiale et occultent le fait que nombre d’entre elles tirent leurs profits de pratiques extractivistes, de chaînes de valeur inégalitaires ou de condition de travail indécentes. Ensuite, en érigeant la croissance économique illimitée en condition de la prospérité visée, l’Agenda 2030 continue à parier – à tort – sur une compatibilité entre préservation des équilibres écologiques et perpétuation du productivisme et du consumérisme des secteurs sociaux les plus nantis. En somme, plus qu’un levier de transformation radicale, les ODD apparaissent comme un cadre réformiste qui stabilise les structures de domination qu’il devrait combattre. Il s’agit dès lors non pas de se lamenter sur des chiffres en stagnation ou en recul depuis 2015, mais bien de redéfinir un véritable agenda de rupture.

Le national-conservatisme écrase tout

Bernard Duterme, chargé d’étude au CETRI et coordinateur de Quid des ODD (Objectifs de développement durable) ? (Paris, Syllepse, mars 2026).

Tout le monde ne partage pas cette lecture, c’est peu de le dire. Les attaques les plus influentes dont les Objectifs de développement durable sont actuellement la cible émanent de secteurs qui, dans un contexte de montée en puissance des autoritarismes et de fragmentation du multilatéralisme, s’ancrent du côté des droites dures et des extrêmes droites. Le national-conservatisme occupe le haut du pavé et donne le ton. L’Agenda 2030, dont il est en réalité le principal fossoyeur, l’insupporte pour des raisons diamétralement opposées à celles mobilisées par les courants progressistes, réformistes ou radicaux, pour le défendre ou le critiquer. Si la gauche radicale en dénonce l’essence néolibérale, la droite populiste en fait l’expression ultime d’un mondialisme des élites technocratiques qui menace la souveraineté, la famille et la liberté.

Et de fait, la marginalisation ou la délégitimation des ODD à l’échelle internationale semble aujourd’hui davantage le fait de la forte poussée conservatrice qui y voit un instrument d’imposition culturelle conspiratrice – « idéologie du genre », « écologie punitive », « règles étouffantes », « interculturalisme », etc. –, que celui des critiques socialistes ou écologistes, socialement minoritaires. Est-ce à dire qu’à moins de cinq ans de l’échec annoncé de l’Agenda 2030, les premières tentatives d’élaboration d’un nouvel Agenda mondial post-2030 à même d’éradiquer les mécanismes producteurs d’inégalités sociales et de dévastation biosphérique sont peine perdue ? Les conditions politiques et culturelles nécessaires pour faire primer l’intérêt général et les biens communs sur les intérêts particuliers des plus forts ne sont en tout cas pas réunies.

Webinaire du Centre tricontinental – CETRI


Certification HQE Santé pour une transition durable des établissements de santé

CERTIVEA, qui accompagne depuis 20 ans la transition des cadres de vie et délivre notamment une certification HQE dédiée aux établissements de santé, revient sur les grands enjeux de transformation du secteur sanitaire. A l’occasion de la remise de leur certification HQE-santé, l’organisme met en lumière deux établissements exemplaires : l’Institut du Cerveau de l’Enfant à Paris et le Centre de Rééducation de l’UGECAM à Lieusaint.

SantExpo 2026 portera une thématique forte, inspirante, et résolument collective : « L’excellence en santé : un engagement pour toutes les générations »

60 ans de SantExpo

La 60ème édition de SANTEXPO du 19 au 21 mai à Paris réunira les professionnels de santé pour échanger sur les solutions concrètes pour faire face aux nouveaux enjeux du secteur sanitaire. Évolution démographique, nouvelles technologies, changement climatique, les établissements de santé initient de profondes transformations pour accélérer leur transition vers de nouveaux modèles. Pour répondre aux enjeux environnementaux et sociaux actuels, la transition vers des infrastructures durables est devenue incontournable pour les établissements de santé.

En 2026, le salon de l’écosystème santé célèbre six décennies d’innovation, de débats et de rencontres.

Une édition anniversaire exceptionnelle avec 3 jours d’inspiration, de solutions concrètes et de connexions stratégiques, pour dessiner la santé de demain.

Paris – Porte de Versailles Les 19, 20, 21 mai 2026 

2 établissements franciliens certifiés pour leur engagement sur la durabilité

L’INSTITUT DU CERVEAU DE L’ENFANT

© AIA Life Designers, architectes ADAGP | Image : Fédérico Kraus
Maitre d’ouvrage :  AP-HP – HOPITAL ROBERT DEBRE
AMOE Environnement : AIA Environnement
Agence d’architecture : AIA Life Designers 

Le futur Institut du Cerveau de l’Enfant fédérera, dans un bâtiment de 12 600 m², un ensemble de compétences cliniques, de recherche, d’innovation, associatives et institutionnelles en matière de neurodéveloppement.

L’emprise du projet, située au nord-est du site de l’hôpital Robert-Debré est actuellement occupée par des surfaces boisées et un stationnement pour le personnel.

La mise en service de l’Institut est prévue en 2027 et le projet s’articule de la manière suivante :

  • 4 niveaux de 2 000 à 2 500 m² et un parking en sous-sol
  • Une prise en charge spécialisée de haut-niveau assurant consultations & diagnostiques
  • Une implication active dans la recherche scientifique (essais cliniques)

LES POINTS FORTS DU PROJET

Conception bioclimatique & confort des enfants

  • Sculpture architecturale d’atriums bioclimatiques plantés favorisant la ventilation naturelle, un apport en lumière naturelle et une régulation passive des températures été/hiver.
  • Les atriums assurent également l’isolation acoustique vis-à-vis des espaces de soin, la création de zones d’ombre protectrices et un apport de lumière naturelle, primordiale pour la population sensible accueillie au sein de l’établissement.

Matériaux durables & gestion des énergies

Certification HQE Bâtiment Durable Construction Phase Conception
  • Usage de matériaux bas carbone et biosourcés.
  • Protections solaires passives, ventilation naturelle et enveloppe très performante.

Biophilie & bien-être

  • Intégration des principes de biophilie : lumière naturelle, matériaux naturels et présence de la nature partout où le regard se pose.
  • Jardins en pleine terre et espaces multisensoriels favorisant la récupération et la réduction du stress.

Protection & adaptabilité

  • Bâtiment conçu comme un cocon protecteur avec des parcours intérieurs sécurisés et modulables.
  • Espaces lisibles et adaptés aux patients, aux familles et au personnel.

Confort acoustique, visuel et hygrothermique

  • Architecture et matériaux pensés pour limiter le bruit, assurer une température stable et favoriser un éclairage naturel apaisant.
Sophie Le Cadre, directrice AIA Environnement Paris : «  Le projet de l’Institut Robert Debré du Cerveau de l’Enfant est un bâtiment bioclimatique, bas-carbone et économe en énergie, qui joue avec la lumière naturelle, la ventilation passive, la végétalisation omniprésente malgré son contexte urbain très présent et qui intègre des matériaux durables, afin d’offrir un environnement sain, confortable et apaisant, favorable au bien-être, à la santé et à la qualité d’usage des patients, accompagnants et personnels

LE CENTRE DE RÉÉDUCATION DE L’UGECAM À LIEUSAINT AU COEUR DU CARRÉ SÉNART

L’UGECAM, opérateur de santé de l’Assurance Maladie, ouvre à Lieusaint (Seine-et-Marne) un centre de rééducation dédié aux personnes porteuses d’un handicap lourd. L’objectif est de proposer des soins plus accessibles et de meilleure qualité, au sein d’une infrastructure moderne et plus performante sur le plan environnemental.

© AIA Life Designers, architectes ADAGP – Centre de rééducation, Lieusaint (77)

Un lieu d’accueil spécialisé et technologique

  • 219 lits d’hospitalisation complète
  • 100 places d’hospitalisation de jour et 90 places d’hospitalisation à domicile
  • 500 collaborateurs
  • 30 000 m2 de terrain et 17 000 m2 de surface de plancher
  • Regroupement de 5 activités d’expertise : grands brûlés, neurologie, locomoteur, polyvalent, gériatrie.
  • Plateau technique moderne, interhospitalier avec Melun, établissements parisiens, et synergies médico-sociales.
© AIA Life Designers, architectes ADAGP
Maitre d’ouvrage : Sébastien Matos, Chef de projet chez UGECAM Ile-de-France
AMO Environnement : SAS ACTECO
MOE Environnement : AIA Environnement
Agence d’architecture : AIA Life Designers
Certification HQE Bâtiment Durable Construction Phase Programme et Conception

1er site sanitaire français bas carbone à obtenir la certification HQE-BD Santé

A venir en 2028 : Label E+C- Phase Réalisation et Certification HQE Bâtiment Durable Construction Phase Réalisation

© AIA Life Designers, architectes ADAGP – Centre de rééducation, Lieusaint (77)

LES POINTS FORTS DU PROJET

Une approche exemplaire globale, alliant performances environnementales, bien-être des patients, efficacité des soins, intégration territoriale et dynamisme économique local.

Performances environnementales

  • Architecture bioclimatique intégrant l’usage de matériaux biosourcés.
  • Conception fondée sur la sobriété, l’efficacité et la pérennité : ventilation naturelle, gestion optimisée de l’eau et façades performantes.
  • Enveloppe compacte favorisant les espaces extérieurs et la fluidité des circulations intérieures, facilitant le travail des soignants.

Bien-être des patients et réadaptation intégrée

  • Parc thérapeutique arboré au sud, organisé en strates végétales, offrant des espaces de détente et des parcours de rééducation en lien avec la nature.
  • Architecture pensée pour soutenir la récupération physique et mentale des patients, avec des volumes équilibrés et une ambiance apaisante.
  • Espaces lumineux et modulables conçus pour favoriser la réadaptation.

Accessibilité et intégration territoriale

  • Implantation stratégique dans la ZAC Carré Sénart, à proximité immédiate des transports en commun, commerces, pôle médical, centre de balnéothérapie, hôtels et restaurants.
Cécile Grouille, architecte, AIA Life Designers : « Les choix architecturaux du projet, ancrés dans notre expertise en santé, offrent une forte modularité et une grande flexibilité des espaces. Ils permettent ainsi d’accompagner l’évolution des pratiques de soins et de répondre aux besoins évolutifs des patients et de l’offre sur le territoire. »
Géothermie verticale pour le centre de rééducation de l’UGECAM à Lieusaint

Répondre aux enjeux de tous les établissements de soin

en construction, en rénovation
et aussi en exploitation

La transformation de l’immobilier de santé est un enjeu stratégique pour tous les types d’établissement (CHU, cliniques, centres de soins de suite, centres de santé mentale, Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes…)

L’immobilier de santé doit s’adapter aux enjeux environnementaux et sociaux en devenant plus durable, face à une forte empreinte carbone. Cette transformation implique de moderniser les infrastructures, réduire leur impact énergétique, développer de nouvelles formes de soins (ambulatoire, télémédecine), améliorer le bien-être des usagers et du personnel, et augmenter la capacité d’accueil des personnes âgées dépendantes.

Les référentiels HQE Santé (Bâtiment et Bâtiment Durable) aident les acteurs à concevoir, rénover, exploiter les lieux de soins en suivant des objectifs et des thèmes qui répondent aux problématiques spécifiques à ce type d’établissement. On retiendra en particulier : 

  • L’énergie. Un bâtiment de santé consomme a minima 3 fois plus qu’un bâtiment de bureaux, à surface égale.
  • La gestion des effluents médicamenteux. Il s’agit de limiter au maximum leurs rejets dans les eaux usées, avec des traitements spécifiques si nécessaires.
  • La réversibilité des espaces. Les services de ce type d’établissements sont très régulièrement remodelés, l’expérience de la crise sanitaire récente a renforcé l’importance de cet enjeu.
  • La sécurité numérique. Il s’agit ici non seulement de renforcer la protection des réseaux et l’interopérabilité des équipements et bâtiments, mais aussi de faire face aux actes de piratages qui les visent particulièrement.
  • L’isolation phonique et la gestion de l’intimité des patients. La prise en compte de l’intimité des patients est essentielle. L’isolation phonique des espaces d’hébergement, mais aussi les co-visibilités (d’une chambre à l’autre ou entre chambre et espaces communs) font aussi l’objet d’attention particulière.
  • L’accessibilité et la circulation des personnes. Question centrale de tout lieu de soin, l’accessibilité fait l’objet d’un traitement particulier, pour s’adapter au plus près du parcours du patient. [Spécifique à la certification HQE-BD Santé]
  • La disponibilité de services de proximité. Hébergement, restauration, points multi-services… l’accès à des services essentiels joue un rôle majeur dans l’amélioration de la qualité de vie des usagers – soignants, patients, accompagnants, aidants. [Spécifique à la certification HQE-BD Santé]
Vue de l’entrée du futur bâtiment de l’Institut depuis le boulevard Sérurier
© AIA Life Designers, architectes

Accompagner la transition durable des lieux de soin 

Une collaboration
CERTIVEA – AIA Environnement

En 2023, CERTIVEA déployait la nouvelle version de la certification HQE dédiée établissements de santé. Un référentiel co-construit avec la vision opérationnelle de 2 bureaux d’études spécialistes du secteur, AIA Environnement et OASIIS, au terme d’une phase de recherche et d’expérimentations terrain menées pendant plus de 18 mois avec de nombreux acteurs public ou privé (dont PRIMONIAL REIM CARE, des CHU, l’AP-HP, l’ANAP, les IHF, etc.).

Éric Bussolino, Directeur Ingénierie & Environnement, AIA Life Designers : « Le secteur du soin porte intrinsèquement les enjeux du développement durable, avec un point d’attention particulier à l’Humain, tout en s’inscrivant dans une démarche d’exemplarité vis-à-vis de l’empreinte environnementale de ses infrastructures. La certification HQE Bâtiment Durable dédiée au secteur de la Santé offre un cadre de référence pleinement adapté pour appréhender tous ces enjeux et offre une belle opportunité de valoriser leurs engagements. Avec ce nouvel outil, les établissements de santé se donnent ainsi les moyens de répondre de façon objectivée aux enjeux de société qui nourrissent les grandes transitions en cours ».

François Jallot, président de CERTIVEA : « On n’accompagne pas un lieu de santé comme on s’occupe d’un établissement scolaire ou d’un immeuble de bureaux. Les risques cyber, la consommation importante d’énergie, la vulnérabilité des patients ou encore les exigences d’accessibilité font des lieux de soins des infrastructures particulièrement exposées. Tout l’enjeu de la transition de ces établissements se résume ainsi : concilier qualité et sécurité des soins avec respect de l’environnement. Pour répondre à cela, la Certification HQE Santé s’appuie sur une connaissance fine du secteur de santé pour fournir des feuilles de routes adaptées à ses défis en matière de durabilité et à la spécificité de chaque structure accompagnée.