Ce sens du "décor" lui a servi pour s’attaquer à ce qu’il n’avait jamais fait : face à la pénurie de logements étudiants, transformer d’anciens conteneurs en appartements confortables. Jouer avec des modules d’acier en évitant la monotonie. Et inscrire l’opération dans le "cadre remarquable" du Havre, une ville portuaire charpentée par de grands architectes et urbanistes de l’après-guerre comme Perret.
Comment éviter que les étudiants, futurs locataires, se sentent mis en boîtes ? "Des nécessités impérieuses sont apparues, précise l’architecte. Il fallait concevoir un projet aérien, transparent, surtout pas massif. Proposer des logements indépendants les uns des autres. Et s’affranchir de l’effet d’empilement". L’architecte et son associée, sa fille Charlotte, ont trouvé la solution technique : c’est une structure métallique qui porte les conteneurs et permet de décaler les studios et d’implanter passerelles, balcons et terrasses. Les cent logements s’étagent sur quatre niveaux, autour d’un jardin intérieur. Les rez-de-chaussée ont été surélevés pour préserver l’intimité des résidents.
Les conteneurs en tôle sont résistants et étanches. Mais pour accueillir des habitants, ils ont subi un lifting radical. Leurs deux extrémités ont été percées de baies vitrées. Ils ont "maigri" de 40 cm en largeur, pour peaufiner l’isolation phonique et thermique. "On a implanté des murs coupe-feu en béton armé. Et des patins en caoutchouc pour empêcher les vibrations. Les étudiants pourront danser et sauter sans embêter leurs voisins", assure le concepteur.

À l’intérieur, les murs sont blancs et le mobilier en bois. Loués 300 euros par mois, les studios d’une surface de 25 m2 (plus que les 18 d’une chambre de "Cité U" classique) sont chauffés par des convecteurs électriques individuels et disposent tous d’une cuisine équipée, d’une salle de bain isolée, d’une connexion Wifi et d’un balcon. En façade, les boîtes ont conservé leur peau ondulée, repeinte en gris métallique. Alberto Cattani n’a pas voulu coloriser à l’excès : cette cité U est déjà spectaculaire. La cité A Docks a été aménagée en à peine six mois sur un terrain mis à disposition par la ville.
Alors le conteneur, une solution durable pour faire face à la grave pénurie de logements étudiants ? Quel est votre avis ?









"Le visage de Dieu"








