L’humanité disparaîtra, bon débarras !

Un essai d'humour noir de Yves Paccalet
Je déplore le sort de l’humanité d’être, pour ainsi dire, en d’aussi mauvaises mains que les siennes – Julien Offray de La Mettrie Oeuvres philosophiques L’espèce humaine provoque des bouleversements irréversibles de son environnement. Notre avenir est aussi bouché que celui des dinosaures ! Peut-on encore espérer que l’Homo sapiens acquière enfin la sagesse dont il se rengorge, alors que toutes les grandes questions (pollutions, saccages des terres et des mers, climats, nouveaux virus…) sont négligées ou méprisées ? D’où vient cette folie suicidaire ? De ce que l’homme est un grand singe égoïste. Il obéit à trois pulsions : sexuelle, territoriale et hiérarchique. Sa soif de domination le pousse à tous les crimes, y compris contre lui-même… Guerre nucléaire, climats en folie, empoisonnement de l’air et de l’eau, nouvelles maladies… Tout cela sera très drôle. Et après ? Rien… La vie créera de nouvelles espèces jusqu’à ce que le Soleil brûle définitivement la planète, dans environ un milliard d’années. Un essai d’humour noir… à la fois provocant et désespéré, Yves Paccalet, philosophe et éclogiste engagé, mais aussi enragé, nous met face à nos fatales incuries. Extrait de l’Humanité disparaîtra, bon débarras de Yves Paccalet (page 10) : « J’ai cru en l’homme. Je n’y crois plus. J’ai eu foi dans l’humanité : c’est fini. J’ai pensé, dit et écrit que mon espèce avait un avenir. J’ai tenté de m’en persuader. Je suis maintenant sûr du contraire : l’humanité n’a nul destin. Ni lendemain qui chante, ni surlendemain qui fredonne. No future : elle est comme une droguée – avide et déjantée, esclave des biens matériels, en souffrance de consommation, asservie à ce qu’elle imagine être la « croissance » ou le « progrès », et qui sera sa perte. Si elle ne s’autodétruit pas dans une guerre atomique… Une épave ! L’humanité est en train de couler. Elle a de l’eau par-dessus la ligne de flottaison. Elle est trop lourde, elle se démembre, sa quille éclate : « Ô que j’aille à la mer ! », tel le « bateau ivre » d’Arthur Rimbaud. Elle ne veut rien voir ni rien savoir du désastre qui se prépare. L’équipage et les passagers ne se préoccupent que de charger encore l’embarcation, parce qu’ils imaginent que le bonheur est dans « le toujours plus ». J’ai milité pour la survie de ma lignée animale, mais le genre Homo refuse de regarder en face les calamités qu’il se prépare ou que, déjà, il s’inflige. Il ne supporte même pas qu’on les évoque. Je n’entends partout que ces mots : »parlez-nous d’autre chose ! Soyez positif ! Divertissez-nous ! » Ô Pascal : le divertissement… » logo_eyrolles.gifL’Humanité disparaîtra, bon débarras ! de Yves Paccalet aux éditions Arthaud en vente chez notre partenaire Eyrolles.com au prix de 14,25 €

 

David Naulin
David Naulinhttp://cdurable.info
Journaliste de solutions écologiques et sociales en Occitanie.

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